Colonnes de Locmeltro

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Bornes milliaires de Locmeltro
Grande Borne Miliaire Locmeltro Guern.JPG

La grande colonne.

Présentation
Destination initiale
Milliaires ou stèles ?
Destination actuelle
bénitier et stèles christianisés
Construction
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
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Pays
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LocmeltroVoir et modifier les données sur Wikidata
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Les colonnes de Locmeltro, dites parfois bornes milliaires, sont des monolithes installées dans l'enclos paroissial de la chapelle Saint-Meldéoc, sur la commune de Guern, dans le Morbihan (France).

Ces trois pierres, dont deux formeraient une même colonne, sont considérées sans certitude par les archéologues comme un remploi de milliaires romains ou de stèles protohistoriques. Elles ont été christianisées, au plus tard au milieu du XIXe siècle, mais peut-être beaucoup plus tôt pour la plus petite transformée en bénitier.

Localisation[modifier | modifier le code]

Les deux fragments, à droite de l'image, devant l'entrée de la chapelle Saint-Meldéoc.

Les pierres sont dans l'enclos paroissial de la chapelle Saint-Meldéoc de Locmeltro, ou du lieu-dit « Loc Meltro » selon l'IGN.

Description[modifier | modifier le code]

Fragment supérieur de la colonne tronquée.

La plus grande des colonnes cylindriques, en granit, mesure environ 2,50 m de haut[1] pour 0,60 m de diamètre, selon Louis Rosenzweig. Une partie plus épaisse, semble-t-il moins dégrossie et partiellement parallélépipédique, est visible à sa base. Cette colonne est située à l'angle Nord-Ouest de l'enclos.

Une éventuelle deuxième colonne tronquée est, en tout cas, en deux fragments. Le plus petit, qui serait sa base, a été creusé en son sommet pour être réemployé en bénitier[2], installé devant la porte d'entrée de la chapelle[3]. Ce qui était peut-être son fragment supérieure fait environ 1,60 m de haut « hors terre » pour un diamètre équivalent à la colonne précédente, toujours selon Rosenzweig. Il est planté dans le sol, à proximité du fragment précédent.

Aucune inscription ni décor n'a jamais été signalé à la surface de ces pierres.

Quelques éléments historiques et archéologiques[modifier | modifier le code]

Le répertoire de Rosenzweig[modifier | modifier le code]

Louis Rosenzweig, dès 1860[4], n'hésitait pas à réserver sont opinion, notant dans la section sur le Moyen Âge que le bénitier « peut avoir été une borne milliaire ». Quant aux deux autres pierres bien décrites, elles aussi déjà aux abords de la chapelle (qu'il plaçait « dans le cimetière »), il les qualifiait juste de « colonne » dans la section sur l'époque romaine.

La lettre de Moigno[modifier | modifier le code]

En 1867, M. Moigno (le frère de l'abbé Moigno[5]) signale que, alors nommées en breton « testaon » (soit « témoins » ou « près du chemin », selon les savants du XIXe siècle), « deux bornes milliaires, dont l'une est des plus remarquables par son parfait état de conservation » ont été déplacées de 400 m à la demande du prêtre de la paroisse dans le cadre de leurs christianisations, depuis la route allant de Vannes à Carhaix (au nord-est ?).

Sans plus de précisions quant à la date du transport, il n'évoque pas non plus un remploi en bénitier, ni de fragments.

Le répertoire de Ricci[modifier | modifier le code]

Seymour de Ricci qualifie[6] de « milliaire illisible » la pierre qu'il croit être du vingt-troisième lieue depuis Vannes (probablement la plus grande), sans mentionner d'autres fragments dans les annexes de son répertoire de 1897[7]. Il considérait certainement ces derniers comme des « lechs carolingiens ou des colonnes romaines ordinaires[8] ».

La voie romaine Dariotitum-Vorgium[modifier | modifier le code]

Les savants du XIXe siècle envisageaient une voie romaine passant au Nord de Locmeltro, sur le parcours de l'actuelle D 1.

On considère depuis[9] que la voie romaine du territoire des Vénètes, allant de Dariotitum (Vannes) à Vorgium (Carhaix ?) selon la Table de Peutinger[10], ou un chemin plus ancien, passait non loin, mais plutôt au Sud du hameau[11], aux environs de Talhouët. À quelques kilomètres à l'Est, la voie serait alors passée à mi chemin entre le manoir de Ménorval (ou Mané-er-Val) et Kergoff, pour se prolonger vers Quistiav, après avoir traversé la Sarre, 100 m au Nord du moulin du Quilio.

