Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay

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Charles-Henri-Louis d'Arsac
de Ternay
Chevalier de Ternay
Image illustrative de l'article Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay
Portrait du chevalier de Ternay
Biographie
Naissance
Angers
Décès
Duc de Bourgogne
Ordre religieux Ordre de Saint-Jean
de Jérusalem
Chevalier de l'Ordre
Autres fonctions
Fonction laïque
Chef d'escadre
Gouverneur des Isles de France et de Bourbon

Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay, dit le « chevalier de Ternay », né le à Angers[1] et mort le à l'âge de 57 ans, à Newport, est un officier de marine français. Il se distingue lors de la guerre de Sept Ans et la guerre d'indépendance des États-Unis. Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre des armées navales, sous le règne de Louis XVI.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Charles-Henri-Louis d'Arsac naît le sans doute à Angers de l'union de Charles-François d'Arsac, marquis de Ternay et de Louise Lefebvre de Laubrière, sœur de Charles-François. Son frère aîné, Gabriel (né en 1721) s'engage dans l'armée de terre et devait être élu député de la noblesse aux États généraux de 1789. Comme beaucoup de fils cadets de familles noble, le jeune Charles-Henri est destiné à entrer dans les ordres ou à suivre une carrière militaire.

Le , il est présenté de minorité dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[2], il est page du grand maître à l'âge de 14 ans. Le , il entre dans la Marine royale et intègre une compagnie de gardes de la Marine au département de Toulon[3]. Il servira toute sa vie dans ce corps, gravissant les échelons un à un, jusqu'au grade de capitaine de vaisseau en 1761. De 1749 à 1752, il est à Malte comme chevalier, avant de devenir lieutenant-commandant à Toulon en . Ayant prononcé les quatre vœux monastiques de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem comme frère et chevalier il ne se maria pas[réf. nécessaire].

Carrière militaire et principaux faits d'armes[modifier | modifier le code]

Guerre de Sept Ans[modifier | modifier le code]

Vue de la descente à Terre Neuve par le chevalier de Ternay en 1762.

Le , il est nommé capitaine et prend à Brest le commandement du Robuste[4]. Il dirige la flotte française réfugiée dans la baie de Vilaine à la suite de la bataille des Cardinaux.

En 1762, le duc de Choiseul le nomme responsable d'une expédition secrète où il est chargé de ravager les côtes de Terre-Neuve, prendre Saint-Jean et affaiblir la flotte britannique stationnant dans la région. Ces diverses manœuvres ayant pour but de réaffirmer la présence française en Amérique du Nord et à terme d'attaquer le Canada un an après en 1763.

Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay.

Il dirige une flotte de cinq navires, avec à bord 750 militaires dont 161 Irlandais recrutés à Terre-Neuve. Ternay part de Brest le avec deux vaisseaux de ligne, une frégate et deux flûtes. Il rejoint la ville de Saint-Jean en juin, capturée par les troupes d'infanterie du colonel Joseph-Louis-Bernard Cléron de d'Haussonville, et en fait sa base arrière.

Il mène à bien cette mission, détruisant systématiquement tous les établissements de pêche ennemis et capturant ou coulant 460 bateaux de toutes tailles.

Les pertes anglaises sont alors estimées à plus de 1 000 000 £ en dommages et intérêt.[réf. nécessaire]

A la suite de la défaite des troupes de l'infanterie française à la bataille de Signal Hill et face à une flotte britannique supérieure en nombre, il prend la décision de quitter Terre-Neuve pour rallier l'Europe avec ses vaisseaux ; abandonnant Haussonville et une partie de ses troupes face aux Anglais, qui devront capituler. Ayant sauvé sa flotte, Ternay ne sera pas sanctionné.

Poursuivi dans l'Atlantique par deux navires britanniques, il ne rejoint Brest que le , après s'être réfugié dans le port de La Corogne en Espagne.

Gouverneur dans l'océan Indien pendant la paix (1764-1775)[modifier | modifier le code]

De 1764 à 1769, il commanda divers navires.[Lesquels ?]

Le , il devint gouverneur de l'Isle de France et de Bourbon, et le de la même année, atteint le grade de brigadier des armées navales. En 1776, il est élevé au rang de chef d'escadre des armées navales.

Guerre d'indépendance des États-Unis[modifier | modifier le code]

En 1779, il reçoit le commandement du Saint-Esprit de 80 canons et reste en Europe. Il intègre l'armée navale franco-espagnole de 66 vaisseaux qui fait campagne pendant l' à l'entrée de la Manche en tentant vainement d'engager le combat contre la marine anglaise pour couvrir une nouvelle tentative de débarquement.

Plan du stationnement des troupes de Rochambeau et des vaisseaux de Ternay à Newport en 1780.

En 1780, il prend le commandement du Duc de Bourgogne et transporte avec succès les troupes du comte de Rochambeau au Nouveau Monde pour aider les Américains dans leur lutte contre les Anglais. Avec seulement huit vaisseaux de ligne, deux frégates et huit galiotes à bombes, il ne peut rien faire, une fois arrivé à Newport, face à une flotte britannique qui comptait treize vaisseaux de ligne de plus que la sienne et qui n'eut aucun mal à le bloquer. Cependant, il s'établit dans la place avec Rochambeau et son escadre y passe l'hiver sans que les Anglais puissent les en déloger. Il participe en , à Hartford (Connecticut) à la première rencontre du général Washington avec ses nouveaux alliés, en qualité de commandant des forces navales françaises et en compagnie du comte de Rochambeau, puis s'occupe de fortifier la ville.

