Couvent des Jacobins (Laval)

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Couvent des Jacobins
Présentation
Type
Destination initiale
Couvent
Destination actuelle
En grande partie détruit
Construction
XVe – XVIIIe siècles
Statut patrimonial
Recensé à l'inventaire généralVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Commune

L'ancien couvent des Jacobins de Laval nommé également ancien couvent de Bonne-Rencontre, en France, construit au XVe siècle et modifié jusqu'au XVIIIe siècle, était situé à la situation actuelle de l'Hôtel de préfecture de la Mayenne. Ce couvent était aussi appelé « couvent des Jacobins », en référence à l'hospice de Saint-Jacques-le-Majeur à Paris, qui était leur premier établissement[1],[2].

Situation[modifier | modifier le code]

Fondation et terrain[modifier | modifier le code]

Le couvent a été implanté sur un terrain qui était prévu initialement pour l'église Saint-Vénérand de Laval à l'enclos de la Trinquerie[3]. Le comte de Gavre, prévenu de ce choix des paroissiens, se transporta sur le lieu, l'approuva et indemnisa sur-le-champ Jean Martin auquel il appartenait. Les paroissiens firent aussitôt marquer les fondements et commencer la maçonnerie.

Les Dominicains de Rennes[modifier | modifier le code]

Mais les Dominicains de Rennes cherchaient eux aussi un lieu convenable à l'érection d'un monastère à Laval, à la suite sans doute de la clause testamentaire de Isabelle de Bretagne, première épouse de Guy XIV de Laval. François Mallet, religieux dominicain de Rennes, arrive muni de lettres du Souverain-Pontife et du roi de France et de toutes les autorisations nécessaires pour fonder en cette ville un couvent de son ordre. Le comte avait enfin consenti à promettre de livrer quitte et libre de toutes charges le terrain qui conviendrait aux religieux dans les faubourgs de Laval, à condition que ceux-ci rapporteraient les autorisations du pape et du roi. Cette condition était remplie; frère Mallet venait réclamer l'exécution de la promesse du comte. Après une visite attentive aux environs de la ville, le religieux déclara que nul emplacement ne pouvait mieux convenir que celui de la Trinquerie, déjà choisi par les habitants et remis entre leurs mains.

Article détaillé : Couvent des Jacobins (Rennes).

Les Dominicains obtinrent donc du comte le lieu de la Trinquerie. Le choix du site répond à des critères classiques dans les implantations de couvents des ordres mendiants de la même époque : la proximité de centres d'activité économique importants (Le Pont-de-Mayenne), d'éléments militaires défensifs (Remparts de Laval, et le centre politique (le château de Laval, bien que la présence d'un château est considéré comme un élément négatif)[4].

Construction[modifier | modifier le code]

Le comte avait d'ailleurs indemnisé les paroissiens de Saint-Melaine, et ceux-ci, mis en possession d'un autre terrain.

Des lettres du roi Charles VIII de France, du mois de janvier 1487, accordent au comte de Laval la permission de faire construire dans la ville de Laval un couvent de Frères Prêcheurs, sous la règle de Saint Dominique[5]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les ordres mendiants, dont celui des Jacobins (ou Dominicains), apparaissent au XIIIe siècle et connaissent un rapide succès, dû notamment à deux de leurs principes : la fréquentation de la population (et non l'isolement dans leur cloître), et leur vœu de pauvreté[6].

Le 9 septembre 1485[7], le frère Mallet vient placer la première pierre du monastère en présence de Guy XV. Guillaume Le Doyen indique que c'est un jour de fête pour la ville et pour les faubourgs[8].

Débuts difficiles[modifier | modifier le code]

Les commencements du couvent de Bonne-Rencontre furent difficiles. Les habitants consacraient leurs soins et leurs ressources à la construction de leur propre église de Saint-Vénérand ; Guy XV de Laval, ayant fourni le terrain, ne semblait pas songer à donner davantage.

En 1489, on commença L'église. Le seigneur de Laval vient encore poser la première pierre et fit de Larges distributions de vin. Tous les ordres religieux de la ville, convoqués par le Comte, assistèrent processionnellement à la cérémonie et vinrent prier Dieu de répandre des grâces sur le nouveau couvent.

Deux nouveaux religieux vinrent de Rennes se réunir à ceux qui déjà résidaient à Laval[9]. Sur leur invitation, les religieux franciscains et le clergé de toutes les paroisses environnantes s'assemblèrent pour fêter solennellement la prise de possession[10]. Celui-ci annonça que Guy XV de Laval voulait que désormais le nom de Trinquerie soit remplacé par celui de Notre-Dame-de-Bonne-Rencontre[11].

