Citrus sudachi

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Citrus sudachi du japonais sudachi (スダチ, 酢橘?), est une espèce d'agrume japonais (du genre Citrus) de la préfecture de Tokushima. Le fruit est récolté vert pour son jus acide. Il s'agit d'un agrume de jours longs.

sudachi vert en aout

Le mot sudachi en français désigne généralement le fruit et l'usage de ce dernier reste confidentiel en dehors du Japon.

Dénomination - Classification[modifier | modifier le code]

Su 酢 signifie : vinaigre et tout jus acide. Le terme sudachi viendrait de su-no-tachibana, qui signifie Citrus tachibana utilisé comme vinaigre = acidifiant. C. tachibana (synonyme de Citrus reticulata), petit agrume sauvage de la région Japon, Corée, Taïwan, à petit fruit (diamètre 3cm) très acide.

On trouve souvent l'expression "quitter le nid" pour désigner le sudachi[Informations douteuses] [?].

En 1933, Mitsutarō Shirai a crée le clade Citrus sudachi qui ne comprends qu'une seule espèce. La distinction entre les divers agrumes verts acides a donné lieu à des débats entre taxinomistes [2],[3], certains indices le lieraient à Citrus ichangensis [4], le regroupement dans le sous genre Citrus subg. Papeda est pertinent. Selon l'université Riverside de Californie[5], il proviendrait d'une hybridation de citrus papeda et de mandarine C. reticulata, l'gnpIS lui conserve le statut d'espèce [6] sous le nom binomial : Citrus sudachi

Historique[modifier | modifier le code]

D'après l'université d'Osaka la domestication du sudachi est postérieure à la période Man-yo, Époque de Nara, VIIIéme siècle, période qui a vu la domestication d'autres acides comme Yuko (Citrus Hanayu) [7] , Kizu (Citrus kizu), Mochiyu (Citrus inflata)[8].

La première mention du sudachi est en 1708 dans un livre de Kaibara Atsunobu avec le nom de "Riman".[1], nom encore présent dans une des premières mentions en anglais par Dai Nihon Nōkai (Agricultural Society of Japan, 1895)[9]

Quelques pépiniéristes européen introduisirent le sudachi à partir de graine à la fin du XXéme siècle, pour l'anecdote, le premier pépiniériste français qui le commercialisa avait fait une confusion dans ses graines, il ne s'agissait pas d'un sudachi. Le sudachi de la collection de University California Riverside a également été introduit depuis une graine, en 1963[10].

Description[modifier | modifier le code]

L'arbre est de petite taille, sa croissance et sa mise à fruit sont lentes.

Le fruit sphérique, mamelonné, d'un diamètre d'environ 4 cm, d'un poids d'environ 30 g. lors de sa récolte récolte en vert à compter du 15 aout à fin septembre, ultérieurement le fruit jaunit et devient sucré.

L'huile essentielle a été analysée, elle contient des composants spécifiques[11], dont les sudachiines B, C et D[12]. La qualité nutritionnelle du sudachi a fait l'objet de publications japonaises et coréennes : sa peau améliore les triglycérides de l'obèse [13], l'action anti oxydante et anti diabétique de son jus, in vitro, augmente avec la maturité du fruits [14].

Culture[modifier | modifier le code]

Au Japon la production de masse a commencé en 1956 pour atteindre 1300 t. (information 2016 non datée, d'autres sources donnent un production plus élevée fin XXéme siècle) dans la Préfecture de Tokushima. Le village de Kamiyama est réputé pour ses sudachi centenaires. Les sudachi sont transformés en jus et conservés en entrepôt frigorifique pour étaler la vente en frais du fruit vert[15]. En Corée l'ile méridionale de Jeju produuit des sudachi.

Il existe une micro production en Californie, et au Portugal (Amareleja), le sudachi ayant été désigné comme un fruit acide à bon potentiel par l'association Califorinia Rare Fruit Grower en 2009[16].

Cultivars[modifier | modifier le code]

Le sudachi diploïde a beaucoup de gros pépins, il existe un cultivar sans pépins triploïde obtenu à Tokoshima en 2003 [17] nommé "Tokushima 3X No.1" et bien juteux.

Utilisation : cuisine et cosmétique[modifier | modifier le code]

Le sudachi fait partie des agrumes verts de jours longs au même titre que le yuzu vert, les kabosu, naositchi, hebesu, etc. et que les limes et citron vert, shikuwasa et calamondin tropicaux, leur usage culinaire est comparable. Il est encore rarement utilisé par les chefs occidentaux, en cuisine actuelle on l'associe souvent avec les coquilles Saint-Jacques, Pascal Barbot à la morue grillé, papaye verte et jus de sudachi, Hideki Ishikawa en fait une gelée pour son tofu, Arnaud Donckele le rapproche de l'estragon dans un sabayon, Christian Bau en fait l'acide de la vinaigrette de son foie gras...

