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Chaos (film, 2001)

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Chaos

Réalisation Coline Serreau
Scénario Coline Serreau
Acteurs principaux Vincent Lindon
Catherine Frot
Rachida Brakni
Sociétés de production BAC Films
DH Film Service
Eniloc Films
France 2 Cinéma
Les Films Alain Sarde
Studiocanal
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 109 minutes
Sortie 2001

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Chaos est un film français réalisé par Coline Serreau, sorti en 2001.

Un couple en voiture aperçoit un soir, dans une petite rue parisienne, une jeune fille terrorisée courir en hurlant vers leur véhicule. Le mari, Paul, verrouille les portières, refusant de laisser monter à bord celle qui lui demande de l'aide. La jeune fille ne tarde alors pas à être rattrapée par des hommes qui la poursuivaient puis à être passée à tabac sous les yeux du couple. Paul craint des ennuis et interdit à son épouse Hélène d'appeler les secours. Il démarre en trombe en laissant la jeune fille gisant sur le sol.

Néanmoins, le lendemain, Hélène tente de retrouver la jeune fille. Il s'avère qu'elle a été emmenée dans un hôpital parisien et se trouve dans un profond coma. Désireuse d'aider celle qu'elle a malgré elle abandonnée la veille, Hélène décide de rester à son chevet, attendant son réveil.

La jeune fille va mettre du temps à lui donner sa confiance. Hélène va comprendre que cette dernière est pourchassée par des hommes de main, des proxénètes. Elle va parvenir à assommer l'un d'entre eux qui rôde sur le parvis de l'hôpital et le cacher sous une bâche en plastique qui recouvre entièrement son corps. Hélène offre de l'argent à un étudiant quelconque pour que ce dernier utilise les téléphones fixes de son campus. L'étudiant accepte. Il a mémorisé ce qu'Hélène veut que la police sache et répète fidèlement. Les policiers de l'arrondissement concerné apprennent donc ainsi la présence de l'individu et son passé criminel. Le proxénète se fait cueillir et placé sous les verrous.

Cette action faite pour le bien de la jeune blessée est ce qui va véritablement permettre à ces deux femmes de nouer le contact et de dialoguer.

La jeune fille décrit son passé à Hélène. Elle est prénommée Malika, elle est née en Algérie. Sa mère était là-bas la seule adulte pérenne du foyer. Il y eut tous les deux ans l'arrivée pour un mois du père de Malika, ce qui fit naître deux petits frères et une petite sœur, chacun à deux ans d'intervalle les uns des autres. Malika est l'aînée de sa fratrie.

Les quatre petits devenus orphelins de mère, assassinée pour crime d'honneur car elle trouva un autre compagnon que le père de ses enfants, ce dernier les fit rapatrier en France. Malika se retrouva, âgée de dix ans, à devoir gérer elle-même sa fratrie, c'est-à-dire la nourriture, le linge, les études, et s'occuper d'eux quatre sans aucune aide des deux autres adultes du foyer. En effet, le père n'est en rien actif dans l'appartement pour qui que ce soit d'autre que lui-même, et encore. L'épouse légitime voit avec une aigreur manifeste l'arrivée de quatre enfants non désirés et refuse net d'aider en quoi que ce soit vis-à-vis d'eux.

Malika, comme sa sœur Zora, est très bonne élève. Les garçons sont franchement paresseux et se laissent couler douce, prenant exemple sur leur fainéant de père, laissant tout fardeau de gestion du logis à la sœur.

L'aînée parvient à comprendre que le père s'apprête à la donner en mariage à un vieil homme algérien contre de l'argent. Cela lui apparaît limpide lorsque le vieux lui regarde les dents, comme à un animal de somme.

Elle avait alors seize ans et passait son bac avec un an d'avance.Lors de son embarquement pour l'Algérie sur un bateau à Marseille, Malika s'enfuit, sans papier ni argent. Au bout de quelques jours, elle est repérée par un proxénète qui, arès avoir gagné sa confiance, la rend prisonnière d'un réseau de proxénètes particulièrement cruels. Pour se servir d'elle à leurs fins, ils la violèrent huit à dix fois par jour (comme d'autres filles, qu'elle ne voyait pas, mais qu'elle entendait hurler) et la droguèrent à l'héroïne afin que cette dépendance puisse la restreindre sous leur domination. De plus, ils prirent la précaution de lui fournir un faux passeport au prénom de Noémie à présenter à la police en cas de contrôle d'identité, le vrai passeport de Malika se trouve en possession de son père.