Jeanne de Laval voulut aussi par ses dons contribuer à l'accomplissement des dernières volontés de sa mère. Elle acheta une maison de Jehan le Couturier et fit construire le portail, qui dans la suite se trouva presque en face de celui de l'église de Saint-Vénérand[12]. On se trouva trop restreint pour les cloîtres ; on s'agrandit en achetant de nouveaux terrains qui dépendaient du fief de Saint-Berthevin[13]. Ces terrains consistaient en trois maisons et jardins[14]. Le 10 août suivant, René de Feschal[15], seigneur de Marboué, les tenait quittes de toutes les rentes et esmoluments qui lui étoient dus pour leurs acquêts, ainsi que de tout le droit de fief et seigneuries qu'il pouvoit avoir en leur enclos et pourprys.. Le seigneur de Laval, pour le récompenser, lui fait l'abandon des droits de ventes qui lui étaient dus pour des acquisitions faites par ses ancêtres[16].

L'état des religieux devint bientôt si précaire, qu'ils commençaient à renoncer à un établissement qu'eux-mêmes avaient sollicité et quitter une ville où ils ne rencontraient pas l'appui qu'ils avaient espéré. Les ressources manquaient. Les religieux allaient abandonner Laval et retourner à Rennes

Travaux et dons[modifier | modifier le code]

Jean Courte[modifier | modifier le code]

Jean Courte[17], riche bourgeois de Laval et estimé de ses concitoyens partagea son avoir à ses enfants, et vint, âgé de plus de 50 ans, demander aux dominicains l'habit religieux[18].

Marguerite Gaudeu, sa femme, fille de Jehan Gaudeu et de Guillemine le Bigot, s'étant faite religieuse du consentement de son mari, Jehan Courte entra chez les frères Dominicains. Il consacra à la gloire de Dieu une partie de ce qu'il avait amassé, en donnant pour achever le couvent une somme de cinq à six mille livres. On employa cette somme à construire Le chœur de l'église. Les murailles du chœur furent alors élevées à environ 15 pieds de hauteur.

En 1511, Jean Courte fait sa profession de foi[19]. La somme de 1200 florins de Hollande, valant 6 livres l'un, qu'il avait donnée pour aider à l'achèvement du couvent, lui servit de dot. Par reconnaissance pour ses libéralités envers le couvent, son portrait et ses armes furent placés dans un des vitraux du chœur, du côté de l'Épitre. On accorda pour sa famille et ses héritiers un droit d'enfeu dans l'église.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Extrait de Guillaume Le Doyen

« Et seiziesme jour de novembre, D'ung notable homme me remembre, Appelé Robin Touillon, Bon marchant, saige et vaillant homme,Par ytropisie fust actaint,Que l'âme rendict sur ce poinct.,Par son testament ordonna,Que sept cens livres si donna,Aux religieux et couvent,De Saint Dominicque vraymcnt,Pour parfaire la nef d'église... (1508) ».

D'autres mécènes lavallois vinrent en aide à la communauté dominicaine : Antoine Coullonneau[20], maître d'hôtel du seigneur et élu de Laval, fit construire à ses frais plusieurs parties de l'église dont une grande chapelle voûtée[21]. En 1508, Robin Touillon, seigneur des Ifs, un riche marchand et sa femme Jehanne Roussard, se voyant sans enfants, donna 400 écus d'or qui servirent à l'achèvement de la nef; sa veuve, 4 ou 5 ans plus tard, donna les vitraux du pignon de l'église[22], et des objets mobiliers[23]. Elle fit aussi paver la nef.

Les religieux avaient exprimé leur reconnaissance envers leurs bienfaiteurs en décorant les murs intérieurs de l'église des noms et armoiries de tous ceux qui par leurs libéralités avaient contribué à la construction du couvent.

Vitraux[modifier | modifier le code]

Vitrail de la collégiale de Montmorency

De belles verrières ornaient les baies de l'église des pères Jacobins, entre autres une sur le grand portail d'entrée. Elle aurait été peinte par Simon de Heemsce, qui fit aussi celle du cloître de l'église des Cordeliers de Laval. Elle était, dit Jacques Le Blanc de la Vignolle, très admirée, de même que celles des chapelles, dont l'une représentait le passage de la mer Rouge et une autre un pauvre qui tirait ses chausses.

Dans la nef, sur une vitre, se voyaient peints les portraits de Guy XVI de Laval[24] et d'Antoinette de Daillon, sa troisième femme. Dans une autre fenêtre du chœur, près la sacristie, était celui d'Anne de Montmorency, seconde femme de ce même seigneur. On y voyait les armes de Lancelot de Brée, qui avait donné par son testament en 1597 une rente de 12 livres.