Toutefois, aucun de ces deux chemins, passant au Nord ou au Sud de Locmeltro (noté « Locriau »), ne sont indiqués sur la carte de Cassini[12], de la fin du XVIIIe siècle.

Des bornes ou des stèles ?[modifier | modifier le code]

La Carte archéologique de la Gaule reste prudente, et fait aussi l'hypothèse que ces pierres aient pu être des stèles de l'âge du fer[13], réalisées aux environs du Ier millénaire av. J.-C. L'occupation protohistorique du territoire étant avérée et la forme des colonnes ne permettant pas de trancher avec certitude pour l'une des périodes possibles de fabrication.

On remarquera enfin que ces monolithes bien connus n'ont pas été retenu par le CIL, dans le recueil d'inscriptions concernant les milliaires de Gaule et de Germanie (volume XVII-2 : Miliaria provinciarum Narbonensis Galliarum Germaniarum), alors que plusieurs bornes anépigraphes, dont certaines très douteuses comme la stèle de Croas ar Peulven, y sont mentionnées.

L'inscription par le Conservatoire[modifier | modifier le code]

Deux pierres (la grande et le bénitier) ont été inscrites en tant que milliaires, en même temps que le calvaire de 1743, au titre des monuments historiques le 19 novembre 1946[14]. La chapelle avait fait l’objet d’une inscription le 15 juin 1925.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mais le Conservatoire aurait mesuré 3 m de haut.
  2. Rosenzweig mentionne le bénitier creusé (col. 117). Deux autres remplois de colonnes en bénitiers sont signalés dans les environs : à Saint-Jean et à Guermeur.
  3. Voir une image du bénitier sur t4t35.fr
  4. Cf. Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1860, Vannes, Société polymathique du Morbihan, 1861, p. 35.
  5. Il n'y est pas qualifié d'abbé, contrairement à d'autres intervenants. Cf. de Closmadeuc, « La Vénus de Quinipily (suite et fin) », dans Annales de Bretagne, 23-1, 1907, part. p. 81-83 (en ligne).
  6. En se fondant sur le recensement de Rosenzweig.
  7. Cf. Seymour de Ricci, « Répertoire épigraphique de la Bretagne occidentale, et en particulier du département des Côtes-du-Nord », dans Société d'émulation des Côtes-du-Nord. Bulletins et mémoires, 35, Saint-Brieuc, 1897, p. 279 (en ligne).
  8. Ibid., p. 278.
  9. Cf. Patrick Galliou 2009, p. 143.
  10. Segm. I, 2, o.
  11. 48° 02′ 27″ N, 3° 08′ 51″ O
  12. Cf. feuille 158, levée vers 1787.
  13. Voir, plus généralement à propos des stèles armoricaines de l'âge du fer : Marie-Yvane Daire et Anne Villard, avec la collab. de Elven Le Goff et Stéphan Hinguant, « Les stèles de l'Âge du Fer à décors géométriques et curvilignes. État de la question dans l'Ouest armoricain », dans Revue archéologique de l'ouest, 13, 1996, p. 123-156 et part. la Fig. 11 Carte de répartition des stèles de l'Âge du Fer(en ligne).
  14. « Calvaire et bornes milliaires de Locmeltro », notice no PA00091248, base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Patrick Galliou et al., préface de Jean Leclant, Le Morbihan, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 2009, p. 143 (Carte archéologique de la Gaule : Pré-inventaire archéologique, 56) (ISBN 978-2-87754-238-8).
  • Revue morbihannaise, 11, Vannes, Lafolye, 1907, p. 371.
  • « 173e séance. 24 décembre 1867 [Lecture de la lettre de M. Moigno (de Guémené sur Scorff)] », dans Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, Vannes, Société polymathique du Morbihan, 1868, p. LXIX-LXX (en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Louis Rosenzweig, Répertoire archéologique du département du Morbihan [publ. précédemment par parties dans le Bulletin de la Société polymathique du Morbihan], Paris, Imprimerie impériale, 1863, col. 116 (Guern : Époque romaine) et 117 (Moyen Âge) (Répertoire archéologique de la France, 56) (en ligne).Document utilisé pour la rédaction de l’article

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