À l'insu de ses proxénètes, Noémie parvient à force de volonté à se sevrer de la drogue, à la revendre et à cacher de l'argent. Elle demanda au chef de l'organisation de quitter les trottoirs de Marseille, où elle officiait depuis quatre ans, pour se rendre en Suisse où elle pouvait travailler en tant qu'hôtesse de luxe pour des clients fortunés. Appâté par l'argent qu'elle pourrait ainsi rapporter, elle qui est jeune et belle, le chef du réseau accepta.

Arrivée à Genève, Noémie séduit un certain Blanchet, multimillionnaire condamné par une maladie. Elle lui fit le grand jeu, et il se prit d'affection pour Malika et lui légua son argent et ses bijoux. Lorsque les ayants droit légitimes comprirent qu'ils s'étaient fait déposséder, ils créèrent un scandale dont les proxénètes prirent connaissance. Ayant repris possession de son véritable passepor chez son pèret, la jeune fiemme cacha l'argent dans une banque suisse sous son vrai nom. Hélas, les membres de l'organisation s'apercevant du subterfuge la traquèrent. Ils la frappèrent pour lui faire avouer où se trouvait l'argent de Blanchet. Ce fut en s'échappant, les proxénètes aux trousses, que Noémie croisa alors le chemin d'Hélène et Paul.

Malika et Hélène élaborent un plan visant à débarrasser la jeune fille de ses proxénètes une fois pour toutes. Noémie fait croire au chef de l'organisation que Touki, l'un des principaux proxénètes, a accepté de l'argent de la part de quelqu'un de haut placé. Bien évidemment, le chef n'en était pas informé. En représailles, ce dernier tue alors Touki juste sous le nez de policiers qui avaient été prévenus par un appel anonyme. Le chef de l'organisation est alors arrêté pour meurtre.

Parallèlement, Malika se sert de l'argent de Blanchet pour simuler une réconciliation avec sa famille, achetant pour eux des motos et autres appareils électriques, simplement pour revenir dans leurs rangs. Elle n'a aucun désir sincère à reprendre le contact avec la majorité des membres, qui sont toujours hypocrites bien plus qu’honnêtes... Malika ne fait cela que pour sa jeune sœur qui va bientôt avoir le même âge que celui où elle fut promise à un mariage forcé. Zora n'a pas la moindre idée de ce par quoi son aînée est passée et n'a pas compris non plus pourquoi elle s'était enfuie juste avant son bac - le père ne rendit pas la raison publique. Il va de soit, avec une famille qui laissait le poids du logis et de sa fratrie sur les épaules de Malika, que ce même poids ait été transféré, naturellement, sur celles de Zora.

Malika s'arrange pour parler avec Zora qui lui apprend qu'un vieux est venu, et qu'il a regardé ses dents, Malika lui explique son histoire et qu'elle aussi va être envoyée en Algérie pour un mariage arrangé. Zora ne croit pas son aînée et tout en se fâchant avec son frère pour qu'il aille s’occuper du repas, elle va vérifier auprès de son père. Puisque le frère qui n'a pas envie de faire le repas, il frappe Zora sans vergogne devant le père, ce dernier réclame que son fils ne frappe pas son visage. Zora comprend alors. Mais trop tard, elle embarque pour Marseille.

Malika accompagnée d'Hélène arrivent juste à temps lorsque Zora et son père sont en train d'embarquer. Zora prend ses affaires et rejoint sa soeur. Lorsque le père comprend que le mariage de Zora est compromis, il « offre à Malika sa malédiction ». Cette dernière lui répond  : « c'est la première fois que tu m'offres quelque chose ».

Elle se venge également de Paul en le séduisant, avec la complicité d'Hélène qui a perdu ses illusions sur son mari. Elle l'emmène sans le prévenir chez sa mère qu'il ne voit jamais.

Le dernier plan : Malika, Hélène, Zora et la mère de Paul sont assises paisibles côte à côte sur un banc, face à la mer.

Fiche technique

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Distribution

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La réalisatrice militante avec ce film veut dénoncer le proxénétisme, le machisme ordinaire et l'intégrisme musulman[1],[2].

Chaos éreinte le patriarcat tentaculaire et protéiforme, qu’il se déploie dans le cadre d’une famille bourgeoise, des intégrismes religieux, ou serve de principe moteur à des activités criminelles comme le proxénétisme[3]

C'est la troisième fois que Vincent Lindon tourne sous la direction de Coline Serreau, après La Crise en 1992 et La Belle Verte en 1996.

Un projet de remake aux États-Unis a été envisagé.

Distinctions

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Notes et références

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  1. « « Chaos », le film coup de poing de Coline Serreau », sur Le Parisien,
  2. « Coline Serreau et la fin de la domination masculine », sur Le Devoir,
  3. « Chaos. Uppercut au patriarcat. » (consulté le )

Liens externes

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