L'abondance des dons et des offrandes que recevaient les Dominicains portèrent ombrage aux religieux de l'Abbaye Toussaint d'Angers, d'où relevait le prieuré de Saint-Melaine[25].

Croisade et Lutte contre le protestantisme[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 1499, Philippe de Luxembourg, évêque du Mans, vint à Laval et consacra l'église des Jacobins ; elle fut dédiée sous le titre de Notre-Dame de Bonne-Rencontre.

Philippe de Luxembourg, après avoir été rendu à son évêché du Mans, revint en 1512 à Laval. Il tint les ordres au couvent des Frères Prêcheurs ; c'était au temps de la Pentecôte. Le pape Léon X publia en 1516 une croisade dans toute la chrétienté. Il accordait des indulgences nombreuses à tous ceux qui donneraient de l'argent pour subvenir aux frais de la croisade qu'on voulait entreprendre. Le couvent des Frères Prêcheurs fut choisi pour recevoir les offrandes[a 1]. Guillaume Le Doyen ne dit point quelles sommes furent reçues à Laval ; il dit plus loin que les deniers de la croisade furent volés au-delà des monts[a 2].

En 1536, par ordre du roi, Mathieu Ory, inquisiteur de la foi, vient à Laval, où il s'adjoint frère François Verdier, prieur du couvent, et chasse tous les Huguenots, de quelque rang ou état qu'ils soient.

Extensions du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

La chapelle avait été consacrée en 1499, et le cloître et le réfectoire avaient été édifiés entre 1525 et 1538. Avec les dons qu'ils recevaient, Les Dominicains avaient en 1525 achevé la construction du réfectoire et de la cuisine. Le cloître fui aussi terminé, ils y avaient réservé un lieu pour les prédications que Le Doyen appelle le Prédicatoire[26]. Un frère de l'ordre y lit en 1535 Le premier sermon.

Le prieur de Saint-Dominique, nommé Liger, avant de quitter le monastère pour celui de la Rue Saint-Jacques à Paris, fait disposer à grands frais dans le cloître un lieu convenable pour la prédication en 1528.

En 1535 qu'un riche ecclésiastique, Jean Talbot, entre chez les Dominicains de Laval. Il employa une partie de ses biens à la construction de trois chapelles qui furent ajoutées du côté du cimetière. André Manjotin et sa femme en firent construire trois autres de l'autre côté. Michel le Mercier, greffier des élus, père de la dame Manjotin, contribua à cette construction.

L'église et le clocher des Jacobins furent frappés de la foudre en 1573 ; le clocher fut entièrement brûlé, tout le plomb qui le recouvrait fut fondu.

Lancelot de Brée fonde en 1597, au couvent des Frères-Prêcheurs, une rente pour l'entretien d'un écolier religieux « des plus pauvres et des meilleurs esprits » qui se pourrait trouver en la paroisse de Nuillé, des sujets de la terre de Montchevrier, au choix du seigneur[27].

Guy XX de Laval[modifier | modifier le code]

Ramené à Laval, le corps de Guy XX de Laval resta sans dépôt et sans sépulture dans l'église des Dominicains de Laval jusqu'en 1609. Ce retard était dû aux difficultés survenues entre les divers prétendants à la succession, et à la négligence de sa mère.

Les prétentions rivales des Dominicains, et des chanoines de Saint-Tugal de Laval pour leurs droits respectifs à posséder les corps du comte de Laval occasionnèrent également un procès devant le siège ordinaire du comté entre le chapitre. Chacun réclamaient l'honneur de voir le défunt inhumé dans leur église. La contestation finit par une transaction portant que le corps serait enterré dans l'église des Jacobins sans que cela pût tirer à conséquence pour l'avenir, et le cœur dans celle de Saint-Tugal ; que le chapitre officierait à la sépulture, et que les Jacobins assisteraient au dépôt du cœur à Saint-Tugal. Ses obsèques qui furent magnifiques n'eurent lieu que le .

Le prieur Dominicain, Olivier de Cuilly, prononça une oraison funèbre dans laquelle il rappela toute la gloire et la grandeur de la famille de Laval dont le dernier représentant était décédé. Il est probable pour Dom Piolin[28] que ce fut ce religieux qui se fit remarquer à Paris parmi les prédicateurs les plus véhéments au temps de la Ligue. Il a composé quelques ouvrages sur l'Écriture et des traités de morale; mais son oraison funèbre du comte Guy XX, dans laquelle il voulut faire l'histoire des seigneurs de Laval, annonce qu'il possédait peu ce sujet..

