Commission des phares (France)

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Registres de la Commission des phares conservés aux Archives nationales

La Commission des phares est une commission française qui mit en place le programme de signalisation du littoral français. En particulier, elle a défini le cadre technique des systèmes d'éclairage utilisés : lentille de Fresnel, lampe à huile, machine de rotation. La Commission est à l'origine de plusieurs plans de modernisation des phares – électrification dans les années 1880, expériences de radionavigation au début du XXe siècle.

Origine[modifier | modifier le code]

En 1800, les côtes de France sont peu éclairées par rapport à celles des îles britanniques : une quinzaine de feux, dont Cordouan (1611), les Baleines, le Stiff (1699), et le Cap Fréhel (1702), contre plus de cinquante chez les Anglais. Si des projets d'éclairage des côtes existent depuis le milieu du XVIIIe siècle, ceux-ci butent sur des problèmes de financement, sauf aux approches de l'estuaire de la Seine où trois phares (Barfleur, Ailly et La Hève) sont construits en 1775, contre l'instauration d'une taxe sur les navires entrant dans les ports du Havre et de Rouen. La fin de l'ancien régime a été marquée par des innovations qui font entrer les phares dans le giron des savants et des ingénieurs "civils", les Ponts et Chaussées, alors qu'ils dépendaient auparavant des ingénieurs militaires et de la Marine. En 1788, l'ingénieur Joseph Teulère exhausse Cordouan et installe dans la lanterne un appareil à réflecteurs paraboliques plus efficaces que les médiocres appareils de Tourtille-Sangrain, l'entrepreneur à qui l'éclairage des côtes a été confié dans les années 1770. La Révolution abolit les droits de feux en 1792 et Napoléon transfère les phares de la Marine aux Ponts et Chaussées. La Commission des phares va devenir le catalyseur de ces innovations, scientifiques, techniques et administratives.

Création[modifier | modifier le code]

La Commission des phares a été créée au printemps 1811 par le comte Molé, alors directeur général des Ponts et chaussées. Elle devait examiner un projet de réseau de phares, rouge et bleu, proposé le chef d'état-major de la Marine à Boulogne, Yves Le Coat de Saint-Haouen. Le projet est rejeté mais la Commission poursuit ses travaux sous la Restauration et adopte en 1825 un Rapport contenant l'exposition du système adopté par la Commission des phares pour éclairer les côtes de France. Ce "système" repose sur un usage généralisé des lentilles de Fresnel, dont la taille dépend de l'ordre du phare, c'est-à-dire de son importance pour les marins. Le rapport pose comme principe qu'un navire longeant les côtes de France ne doit jamais perdre de vue un phare dit "de premier ordre", les plus importants. Dans La Mer (1861), Jules Michelet écrit que "ce fut comme un ciel de plus (que la France) fit descendre", notant bien la relation intime entre la Commission et le monde savant de son temps, dominé par les astronomes et les mathématiciens.

Composition[modifier | modifier le code]

Commission des phares. Procès-verbal de l'établissement d'un phare sur le cap Spartel. Séance du 30 juin 1852 Archives nationales

La composition de la commission fut très variable au cours du temps. À l'origine, elle était composée de neuf membres : 3 savants de l'Académie des sciences, 3 inspecteurs des Ponts et chaussées, 3 officiers supérieurs de la marine militaire. Parmi ses membres célèbres figurent l'astronome François Arago, le physicien Augustin Fresnel, le chevalier de Rossel, Charles-François Beautemps-Beaupré, les ingénieurs Joseph Cachin, Gaspard de Prony.

Compétences[modifier | modifier le code]

La commission donne un avis sur toute création, suppression ou modification d'établissement de signalisation maritime. Les dossiers sont instruits par le Service des phares et balises. Un projet de décret est en cours de rédaction pour modifier la composition et les compétences de la Commission.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Depuis Augustin Fresnel, qui en fut le premier secrétaire, la Commission tient à jour des registres de ses délibérations. Ce fonds, qui constitue la mémoire de l'éclairage et du balisage des côtes de France, est aujourd'hui conservé aux Archives nationales[1], qui ont entrepris la numérisation des registres à l'occasion du bicentenaire de la Commission en 2011. La numérisation fut achevée en 2014. 26000 images sont en ligne sur la salle des inventaires virtuelle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la notice décrivant les registres dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Source[modifier | modifier le code]