Codon

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Un codon est une séquence de trois nucléotides sur un acide ribonucléique messager (ARNm) spécifiant l'un des 22 acides aminés protéinogènes dont la succession sur l'ARN messager détermine la structure primaire de la protéine à synthétiser. Les ARN messagers étant constitués d'une succession de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de nucléotides, ce sont également plusieurs dizaines à plusieurs centaines d'acides aminés qui peuvent être ainsi assemblés linéairement pour former des chaînes protéiques. Quatre bases nucléiques déterminent la séquence d'un ARN messager — adénine, guanine, uracile et cytosine — de sorte qu'il existe 43 = 64 codons différents, codant pour 22 acides aminés et l'arrêt de la synthèse (codons STOP).

Types de codons[modifier | modifier le code]

Chacun des codons possibles peut synthétiser l'un des 20 acides aminés naturels — augmentés de deux acides aminés plus rares, la pyrrolysine et la sélénocystéine, dont l'adjonction nécessite une séquence nucléotidique d'insertion particulière. Plusieurs codons peuvent désigner le même acide aminé, on parle alors de codons synonymes.

Les codons UAG, UGA et UAA ne désignent en général aucun acide aminé ; ce sont les codons STOP ou codons non-sens (exceptionnellement, le codon UGA code parfois pour une sélénocystéine, indispensable à la fonction des sélénoprotéines ; et il code la tryptophane chez les mitochondries des opisthocontes, dont font partie animaux et champignons). Quand un ribosome atteint un codon-stop sur l'ARN messager, lors du processus complexe de biosynthèse des protéines, il s'arrête, libère la protéine terminée et se détache de l'ARN messager.

On distingue aussi le codon d'initiation ou codon de démarrage qui signale le début de la phase ouverte de lecture : AUG (méthionine). Chez les procaryotes, parfois ce codon est GUG ou encore UUG (par exemple, chez E. coli, 77 % des séquences codantes commencent par AUG, 14 % par GUG et 8 % par UUG). En règle générale, toute protéine commencera par une méthionine, quel que soit le codon d'initiation utilisé (ou une N-formyl-méthionine dans le cas des bactéries).

Traduction des codons[modifier | modifier le code]

La table ci-dessous donne la traduction des codons en acides aminés dans le code génétique standard ; les codages alternatifs sont indiqués en petits caractères après une barre oblique :

1re
base
2e base 3e
base
U C A G
U UUU F Phe UCU S Ser                     UAU Y Tyr UGU C Cys U
UUC F Phe UCC S Ser UAC Y Tyr UGC C Cys C
UUA L Leu UCA S Ser UAA Stop ocre UGA Stop opale / U Sec / W Trp A
UUG L Leu / initiation UCG S Ser UAG Stop ambre / O Pyl     UGG W Trp G
C CUU L Leu CCU P Pro CAU H His CGU R Arg U
CUC L Leu CCC P Pro CAC H His CGC R Arg C
CUA L Leu CCA P Pro CAA Q Gln CGA R Arg A
CUG L Leu / initiation CCG P Pro CAG Q Gln CGG R Arg G
A AUU I Ile ACU T Thr AAU N Asn AGU S Ser U
AUC I Ile ACC T Thr AAC N Asn AGC S Ser C
AUA I Ile ACA T Thr AAA K Lys AGA R Arg A
AUG M Met & initiation     ACG T Thr AAG K Lys AGG R Arg G
G GUU V Val GCU A Ala GAU D Asp GGU G Gly U
GUC V Val GCC A Ala GAC D Asp GGC G Gly C
GUA V Val GCA A Ala GAA E Glu GGA G Gly A
GUG V Val GCG A Ala GAG E Glu GGG G Gly G
      Acide aminé apolaire
      Acide aminé polaire
      Acide aminé acide
      Acide aminé basique
      Terminaison

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme "codon" a été inventé par le biologiste sud-africain Sydney Brenner en 1960. C'est lui qui, avec Francis Crick a démontré que le code génétique fonctionnait par triplets non-recouvrants, avant même que celui-ci ne soit déchiffré, grâce à une approche génétique extrêmement astucieuse[1]. Le terme "codon" a ensuite été popularisé par ce même Francis Crick au début des années 1960.

C'est le biochimiste américain Marshall Nirenberg qui a déchiffré le code génétique et identifié la traduction en acide aminé de chacun des codons dans la première moitié des années 1960. Ce travail s'appuya sur son expérience princeps où il montra que l'acide poly-uridylique (ARN formé uniquement de U), permet de synthétiser du poly-phénylalanine, établissant ainsi la correspondance entre le codon UUU et la phénylalanine[2]. Nirenberg fut récompensé par le Prix Nobel en 1968 pour cette découverte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Crick F.H., Barnett L., Brenner S., Watts-Tobin R.J., « General nature of the genetic code for proteins. », Nature, vol. 192,‎ , p. 1227-1232 (PMID 13882203)
  2. (en) Nirenberg M.W., Matthaei J.H., « The dependence of cell-free protein synthesis in E. coli upon naturally occurring or synthetic polyribonucleotides. », Proc. Natl. Acad. Sci. USA, vol. 47,‎ , p. 1588-1602 (PMID 14479932)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]