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au mois de septembre 1618, Charles de Beaumanoir, évêque du Mans, arriva à Laval et descendit au couvent des Dominicains.

L'image de Lancelot de Vassé[29] se voyait au chœur du Couvent des Jacobins, avec ses armes et celles de Françoise de Gondi, sa femme. De Vassé meurt à Paris, le 19 avril 1628.

En 1676 et peut-être auparavant, François Langlois a construit le maître-autel de l'église des Jacobins qui passait pour être une des plus belles églises élevées en France par les Dominicains[30]. Jacques Le Blanc de la Vignolle, parlant du faubourg du Pont-de-Mayenne, s'exprime ainsi au sujet du couvent des Jacobins : «De là on voit le plus beau et le plus magnifique monastère qu'il y ait en France, c'est le couvent des Jacobins, fondé par Guy XV, l'an 1486, en conséquence du testament d'Isabelle de Bretagne sa mère, ainsi que je l'ai lu dans un tableau pendu à Nantes, dans l'église des Frères-Prêcheurs, où son corps repose avec celui de Françoise de Dinan, femme en deuxièmes noces de Guy XIV, comte de Laval » .

Vingt religieux environ habitaient le couvent vers 1680; la maison possédait 1000 livres de revenus en biens fonds et en rentes. Un chapitre général de l'ordre s'ouvrit à Laval le jeudi 27 avril 1684. Il dura pendant sept jours et ne fut clos que le 3 mai suivant[31].

Canonisation et magnificence[modifier | modifier le code]

La canonisation de Félix de Cantalice, frère capucin, et de Pie V, de l'ordre des Frères-Prêcheurs, donne lieu à de grandes solennités chez les Capucins et chez les Dominicains de Laval. Toute la ville s'y associe. Les cérémonies durèrent 8 jours chez les premiers. Chaque jour, le clergé d'une des paroisses ou de l'un des couvents se rend à leur maison. Le chapitre de Saint-Tugal commence les visites le 30 avril 1712. La Trinité, puis Saint-Vénérand, puis les Dominicains, les Cordeliers, le chapitre de Saint-Michel suivent son exemple. Tous les soirs de l'octave, il y a des prédications.

Les fêtes[32] qui se déroulent au mois de mai au couvent de Saint-Dominique, dépassent tout en splendeur et magnificence. L'ouvrage de mademoiselle Denisot[33] Relation de tout ce qui s'est passé de plus magnifique, de plus pompeux et de plus auguste pendant l'octave de la solennité de la canonisation de saint Pie V, pape et confesseur, de l'Ordre de Saint-Dominique, en l'église des RR. PP. Jacobins de la ville de Laval décrit les fêtes mêmes et Laval à cette époque[34].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Pierre Rogier du Crévy, évêque du Mans, donna les ordres sacrés dans l'église des Jacobins le 19 septembre 1719. Outre les diacres et les sous-diacres, il y eut une ordination de 35 prêtres dont 23 étaient du diocèse de Tours[35]. Un nouveau chapitre général de l'ordre se tint au couvent de Saint-Dominique en 1755[36].

Au XVIIIe siècle, les religieux dominicains forment le projet de fonder dans leur maison une chaire de théologie pour leurs novices. Ils demandent à Mgr de la Vergne la permission d'admettre à leurs cours les ecclésiastiques séculiers qui le désirent et les jeunes gens qui se destinent à entrer dans les ordres. L'évêque n'ayant pas accueilli cette demande, le maire et les échevins de Laval reviennent à la charge. Ils veulent épargner aux parents une dépense souvent trop lourde pour leurs moyens, en procurant à leurs enfants, dans la ville même, une instruction qu'il leur faut chercher loin. L'évêque reconnaît cet avantage; mais, répond-il, cela ferait un tort considérable aux collèges du Mans et de La Flèche, que je crois devoir ménager et soutenir.

En 1766, le nombre des religieux avait diminué considérablement. On lit dans les Nouvelles recherches sur la France[37], que le couvent des Jacobins était respectable par la vaste étendue de ses bâtiments et rappelait ce qu'il avait été autrefois ; car, à cette époque, il y avait tout au plus quatre religieux mal rentés.

En 1788, les frères commencèrent la construction d'un nouveau logis[38], mais les travaux furent interrompus en 1790, pendant la Révolution française.