C'est à bord du Duc de Bourgogne, dans la rade de Newport dans l'état du Rhode Island, victime de la fièvre putride, qu'il décède en 1780 après huit jours de maladie. Il est remplacé par le chef d'escadre Destouches, en attendant l'arrivée de Barras de Saint-Laurent en .

Amitié avec Lapérouse[modifier | modifier le code]

Appelé à devenir amiral[réf. nécessaire], le chevalier de Ternay forme La Pérouse, il devient son tuteur et ami. Ensemble, ils mèneront à bien les missions qui leur sont confiées et navigueront sur toutes les mers du monde. Apprenant la mort du chevalier de Ternay, La Pérouse dira « qu'il l'aimait comme un père » et en souvenir de leur amitié, lors de son expédition en Extrême-Orient de l', il baptise du nom de baie de Ternay un lieu qu'il avait observé sur la côte de Mandchourie environ 700 km au nord de Vladivostok en face du détroit de La Pérouse[5].

Cent-vingts ans plus tard, en 1908, est fondée la ville de Terney en Russie, qui aujourd'hui encore honore la mémoire de cet homme.

Hommages[modifier | modifier le code]

Deux stèles sont érigées en sa mémoire sur son lieu de mort et dans la baie de Ternay. La stèle située à Newport comporte le texte suivant :

« D.O.M.
Gît sous ce marbre
Charles Louis d'Arsac de Ternay
Chevalier non profex de l'Ordre de St Jean de Jérusalem, Issu d'une noble et ancienne Maison de Bretagne. Chef d'Escadre des Armées Navales de sa Majesté très Chrétienne. Citoyen Soldat. Officier Général, il a bien mérité de son Roi et de sa Patrie pendant quarante deux ans.

Après la fatale journée du Croisic, les vaisseaux du Roi ayant été dispersés dans les détroits dangereux et impraticables de la Vilaine, animé d'une heureuse audace et par un travail infatigable pendant les années 1760, 1761, en présence même de l'ennemi qui s'opposait à ses efforts, il les a arrachés aux gouffres profonds du fleuve et les a restitués aux ports qui leur étaient destinés.

En 1762 il s'empara de l'Isle de Tereneuve en Amérique.

En 1772, nommé Gouverneur des Isles de France et de Bourbon il s'est occupé tout entier pendant sept ans des avantages de la France et du bonheur des Colons qui étaient confiés à ses soins.

Envoyé en 1780 par le Roi très Chrétien au secours des États-Unis qui combattaient pour leur liberté, il prit poste à Rhode Island ; pendant qu'il se préparait à de nouvelles tentatives, il a succombé à Newport à une mort qui a coûté bien des larmes et des regrets à ses officiers à ses équipages, aux États-Unis, aux hommes vertueux et à ses proches le 19 décembre de la même année âgé de 58 ans.
Le Roi très Chrétien Juge et rémunérateur très équitable de la Vertu, pour consacrer à la postérité la mémoire d'un Général aussi respectable, a ordonné que l'on élevât ce Monument.
M.DCCLXXXIII[6] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. «  sans doute à Angers, ou près d'Angers, peut-être au château de Briançon », G. Cerbelaud Salagnac, article cité, p. 212
  2. L.de La Roque, op. cit., 1891, col. 12
  3. G. Cerbelaud Salagnac, article cité, p. 212
  4. G. Cerbelaud Salagnac, article cité, p. 213
  5. Lapérouse, Le voyage de Lapérouse annoté par J.B.B. de Lesseps : De Brest à Botany Bay, Escourbias, Pôles d'images, coll. « fac similé de 1831 », , 208 p. (ISBN 2-915561-05-2, lire en ligne), p. 118.
  6. Mercure de Newport, Juillet 1785, no 1841 avec la dépêche no 108

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleGeorges Cerbelaud-Salagnac, « La reprise de Terre-Neuve par les Français en 1762 », revue française d'histoire d'outre-mer, no 231,‎ (tome LXIII)
  • Louis de La Roque, Catalogue des chevaliers de Malte appelés successivement Chevaliers de l'Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, Paris, Alp Desaide, 1891.
  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'Histoire, Marines Éditions,
  • Maurice Linÿer de La Barbée, Le chevalier de Ternay : vie de Charles Henry Louis d'Arsac de Ternay, chef d'escadre des armées navales, 1723-1780, Grenoble, Éditions des 4 Seigneurs, , 670 p.
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française : des origines à nos jours, Rennes, éditions Ouest-France, , 427 p. (ISBN 2-7373-1129-2)
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, éditions Tallandier,
  • Étienne Taillemite et Maurice Dupont, Les Guerres navales françaises du Moyen Âge à la guerre du Golfe, coll. « Kronos », (ISBN 2-901952-21-6)
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8)
  • Michel Vergé-Franceschi, La Marine française au XVIIIe siècle, Sedes, , 451 p. (ISBN 978-2718195032)
  • André de Visme, Terre-Neuve 1762 : Dernier combat aux portes de la Nouvelle-France : Montréal, (ISBN 2-9808847-0-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]