Société polymathique du Morbihan

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Société polymathique du Morbihan
COA fr Vannes 56.svg
Blason de la ville de Vannes
Situation
Zone d'activité
département du Morbihan
Fondation
Type
Domaine d'activité
Siège social
Pays
Langue
Organisation
Fondateur
Président
Jean-Yves Cavaud[1]
Affiliation
Comité des travaux historiques et scientifiques
Fédération des sociétés historiques de Bretagne
Site web

La Société polymathique du Morbihan est une société savante créée en 1826 à Vannes. Son activité, qui depuis sa fondation a couvert de multiples domaines (botanique, zoologie et minéralogie notamment), se porte principalement vers l'histoire, l’archéologie, l’art et le patrimoine du département du Morbihan.

Histoire[modifier | modifier le code]

La société est fondée à Vannes le 28 mai 1826 par quinze personnes[2] :

  • François Luczot, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées[3],
  • Jean-Pierre-Esprit Blutel, inspecteur des douanes[4],
  • Jean-Marie Galles, imprimeur-libraire[5],
  • Jean-Joseph Mauricet, docteur-médecin[6],
  • Louis Baudoin-Desmarattes, géomètre en chef[7],
  • Bon Yves Jean de Gillardaie, docteur-médecin[8],
  • Quant A Pollet, juge au tribunal[9],
  • Emmanuel Le Lièvre de la Morinière, employé des postes[10],
  • Pierre-Marie Richard, pharmacien[11],
  • Paul-Marie Thomas Pelle De Quéral, élève en médecine[12],
  • Amand Taslé, notaire[13],
  • Joseph Mahé, chanoine[14],
  • François-Olivier Dondel de Kergonano, propriétaire, maire de Baden[15],
  • Prosper-Honoré-Marie-Joseph Claret, chirurgien en chef de l'hospice[16],
  • Toussaint-Louis Jean Joseph Rallier, professeur de mathématique au collège de Vannes[17].

Ces quinze notables vannetais, agés de 21 à 66 ans, sont réunis par un commun intérêt pour les sciences, notamment naturelles ou physiques : géologie, botanique, zoologie, médecine, mathématiques... Le président de la société, le chanoine Joseph Mahé, se singularise par sa prédilection pour l'archéologie, l'histoire et les lettres[18].

La société, en rapport avec les différentes institutions et autorités, constitue alors un lieu de sociabilité où se retrouve l'élite à la fois sociale et intellectuelle de la ville[19]. Les adhérents se réunissent mensuellement pour présenter leurs recherches et, moins régulièrement, pour visiter les principaux sites du département : golfe du Morbihan, Houat, landes de Lanvaux...[18] Leurs activités se multiplient : d'abord limitées, jusque vers le milieu du siècle, à la collecte et à l'inventaire d'échantillons de sciences naturelles[20] (minéralogie, botanique, entomologie ou ornithologie[18]) et à l'organisation de cours dans certaines de ces matières[18], elles se concentrent ensuite sur les fouilles archéologiques, qui conduisent à la découverte de plus de cent sites ou monuments ; s'y ajoutent la création, en 1853, d'un musée archéologique et la constitution pour celui-ci d'une collection d'environ 45 000 pièces[20], ainsi que la gestion d'une bibliothèque ouverte au public[18].

Toutefois, le départ ou le décès, dès les premières années, de plusieurs des fondateurs, puis la concurrence de nouvelles sociétés savantes comme l'Association bretonne, fondée en 1843, conduisent à un déclin temporaire des activités qui se traduit notamment, au milieu des années 1840, par l'adoption du nom plus spécialisé de Société d'archéologie du Morbihan. La dissolution de l'Association bretonne, en 1858, est suivie d'un nouvel essor des publications, des collections et des effectifs de la société, qui reprend son nom d'origine en 1861. Le , elle est déclarée « établissement d'utilité publique » par décret présidentiel[18].

L'une des caractéristiques de la Polymathique est l'intérêt particulier qu'elle a porté au cours de son histoire à la fouille, l'étude et la conservation des mégalithes[19]. Sous l'impulsion d'un groupe d'archéologues (Galles, Alfred Fouquet, Gustave de Closmadeuc...), elle a mené des fouilles sur les nombreux sites mégalithiques de la région, en particulier au tumulus d'Arzon en 1853, à Carnac en 1861 sur le tumulus de St-Michel, ainsi qu'à la Table des Marchand de Locmariaquer, sans omettre quelques sites médiévaux. Ces travaux, tout en contribuant à enrichir la collection du musée d'archéologie du Morbihan installé dans le Château-Gaillard, ont surtout alimenté le débat sur la fonction des mégalithes. Les polymathes ont été parmi les premiers à refuser l'idée d'autels pour les sacrifices et à évoquer le rôle funéraire des dolmens[réf. souhaitée].