Il n'y alors plus que quatre religieux :

Révolution française[modifier | modifier le code]

La réunion nombreuse des électeurs s'était faite dans Les églises des couvents. Le 2 mars 1790, le conseil de La ville adressait les remerciements aux Jacobins, à Saint-Louis, aux Cordeliers, aux Ursulines qui avaient bien voulu se prêter à ces nouvelles circonstances. Au mois de juin suivant, ce fut dans l'église des Cordeliers que se tint L'assemblée des électeurs délégués par les assemblées primaires du mois de mars. Ouvertes le 28 juin les opérations électorales ne furent terminées que le 7 juillet suivant. Une messe du Saint-Esprit fut dite pour l'ouverture dans l'église du Couvent des Jacobins de Laval. On y nomma le directoire du département, ceux des districts, etc., etc.

Après le départ de ces quatre religieux, la municipalité de Laval demanda, le 25 mai 1791, à l'administration du district, l'autorisation d'acquérir les maisons et terrains dépendant de la ci-devant communauté des Jacobins pour y former des places, des rues et des débouchés, propres à débarrasser la grande rue du Pont-de-Mayenne, toujours obstruée par les voitures. On proposait de faire dans l'église un magasin public pour y déposer les grains en cas de disette, et d'aliéner les chapelles qui rayonnaient autour du chœur pour en faire des boutiques. Le district, sur un plan que lui fournit l'administration municipale, l'autorisa en décembre 1791, à soumissionner les terrains pour les employer suivant les projets qu'elle avait annoncés au district.

Le 27 octobre 1792, le Conseil général de la commune s'en rendit adjudicataire pour la somme de 10500 livres. Les citoyens Boullevraye et Seyeux, membres du Conseil, furent nommés commissaires et s'adjoignirent le citoyen Bourgeois, ingénieur, pour statuer sur les parties qu'il sera bon de conserver et sur celles qu'on devra revendre[40].

