Traité de réciprocité canado-américain

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Le traité de réciprocité canado-américain, aussi connu sous le nom de traité Elgin-Marcy, était un traité entre l'Amérique du Nord britannique et les États-Unis qui était en vigueur entre 1854 à 1866 et portait sur les matières premières.

Origines[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni adopta le libre-échange et abrogea les Corn Laws, qui imposaient des douanes sur les grains étrangers, les Nord-Américains britanniques durent trouver une nouvelle destination pour leurs exportations, en particulier pour le blé et le bois. Le Traité de réciprocité fut alors négocié par les britanniques au nom des Canadiens. Le , les Américains acceptèrent d'éliminer les douanes de 21 % sur les importations de ressources naturelles.

En échange, les Américains reçurent des droits de pêche sur la côte est canadien. Le traité comprenait également des droits de navigation pour les deux parties sur les lacs et rivières.

Effets[modifier | modifier le code]

Au Canada, il y eut longtemps un débat à propos des effets réels de ce traité. Après sa mise en vigueur, on vit une nette progression des exportations canadiennes à destination des États-Unis et un essor rapide de l'économie canadienne, surtout dans le sud de l'Ontario. Durant les années qui suivirent, les économistes canadiens jugèrent cette ère de réciprocité comme une période faste pour l'économie de leur pays. Les exportations vers les États-Unis augmentèrent de 33 % après le traité, mais les importations américaines n'augmentèrent elles que de 7 %. Dix ans plus tard, les échanges avaient doublé de volume entre les deux pays.

Après la Seconde Guerre mondiale, cette opinion positive fut contestée. En particulier, les historiens L.H. Officer et L.B. Smith, de l'Université de Toronto crurent que l'essor des échanges était en fait dû à l'introduction du transport ferroviaire au Canada et par les besoins accrus en ressources des États-Unis causés par la Guerre de sécession.

De plus, ils remirent en cause également les chiffres avancés. Avant l'abrogation de la taxe d'importation, il y avait beaucoup de contrebande, mais l'annulation des douanes eut pour effet légaliser ces échanges illégaux et donc d'augmenter les statistiques, sans qu'il y ait une réelle augmentation du nombre de transactions commerciales et donc d'un essor économique.

En 1855. il y avait peu de récoltes de blé aux États-Unis et au Royaume-Uni, et le blé ne venait plus de Russie à cause de la guerre de Crimée. Tout cela amena à une période faste pour le blé canadien, qui n'était soumis à aucune douane.

Il a été également avancé que ces exportations massives eurent un effet négatif pour la production canadienne, notamment les exportations de lait et d'orge, qui affectèrent les productions de fromage et de bière.

Fin[modifier | modifier le code]

En 1866, le traité fut abrogé par les Américains, qui estimaient que seul le Canada en profitait et en protestation contre la taxe Cayley-Galt, imposée par la province du Canada sur les produits manufacturés.

Il a été également suggéré que les États-Unis étaient ulcérés par le support non officiel britannique aux États confédérés pendant la Guerre de sécession. Les Américains voulaient apaiser leur colère en faisant payer le prix aux colonies britanniques.

Cette situation inquiéta le Canada et fut un des facteurs déclencheurs de la création de la confédération canadienne en 1867. Après la création du nouveau pays, les Canadiens essayèrent de rétablir ce lien de réciprocité, mais les Américains refusèrent.

Finalement, le premier ministre canadien, John A. Macdonald, décida de mettre en place un système de taxes qui sera connu sous le nom de politique nationale.

En 1911, un accord de libre-échange négocié entre les libéraux, dirigés par le premier ministre canadien, Wilfrid Laurier, et le président américain, William Howard Taft, fut rejeté lors l'élection fédérale canadienne de 1911.

Les deux nations se joignirent le Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce après la Seconde Guerre mondiale, et les douanes commencèrent à décliner peu à peu. Il fallut attendre l'Accord de libre-échange canado-américain (Accord de libre-échange canado-américain), mis en place en 1988 par les conservateurs, dirigés par le premier ministre canadien, Brian Mulroney, pour un retour au libre-échange entre les deux pays.