Christian de La Mazière

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Christian de La Mazière
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Christian de La Mazière, né le à Tunis, mort le , est un journaliste et impresario français, principalement connu pour son passé de collaborateur engagé dans la Waffen-SS pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un lieutenant qui avait participé à la guerre russo-polonaise et d'une mère tourangelle, il s'engage dans l'armée en . Il est maintenu dans l'armée de Vichy jusqu'en 1942. Par la suite, il collabore au journal Le Pays libre. Puis, juste avant la libération de Paris par les Alliés, il choisit de s'engager dans la Waffen-SS, où il obtient le grade de Rottenführer.

Il fut l'un des derniers survivants de la division SS Charlemagne, unité de la Waffen-SS formée de Français. Dans les derniers jours du Troisième Reich, des unités de cette division combattaient à Berlin, et participèrent à la défense du Reichstag. Christian de La Mazière fut fait prisonnier en Poméranie par les troupes polonaises (qui le laissèrent en vie, grâce à sa connaissance du polonais), et fut remis aux autorités soviétiques, puis françaises. Après avoir essayé de se faire passer pour un ancien membre du STO pour éviter d'être jugé comme ancien membre de la Waffen-SS, il est démasqué, puis condamné à cinq ans de prison en 1946 et frappé d'indignité nationale pendant dix ans. Il est gracié par Vincent Auriol en 1948.

Sorti de la maison centrale de Clairvaux, il occupe différentes fonctions au cours des années suivantes, travaille dans le journalisme (notamment à L'Écho de la Presse et de la Publicité et à La Correspondance de la Presse de Georges Bérard-Quélin), puis entre chez le grand distributeur de films Cinédis, ce qui l'introduit dans le monde du cinéma. Il devient ensuite impresario, attaché de presse de réalisateurs et d'acteurs, monte une agence de relations publiques en 1952, International Show, qui fut une revue de presse d'acteurs et d'actrices du cinéma, et fréquente les milieux du show-business, notamment Jean Gabin, Michel Audiard, René Clair, Pierre Brasseuretc. Il fut même un temps le compagnon de Juliette Gréco, puis de Dalida, ainsi que de Brigitte Bardot.

En 1969, il est contacté par André Harris qui le presse de raconter dans un film son expérience dans la SS, un épisode sur lequel il pensait avoir tiré un trait depuis un quart de siècle. Christian de la Mazière se laisse convaincre. Le film sera Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, qui évoque la vie des Français sous l'occupation allemande. L'intervention qu'y fait l'ancien SS sera très remarquée, mais sonne le glas de son agence de relations publiques, ses clients s'en détournant. Deux ans après la sortie du film, il fait le bilan de son engagement passé à travers un livre, Le Rêveur casqué, qui fait l'objet de plusieurs éditions et traductions, et qui (c'est du moins ce qu'il écrira trente ans plus tard) aurait inspiré à Georges Brassens la chanson Mourir pour des idées (1972). À noter qu'il s'y attribue un grade d'officier, alors qu'il n'a été au mieux que Rottenführer, l'équivalent d'un caporal-chef).

Il sera ensuite employé par Le Figaro Magazine et au Choc du mois, avant de rejoindre au Togo le président Gnassingbé Eyadema comme conseiller. Trente ans plus tard, il décrira ses années d'après-guerre dans Le Rêveur blessé, expliquant les conséquences de ses choix sur sa vie sociale et professionnelle.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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