Le 28 décembre 1792, le district autorisa la municipalité à revendre les terrains qui lui étaient inutiles[41]. Le 19 pluviôse an X, Le Préfet Harmand demanda par une lettre la cession de l'église des Jacobins et d'une portion du jardin qu'il destinait à La construction d'un bâtiment nécessaire à son logement. La commune saisit donna toute autorisation nécessaire pour l'abandon de cette église sous la réserve d'une somme de 2100 fr. que la commune avait payée le 1er décembre 1792 sur le prix de l'acquisition. Le site était choisi en raison de sa position centrale pour accueillir l'administration départementale[1],[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le site de la préfecture », Préfecture de la Mayenne
  2. a et b « Couvent de dominicains Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, actuellement préfecture », notice no IA53000011, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. C'est l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'Hôtel de préfecture de la Mayenne.
  4. Vincent 2008, p. 85.
  5. 11 y est dit : Que a 15 ou 16 lieues à la ronde près la ville de Laval, il n'y a aucuns couvents de l'ordre des frères prêcheurs pour administrer la saincte foy chrestienne et instruire le peuple à bien et sainctement vivre, qui redonde au grant détriment et perturbement des âmes dudit peuple chrestien. Pourquoi, inclinant à la supplication de noste dict cousin de Laval ayant considéré les lettres de congié à lui octroyées par nostre sainct père pour la construction et édifiement du dict couvent, auto» risons à construire dans la ville de Laval un couvent de l'ordre des frères prêcheurs, pour y vivre religieusement comme ceulx de l'observance de la congrégacion de Hollande, soubz le gouvernenient de la dicte observance el congrégacion, soubz La règle et constitution du glorieux saincl monseigneur Sainct Dominique. Ordonnances des rois des Francs de la troisième race, t. XX, p. 70
  6. Vincent 2008, p. 83.
  7. Le lendemain de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, dite la fête de l'Angevine.
  8. Il s'y trouva une grande affluence de monde. On y fit des distributions de vin aux travailleurs et à tous ceux qui y furent présents.
  9. L'un d'eux était frère Simon Berthier, docteur et grand prescheur selon Guillaume Le Doyen.
  10. Une longue procession parcourut le pourtour de l'enclos, la messe fut ensuite chantée, et un sermon fut prononcé par le frère Berthier.
  11. On commença par bâtir une petite maison, dans laquelle les religieux purent dire la messe, en attendant qu'ils eussent une église. Près de cette chapelle provisoire, était un grand poirier qui servit provisoirement aussi de clocher; on suspendit à l'une des hautes branches la petite cloche qui devait indiquer les différents exercices et appeler à l'office divin.
  12. Les armoiries de Laval étaient gravées dessus.
  13. Des lettres du 6 mai 1490, de Guy, comte de Laval, indemnisèrent messire Ollivier de la Chapelle, seigneur de la Chapelle-Rainsouin et de Saint-Berthevin, pour la cession des droits et redevances dont il fit l'abandon sur ce qui relevait de lui, acheté « pour l'agrandissement du couvent des frères prêcheurs que Guy fait élever dans la rue Saint-Vénérand. »
  14. Depuis la maison d'un nommé Lamant et le chemin des Trois-Croix, tendant aux Lavanderies des Prés et se rendant au carrefour près la maison de L... Nouël.
  15. Fils aîné de Jean IV de Feschal, et de Marie du Bouschet, épousa Jeanne Cornillau, fille de Robert, écuyer, seigneur de Foullon, la Rouillère et la Chaponnière et de Jeanne de Laval, issue de Thibault de Laval, seigneur de Loué et de Catherine de Maillé (1495)
  16. Les religieux de Saint-Dominique devaient à Poligné deux messes à deux vigiles à notes chaque année, le premier vendredi de carême et le premier vendredi de la Passion, avec six deniers de devoir, pour une maison aux Trois-Croix, nommée la Sablonnière, qui leur servait de buanderie, et d'une autre maison et jardin dans l'enclos nommé la Trinquerie. Aveu de Poligné.
  17. Il s'était adonné au commerce maritime et avait dans sa jeunesse fait de longs voyages sur mer, d'où il avait rapporté de grandes richesses. Guy XIV l'avait envoyé en Hollande pour y étudier l'industrie de la culture des lins et du tissage de la toile. Il avait amené avec lui des ouvriers tisserands et introduisit ainsi de grandes améliorations dans la fabrique de Laval. Il était revenu se marier dans son pays. Il désira se consacrer à Dieu entièrement à son service pour le reste de ses jours.
  18. Après avoir fait ses vœux et reçu l'ordre de prêtrise, il mourut au couvent dont il avait été le bienfaiteur. Il fut enterré dans le chœur que ses dons avaient permis d'achever.
  19. Son acte de profession est signé de : frère Simon Berthier, Pater Prior; frère Thomas Meignan, Pater; frère Stephanus Durand, Sacerdos et frère Jehan Courte, proies.
  20. Antoine Coulonneau était maître des eaux et forêts du comté de Laval en 1498, avec le titre de conseiller du comte. Il meurt le 11 octobre 1506 (Voir Guillaume Le Doyen, p. 117)
  21. On l'appela la chapelle du Sépulcre : à gauche du chœur on construisit une sacristie.
  22. Évalués à 350 livres
