Christophe Guilluy

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Christophe Guilluy
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Naissance (51 ans)
Montreuil (Seine-Saint-Denis)
Nationalité Française
Champs Géographie
Diplôme Maîtrise en géographie urbaine
Renommé pour concept de « France périphérique »

Christophe Guilluy, né le , est un géographe français.

Il est consultant auprès de collectivités locales et d’organismes publics.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il est maître en géographie urbaine à l'université Paris I - Sorbonne (1987)[1],[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il travaille depuis la fin des années 1990 à l'élaboration d'une nouvelle géographie sociale. Ses travaux en géographie sociale abordent les problématiques politiques, sociales et culturelles de la France contemporaine par le prisme du territoire[3]. Il s'intéresse à l'émergence d'une « France périphérique » qui s'étend des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu'aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais 60 % de la population – et les trois quarts des nouvelles classes populaires – vit dans cette « France périphérique », à l'écart des villes mondialisées[4]. Avec le sociologue Serge Guérin, il a mis en avant les « retraités populaires » pour signifier que la majorité des ménages de retraités est formée d'anciens ouvriers, employés ou petits commerçants habitant dans le périurbain et dans des conditions modestes voire précaires[5].

En 2004, son livre Atlas des nouvelles fractures sociales — coécrit avec Christophe Noyé — et, en 2010, son livre Fractures françaises connaissent un réel succès critique et plusieurs hommes politiques de droite comme de gauche affirment s'inspirer des analyses de ce dernier essai[6]. Interrogé en mai 2013, Christophe Guilluy avance que « la France de la périphérie » se réfugie dans un vote protestataire. Selon lui, « il n'est pas politiquement correct de dire que la majorité des Français se sent en insécurité face à la mondialisation. L'ouverture des frontières aux biens et aux marchandises, que ce gouvernement ne remet pas en cause, se traduit pour eux par la perte croissante d'emplois industriels et par l'augmentation du nombre d'immigrés. » La France « invisible » aux préoccupations des hommes politiques formerait 60 % de la population[7]. Il oppose ainsi une bourgeoisie riche, vivant dans les centres des villes et profitant pleinement des effets du multiculturalisme et cette France des zones périurbaines où les tensions entre les communautés sont plus fortes, qui a une perception de la diversité et de l'immigration tout à fait différente. Cette différence de perception s'exprimant dans le vote de cette France « invisible » car selon lui « les questions identitaires comptent beaucoup dans les milieux populaires »[8]. Cependant, pour Denis Clerc, « La thèse [exprimée dans Fractures françaises] repose en réalité sur des soubassements fragiles, voire erronés »[9].

Un documentaire intitulé La France en face, réalisé par Jean-Robert Viallet et Hugues Nancy, diffusé sur France 3 le 27 octobre 2013, est très fortement inspiré de son livre Fractures françaises.

En 2014, il publie La France périphérique et reçoit le prix des Impertinents, le jury ayant tenu à distinguer « le travail de ce géographe indépendant, homme de gauche mais esprit inclassable, qui ose mettre le doigt où les plaies de la société française font mal »[10].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF no FRBNF13599640c.
  2. Comment une politique de rénovation peut aboutir à une déstructuration physique, sociale et sociologique d'un espace ? : de l'ilôt XI à la ZAC des Amandiers : l'exemple de Ménilmontant, mémoire de maîtrise en géographie urbaine (dir. Jean-Philippe Damais et X. Grosse), Paris-I, 1987.
  3. « Hérodote a lu », Hérodote 2011/2 (no 141)
  4. Les métropoles et la France périphérique : une nouvelle géographie sociale et politique, Christophe Guilluy, Le Débat no 166, 2011/4
  5. « Les retraités pauvres, un vote-clé », Le Monde, 28 août 2012.
  6. Le livre de gauche qui inspire la droite, Grégoire Biseau, liberation.fr, 30 mars 2012
  7. Christophe Guilluy, géographe, met en lumière « la France des invisibles », entretien, pelerin.com, 8 juin 2013
  8. Le débat intellectuel français est enferré dans la querelle de l’identité, Nicolas Truong, lemonde.fr, 29 mai 2014
  9. « Fractures françaises », Alternatives économiques, n° 299, février 2011.
  10. Christophe Guilluy, interviewé par Patrice de Méritens, « Christophe Guilluy : "La France des invisibles doit retrouver sa place" », Le Figaro Magazine, semaine du 19 décembre 2014, pages 109-111.
  11. Fractures françaises, une leçon inédite de géographie sociale, lenouveleconomiste.fr 22 juin 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]