Le jus[modifier | modifier le code]

Il est utilisé principalement pour son jus au gout acide tempéré par un niveau de sucre bien plus élevé que chez le citron par exemple, le rapport sucre/acide est supérieur à 5, niveau habituel de qualité pour ce type de fruit. Le gout est typé : moins mandariné que le yuzu, moins résineux que le kabosu, il évoque la sensation curieuse de superposer acide et sucre fruité qu'on a avec le pamplemousse vert de Tahiti. Il fait merveille avec la sauce soja dans la sauce ponzu.

Son acidité est appréciée avec les plats grillées (poissons, champignons…) et dans les boissons (alcools, bière, sodas).

La pulpe et le zeste[modifier | modifier le code]

Le sudachi vert tranché en fine est couramment servie sur les plats de soba, nouilles au sarrasin, auxquels il donne une saveur et une acidité bienvenue. Le zeste râpé fin et en petite quantité est utilisé sur le poisson, sur les oursins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A discourse on Japanese names of trees (Jumoku Wamei Ko) 114, index 8. 1933, GRIN 314333
  2. Tyozaburo TANAKA, « DOES CITRUS CREATION REPEAT? », Bulletin of the University of Osaka Prefecture. Ser. B, Agriculture and biology, vol. 18,‎ , p. 31–36 (ISSN 0366-3353, lire en ligne)
  3. Tyozaburo TANAKA et Tokio TANINAKA, « A Revision of Osmocitrus, a section of the genus Citrus : Revisio Aurantiacearum XIII », Bulletin of the University of Osaka Prefecture. Ser. B, Agriculture and biology, vol. 10,‎ , p. 9–13 (ISSN 0366-3353, lire en ligne)
  4. Yoshihiko Ozaki, Masaki Miyake, Hisao Maeda et Yasushi Ifuku, « Ichangensin glucoside in Citrus junos, Citrus sudachi and Citrus sphaerocarpa », Phytochemistry, vol. 30,‎ , p. 2659–2661 (DOI 10.1016/0031-9422(91)85118-J, lire en ligne)
  5. (en) « Sudachi ichandrin », sur citrusvariety.ucr.edu
  6. « Taxon: Citrus sudachi Hort. ex Shirai », sur genetic and Genomic information system gnpIS
  7. shu(^^), « shu(^^) Homepage, ハナユ (Citrus hanayu) », sur www.botanic.jp (consulté le 24 août 2016)
  8. (en) Naniwa Daigaku, Scientific Report of the Faculty of Agriculture, (lire en ligne), p. 9
  9. (en) Dai Nihon Nōkai, Useful Plants of Japan Described and Illustrated, Agricultural Society of Japan, (lire en ligne)
  10. « sudachi », sur www.citrusvariety.ucr.edu (consulté le 26 août 2016)
  11. (en) S. M. Njoroge, H. Ukeda, H. Kusunose et M. Sawamura, « Japanese sour Citrus fruits. Part III. volatile constituents of sudachi and mochiyuzu oils », Flavour and Fragrance Journal, vol. 10,‎ , p. 341–347 (ISSN 1099-1026, DOI 10.1002/ffj.2730100602, lire en ligne)
  12. Tokunaru Horie, Masao Tsukayama, Toshihide Yamada et Iwao Miura, « Three flavone glycosides from citrus sudachi », Phytochemistry, vol. 25,‎ , p. 2621–2624 (DOI 10.1016/S0031-9422(00)84522-7, lire en ligne)
  13. (en) Masashi Akaike, Ken-ichi Aihara, Hiroaki Yanagawa et Takashi Iwase, « Efficacy and safety of Citrus sudachi peel in obese adults: A randomized, double-blind, pilot study », Functional Foods in Health and Disease, vol. 4,‎ , p. 276–284 (ISSN 2160-3855, lire en ligne)
  14. (ko) Ji Eun Lee et al., « Changes in Phenolic Composition, Antioxidant and Antidiabetic Properties of Jeju Citrus sudachi as Influenced by Maturity », Journal of Life Science 2015 Vol. 25. No. 11. 1311~1318,‎ (lire en ligne)
  15. « Highlighting Japan February 2016 », sur www.gov-online.go.jp (consulté le 24 août 2016)
  16. (en) Toni J. Siebert, Tracy L. Kahn, « Deliciously ancient East Asian acid citrus Yuzu, Sudachi and Kabosu », Fruit Grower,‎ (lire en ligne)
  17. (ja) Tokunaga, T. (Tokushima-ken. Fruit Tree Experiment Station, Katsuura (Japan)), Nii, M., Tsumura, T. et Yamao, M., « Production of triploids and breeding seedless cultivar 'Tokushima 3X No.1' from tetraploid x diploid crosses in sudachi (Citrus sudachi Shirai) », Horticultural Research (Japan),‎ (ISSN 1347-2658, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tyozaburo Tanaka et Tokio Taninaka, « A Revision of Osmocitrus, a section of the genus Citrus : Revisio Aurantiacearum XIII », Bulletin of the University of Osaka Prefecture. Ser. B, Agriculture and biology, no 64,‎ , p. 9–13 (résumé, lire en ligne [PDF])
  • (en) Lutz D. Schmadel, Dictionary of Minor Planet Names (sixth edition), Springer, (ISBN 3642297188, lire en ligne), p. 815

Liens externes[modifier | modifier le code]

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