  23. Évalués à plus de 100 livres
  24. C'est au mariage de Guy XVI avec Anne de Montmorency qu'on doit de posséder le seul monument qui ait conservé ses traits. La Collégiale Saint-Martin de Montmorency, construite entre 1523 et 1563, possède douze verrières, exécutées entre 1523 et 1533 qui renferment les portraits de Guillaume de Montmorency, de ses enfants et petits-enfants. Guy XVI est représenté agenouillé et vêtu d'une cotte aux armes de Montmorency-Laval ; derrière lui se trouve un personnage, lequel est, non pas saint Nicolas, mais saint Jérôme. Anne, agenouillée elle aussi, est vêtue d'un surcot armorié; elle est accompagnée de sainte Anne et de la sainte Vierge. ; Source : Lucien Magne, L'œuvre des Peintres verriers français — Verrières des monuments élevés par les Montmorency, Paris, Firmin-Didot, 1885. in-4. p. 54-65.
  25. Jehan Le Bigot, alors prieur, appuyé par l'abbé de Toussaint, porta plainte en 1494 au comte de Laval de ce que puis naguère il auroit fondé en l'honneur de Notre-Dame et de Monsieur Saint Dominique un couvent de Jacobins et Frères Prescheurs èz forsbourg de la ville de Laval, au lieu appelé la Trinquerie, qui est dans la paroisse de Saint-Melayne, que auparavant la construction de ce couvent, Mgr le comte auroit promis et accordé faire à la cure et prieuré de Saint Melayne telle récompense qu'il appartiendroit et faisoient » les religieux et prieur valoir les pertes qu'ils éprouvoient tant à cause des dunes qu'ils aient perdues sur les terrains occupés par Les Jacobins, que par les offrandes que ces religieux recevoient pour Les funérailles et les sépultures qu'ils faisoient dans leur église et leur couvent.. Le comte répondit aux complaintes des religieux de Toussaint : que La paroisse de Saint Melayne, loin d'éprouver de la perte ne pouvoit que gagner a la fondation d'un couvent de Frères Prescheurs qui faisoient souvent de belles prédications pour le salut d'icelle paroisse à la décharge du prieur-curé, ainsi que en faveur des grands pardons qui sont au lieu de Saint Dominique, grande foule de monde affluait dans la paroisse de Saint-Melayne qui font en même temps leur voyage à l'église de Saint-Melayne et à celle de Saint-Vénérand, ce qui tourne au grand proffit du curé.. Néanmoins pour apaiser le différend, et être participant aux prières de l'abbaye de Toussaint, de concert avec le fondé de pouvoirs de l'abbaye, par un traité du 3 juin 1494, le Comte de Laval consentit à payer au prieur-curé de Saint-Melayne une rente annuelle et perpétuelle de quinze livres. On arrêta en outre que chaque fois que les Frères Prêcheurs enlèveraient un corps pour faire sa sépulture dans l'église de leur couvent, le prieur de Saint-Melayne ou ses vicaires seraient informés du choix que le défunt avait fait pour le lieu de sa sépulture. Le curé ou ses vicaires feraient alors porter le corps du trépassé jusqu'à la porte du monastère. Si les religieux y étaient invités, ils pouvaient se rendre à la demeure du défunt, et avec le clergé de la paroisse, accompagner le corps depuis sa maison jusqu'à l'église. S'il arrivait que le curé ou les vicaires refusassent ou tardassent à venir prendre le défunt, après une heure d'attente, les religieux pouvaient faire la levée du corps et procéder à sa sépulture selon leur volonté.
  26. Plus tard fut placée, dans le « Prédicatoire » une chaire, ouvrage d'un religieux, dont, après la Révolution française, l'église Saint-Vénérand de Laval s'est enrichie. L'auteur de ce travail de sculpture, eut l'idée de tracer, sur la face du devant, la vue de la ville de Laval, que, de son couvent, il avait sous les yeux. On aperçoit le vieux château, la grande horloge, détruite au XIXe siècle, le petit château et l'édifice de Saint-Tugal, tels qu'on les voyait alors. C'est le plus ancien tableau que nous ayons de la vieille ville de Laval. Une gravure, d'après un dessin Jean-Baptiste Messager, donne, dans l'ouvrage de Jacques-Ambroise Duchemin de Villiers, une copie du panneau de cette chaire où se trouve cette vue '.
  27. Dans le cas où le seigneur de Fouilloux n'aurait point fait de choix, ou qu'il ne se serait point trouvé de sujet propre, le prieur et les religieux, capitulairement assemblés, devaient en choisir un parmi les plus pauvres et les « plus beaux » esprits du couvent. Lorsque l'élève était devenu prêtre, il devait être envoyé aux universités ; pour son entretien à l'université, ainsi qu'au couvent, pendant six années, Lancelot de Brée lègue une somme de 60 livres de rente, à la charge par le couvent de prier Dieu pour son âme. A son retour des études, l'écolier devait faire sa résidence chez les Frères-Prêcheurs. Il était obligé de donner une prédication dans les paroisses de Nuillé-sur-Vicoin, Saint-Germain de-Fouilloux et Saint-Jean-sur-Mayenne
  28. Histoire de l'église du Mans, volume 6
  29. Un ouvrage de Olivier de Cuilly est dédicacé à Lancelot de Vassé.
