Principauté de Botan

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Les principautés kurdes vers 1835
Le mont Djoudi près de Cizre, considéré localement comme l'endroit où se serait posée l'arche de Noé.
Médersa rouge de Cizre en 2009

La principauté de Botan ou Bohtan (Buhtan, Bohtan, Bokhan, Bokhti, en kurde : میرنشینی بۆتان) est un ancien émirat kurde qui a existé du XIVe au milieu du XIXe siècle. Il doit son nom à la rivière qui le traverse, le Botan Çayı, affluent du Tigre, aux confins de la Turquie et de l'Irak actuels. Sa capitale était Jazirat Ibn 'Umar ou Cizîra Botan, l'actuelle Cizre.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine de la principauté est mal connue. Au XIVe siècle, d'après le chroniqueur Sharafkhan Bidlisi (en), ses émirs étaient des Yézidis avant de se convertir au sunnisme orthodoxe. Son fondateur, Sulaimân bin Khalid, se disait descendant de Khalid ibn al-Walid, général arabe au service des premiers califes au VIIe siècle qui est enterré près de Siirt, bien que celui-ci n'ait pas eu de fils connu. Après la mort de Sulaimân, la principauté est partagée entre ses trois fils : Mir Abd al-Aziz règne à Cizre, Mir Halid Beg à Gurgil et Mir Abdal à Finik. Sharafkhan donne la liste des 14 districts du pays :

  • Gurgil, Akhwaz, Piruz, Badan et Tanzê (Kalhuk) étaient habités par la tribu Karsi ;
  • Tur, Haitam et Shakh étaient habités par des chrétiens ;
  • Aramshap était habité par la tribu Braspi ;
  • Finik, Nish Atil, Kewar, Dair-dih, etc.

La localisation de la plupart de ces places est incertaine[1].

Tombeau de Mem et Zîn à Cizre

L'émirat partage les vicissitudes des principautés kurdes médiévales jusqu'à la bataille de Tchaldiran (1514) où elles deviennent vassales de l'Empire ottoman. Sous la tutelle ottomane, le Botan conserve une large autonomie. Son territoire s'étend à l'ouest jusqu'au Tigre, au nord et à l'est jusqu'aux limites des principautés kurdes de Bitlis, Hakkâri et Soran. Les princes de Botan hébergent à leur cour des poètes comme Ehmedê Xanî (Ahmed Khani), Feqiyê Teyran et Melayê Cezîrî. Le grand poème épique d'Ehmedê Xanî, Mem et Zîn (en) composé en 1692, se passe à Cizre : on montre toujours dans cette ville le tombeau des deux amoureux, les Roméo et Juliette de la littérature kurde.

Le dernier émir du Botan est Bedirxan Beg (1802-1866) qui tente de se rendre indépendant des Ottomans. Mais il est déposé en 1847, exilé à La Mecque, et sa principauté passe sous administration ottomane directe, partagéé entre plusieurs provinces dont une, appelée eyalet du Kurdistan (en), subsiste jusqu'en 1867.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. E. J. Brill, First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936, Volume 4, p. 1143-1144