La Polymathique a manifesté envers les mégalithes une volonté de conservation portée par l'évolution de la vision de ces pierres, progressivement considérées comme préhistoriques et acquérant de ce fait le statut scientifiquement valorisant de plus ancienne architecture humaine de la région. Cette volonté a contribué à susciter la politique publique d'acquisition et de restauration, quand bien même ces restaurations ont pu être critiquées par certains des membres de la société[19]. En 1883, elle a obtenu de l'État qu'il se porte acquéreur de la Table des Marchand de Locmariaquer[18]. Elle a aussi permis, entre autres, la sauvegarde des alignements de Carnac et, par ailleurs, la protection des remparts de Vannes, devant lesquels la construction d'un lotissement était prévue[réf. souhaitée].

Devant dès l'origine gérer le fonds d'ouvrages du département, ainsi que celui de la ville de Vannes, la Polymathique s'est rapidement constitué une bibliothèque d'une grande valeur scientifique, même après qu'à la fin du XIXe siècle la ville eut récupéré son apport. Elle est aujourd'hui mise à la disposition du public dans les locaux de la Société polymathique, avenue Saint-Symphorien, au-dessus des Archives municipales[réf. souhaitée].

Objectifs et actions[modifier | modifier le code]

« Doyenne des associations du Morbihan »[18], la Société polymathique s’intéresse à l’histoire, à l’archéologie, à l’art et au patrimoine du département[1].

Elle organise régulièrement :

  • des conférences ouvertes aux adhérents le deuxième mercredi de chaque mois sur l'archéologie, l'histoire, la littérature, les arts, les sciences de la nature etc.[1] ;
  • des colloques ouverts aux adhérents ;
  • des sorties mensuelles, dans les différents départements bretons ;
  • la publication annuelle des Bulletin et Mémoires de la Société polymathique du Morbihan[21].

Sa bibliothèque[22], ouverte aux chercheurs, est riche de:

  • 25 000 volumes ;
  • 200 périodiques ;
  • 2 000 manuscrits ;
  • un fonds ancien (français, breton) ;
  • de nombreux ouvrages sur la Bretagne, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Société polymathique du Morbihan, « Présentation de la Polymathique »
  2. Lafolye 1927.
  3. Comité des travaux historiques et scientifiques, « LUCZOT François »
  4. Comité des travaux historiques et scientifiques, « BRUTEL Jean-Pierre-Esprit »
  5. Comité des travaux historiques et scientifiques, « GALLES Jean-Marie »
  6. Comité des travaux historiques et scientifiques, « MAURICET Jean-Joseph »
  7. Comité des travaux historiques et scientifiques, « BAUDOIN-DESMARETTES Louis »
  8. Comité des travaux historiques et scientifiques, « LA GILLARDAIE Bon Yves Jean de »
  9. Comité des travaux historiques et scientifiques, « QUANT A POLLET »
  10. Comité des travaux historiques et scientifiques, « LELIEVRE DE LA MORINIERE Emmanuel »
  11. Comité des travaux historiques et scientifiques, « RICHARD Pierre-Marie »
  12. Comité des travaux historiques et scientifiques, « PELLE DE QUERAL Paul-Marie Thomas »
  13. Comité des travaux historiques et scientifiques, « TASLE Armand »
  14. Comité des travaux historiques et scientifiques, « MAHE (CHANOINE) J. »
  15. Comité des travaux historiques et scientifiques, « DONCEL DE KERGONANO François-Olivier »
  16. Comité des travaux historiques et scientifiques, « CLARET Prosper-Honoré-Marie-Joseph »
  17. Comité des travaux historiques et scientifiques, « RALLIER Toussaint-Louis jean joseph »
  18. a b c d e f g et h Archives du Morbihan, « La société polymathique du Morbihan », sur archives.morbihan.fr (consulté le 11 juin 2018)
  19. a b et c Ars 2002, résumé.
  20. a et b Le Pennec 2011, résumé.
  21. Société polymathique du Morbihan, « Les Publications »
  22. Société polymathique du Morbihan, « La Bibliothèque »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Centenaire de la Société polymathique du Morbihan (1826-1926), Vannes, Lafolye frères et Cie, , 251 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Ars, La Société polymathique du Morbihan et la conservation du patrimoine mégalithique : 1826-1939, thèse pour le doctorat d'histoire, université de Nantes, (résumé) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bertrand Frelaut, « Les grandes heures de la Société polymathique du Morbihan », Bulletin et mémoires de la Société polymathique du Morbihan, t. CXXXII,‎ , p. 181-267
  • Christophe Le Pennec, « La Société polymathique et la naissance de collections archéologiques en Morbihan », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, vol. 118, no 3,‎ , p. 73–96 (ISSN 0399-0826 et 2108-6443, DOI 10.4000/abpo.2055, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Compte-rendu des travaux de la Société polymathique du département du Morbihan (de 1826 à 1832), disponible sur Gallica
  • Bulletin de la Société archéologique du Morbihan (de 1857 à 1859), disponible sur Gallica
  • Bulletin de la Société polymathique du Morbihan (de 1860 à 1943), disponible sur Gallica