  30. Les religieux se montrèrent satisfaits de l'œuvre de François Langlois, et pour lui en témoigner leur reconnaissance, ils lui concédèrent à titre gracieux, le 6 janvier 1677, « une bancelle avec son devant et un petit agenouiller qui est situé devant la chesre prédicatoire de l'église dudit couvent, pour en jouir et disposer pendant sa vie et celle de sa femme, sy aucune il épouse, et de ses enfants ladite concession ainsy faite pour aucunement recognoistre ledit Langlois des peines extraordinaires qu'il a eues pour la construction du maistre autel d'icelle église, outre ses salaires et fourniemens. »
  31. Notes manuscrites de Gabriel Duchemin du Tertre.
  32. Mémoires manuscrites d'Anne Gigault
  33. Cousine du Père Denisot, sous-prieur des Jacobins du Mans.
  34. Cet ouvrage est contenu dans le Fonds Couanier.
  35. Notes de Me Faisant-Lamotte, curé de Saint-Vénérand.
  36. Pichot de la Graverie.
  37. 2 vol. in- 12. Paris-Hérissant, 1766, t. I, p. 406
  38. Suivant une Histoire manuscrite de Laval par M. Bachelot de la Pylaye, appartenant au XIXe siècle à Bibliothèque de M. Le Clerc de la Jubertière.
  39. Histoire ecclésiastique d'Isidore Boullier.
  40. Délibération du Conseil municipal.
  41. Registres des délibérations. Archives de l'Hôtel-de-Ville de Laval.
  42. Il signe les lettres de profession de frère Jean Courte, sous le titre de Frater Prior. Signent avec lui: Robert Le Rroton, Robert Martin, François Gaudin, Robert Tricot, Migniot, Jean Goupilly.
  43. « Ce caresme fut presché, dit le Doyen, dans une note de sa chronique en vers, de l'année 1533, par ung souverain et expert docteur, tant en science, gestes que paroles, prieur des frères prescheurs, natif de Troyes en Champagne, nommé maistre Estienne le Parye. Le thesme du dit prescheur estoit : Vide vias tuas in convalle et scito quid fueris. »
  44. Et qui est prieur du couvent, Des Frères Prescheurs vrayment, Estimé estre de savoir, Docteur, grand prescheur pour tout voir. . Suivant Le Doyen, il fui fort porté à extirper L'hérésie qui commençait à paraître, et travailla assidûment avec un envoyé du roi, nommé Mac Orry, religieux Dominicain.
  45. Dans un acte de 1596 figurent : Simon Richer, docteur en théologie, prieur; Thomas Le Roy, docteur en théologie, syndic; Michel Boursier, Guillaume Belin, Olivier Paillard, François Lefèvre, Jean Langlois, Jean Pachart, Jean Coussé, Sébastien Barbier, Julien Foucault, Jean du Beau, Alexandre Ernoul, dominicains de Laval.
  46. Ce fut lui qui prononça l'oraison funèbre de Guy XX, tué en Hongrie, inhumé aux Jacobins en 1609. Ollivier de Cueilly mourut le lundi 2 novembre 1620, âgé de 87 ans. Il fut enterré dans le chapitre du couvent. Son oraison funèbre fut prononcée par frère Froissard, religieux de l'ordre.
  47. Nècrologe d'Antoine Berset — En 1591 et 1601, on trouve les noms de: Jean Piau, Etienne Berger, Michel Boucssé. Guillaume Belue, Olivier Paillard, René Boullemer, Jean Pochant. Jean, Coueffé, Michel Jacob, Jean Haulmé, Jean Dubeau, Jean Langlois, Etienne Bigot, Jean Saiget, François Lefebvre, Pierre Nouel, Julien Foucault, François Arnoul, prêtres ; Julien Barré, Guillaume Chaslon, Jacques Hamonnière, novices
  48. On trouve sa signature au pied d'un vidimus d'un traité entre les Jacobins et le prieur de Saint-Melaine. Entré au noviciat en 1601.
  49. a b et c Sa signature est au pied d'une quittance de rente.
  50. Il est auteur d'un volume in-8°, ayant pour litre : Balance du temps et de l'Eternité, au Mans, imprimerie de Louis Peguineau, 1676 ; traduction d'un célèbre ouvrage d'un jésuite espagnol Juan Eusebio Nieremberg. En parlant de Laval il dit : « Notre Ville ! . »
  • Citations de Guillaume Le Doyen, (° ~ 1460 Laval - † ~ 1540 Laval), notaire, chroniqueur, poète mayennais du XVe siècle :
  1. : (1516) Ung tablez (Tablez, tablier, tabeilier, bureau pour recevoir les offrandes), aux Frères Prêcheurs
    Fust ordonné par tous messieurs ;
    Ou chascun mectoit ses deniers
    Qu'on apportoit de tous quartiers,
    Et la gagnoit ton le pardon
    EQui estoit au peuple un beau don.
  2. : (1519) Pour tant que touche les deniers
    Amassez en tous les quartiers
    Pour le faict de la grant croizade,
    Les conducteurs ont eu l'aubade
    Ils furent guettez ung matin
    De là les monts, et au butin
    Se trouvèrent plusieurs Allemants,
    Lesquels prindrent les conduysants,
    Eulx, leurs muletz et leurs deniers

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article..

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Vaiana Vincent, « Les couvents des ordres mendiants de la ville de Nantes : l'exemple du couvent des Jacobins », dans Hélène Rousteau-Chambon (dir.) et al., Nantes religieuse, de l'Antiquité chrétienne à nos jours : actes du colloque organisé à l'université de Nantes (19-20 octobre 2006), Département d'histoire et d'archéologie de l'université de Nantes, coll. « Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Atlantique » (no hors série), , 268 p. (ISSN 1283-8454), p. 83-98.
  • Étienne-Louis Couanier de Launay, Histoire de Laval 818-1855, Godbert, [détail des éditions] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Études sur les communautés et chapitres de Laval. D'après le manuscrit de Louis-Julien Morin de la Beauluère. Publiées et annotées par Louis de La Beauluère. Avec des additions de J.-M. Richard. Laval, Imprimerie L. Moreau, Libr. A. Goupil, 1891. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]