Cizre

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Cizre
Cizîr
Vue aérienne de Cizre.
Vue aérienne de Cizre.
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région de l'Anatolie du sud-est
Province Şırnak
Maire
Mandat
Leyla İmret, Parti démocratique des peuples (HDP)
2014-2019
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 73
Géographie
Coordonnées 37° 19′ 30″ nord, 42° 11′ 45″ est
Localisation
Districts de la province de Şırnak
Districts de la province de Şırnak

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Sources
« Index Mundi/Turquie »

Cizre (prononcé [ d͡ʒizɾɛ], Cizîr en kurde, Bezabde dans l'Antiquité) est une ville et un district de province de Şırnak dans la région de l'Anatolie du sud-est en Turquie, située sur les bords du Tigre

Géographie[modifier | modifier le code]

Avec ses +48,9 degrés, Cizre détient le record de chaleur de Turquie.

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Tombeau de Mamê et Zîn

Cizre fut autrefois appelé en arabe Gazarta et Jazīrat Ibn ʿUmar (arabe : جزيرة ابن عمر). C'était une ville importante durant la période abbasside et pendant les croisades, car elle était un passage connectant la Haute Mésopotamie au Haut-plateau arménien.

Selon la tradition musulmane locale, Cizre abrite la tombe de Noé, inhumé à cet endroit après le Déluge. Cizre est surtout célèbre dans l'histoire du peuple kurde comme la ville du prince légendaire Mamê Alan, héros du poème épique Mem et Zîn (en) composé par Ahmed Khani en 1692. Le tombeau des deux amoureux, les Roméo et Juliette de la tradition kurde, est toujours visité.

Jusqu'au XIXe siècle, Cizre a été la capitale du principauté de Botan (ou Bohtan) dont le dernier prince fut l'émir Bedirxan Beg de 1841 à 1847.

Affrontements et destruction partielle en 2015-2016[modifier | modifier le code]

Article connexe : Conflit kurde en Turquie.

La ville fait l'objet d'affrontements entre l'État turc et le PKK de septembre 2015 jusqu'au moins au printemps 2016. À la suite de pilonnages et d'incendies, le quartier de Cudi est presque entièrement détruit[1], et des dizaines d'habitants tués, dont certains brûlés vifs dans les caves[2],[3].

En septembre 2015, les forces armées turques assiègent la ville lors de l'opération de Cizre (en) et y déclarent le couvre-feu. L'accès à l'eau et la nourriture est limité pour la population et les personnes blessées sont interdites de recevoir des traitements médicaux professionnels. Le Conseil de l'Europe demande alors l'envoi d'observateurs indépendants dans la ville assiégée[4]. Amnesty International s'inquiète des mesures disproportionnées du gouvernement, coupant l'accès à l'eau, la nourriture et l'électricité à l'ensemble de la population de la ville, ainsi qu'un couvre-feu 24 heures sur 24[5].

La maire de la ville, Leyla İmret (tr), une jeune Turque d'origine kurde, est démise en septembre 2015 de ses fonctions par le ministère de l'Intérieur pour « incitation à la rébellion armée contre le gouvernement de la Turquie et propagande pour une organisation terroriste »[6]. Le poste était signalé comme toujours vacant en avril 2016 par une photoreporter présente sur les lieux, et l'administration serait assurée de fait par l'État turc[2].

La ville est de nouveau l'objet d'importants combats en 2016 entre l'armée turque et les forces kurdes, combats qui auraient fait selon les forces armées turques entre une dizaine et une centaine de victimes. Selahattin Demirtaş, représentant du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde), parle du Cizre massacre (en) de 70 à 90 personnes, notamment dans un sous-sol du quartier de Cudi, où la population avait trouvé refuge, attaqué par les tanks. Les corps auraient ensuite été dispersés dans les rues par l'armée. Le centre-ville est bombardé par l'artillerie turque et sa population aurait fui les lieux[7]. L'attentat de février 2016 à Ankara aurait été réalisé en représailles de ces événements d'après le TAK qui le revendique[8].

Le 26 août 2016 à Cizre, un attentat-suicide avec une voiture chargée d'explosifs tue 11 policiers et fait 78 blessés dont 75 policiers et 3 civils. Cet attentat est revendiqué par le PKK[9].

La ville est occupée par les forces spéciales turques et fait l'objet de couvre-feux récurrents[2],[10].

Références[modifier | modifier le code]