Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville

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Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville, (Louviers, Pékin, ), était un jésuite passionné de botanique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entre dans les ordres en 1727, séjourne au Canada de 1730 à 1739 puis part en tant que missionnaire en Chine en 1740. Il restera pendant 17 ans à la Cour impériale de Pékin. Il y est correspondant du Jardin du roi et fait parvenir à Bernard de Jussieu (1699-1777) et à Buffon (1707-1788) un grand nombre de graines d'arbres et arbustes avec la mention arbor incognita sinarum (arbre chinois inconnu).

On lui doit l'introduction en Europe en 1747 du Koelreuteria paniculata et du Sophora japonica, puis en 1751 de l'ailante, du Cedrela. C'est le premier européen à mentionner le fruit que l'on appelle de nos jours le kiwi[1].

Il a également transmis à la France des techniques chinoises de fabrication de vernis[2] et de salpêtre[3], ainsi qu'un dictionnaire manuscrit de termes chinois[4].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sériciculture[modifier | modifier le code]

En Chine, l'ailante est cultivé pour nourrir les chenilles des bombyx de l'ailante (Samia cynthia) qui produisent de la soie. D'Incarville en fera un important "Mémoire sur les vers à soie sauvage".

Flore[modifier | modifier le code]

Chéron d'Incarville a fait réaliser à Pékin, entre 1746 et 1747, un ouvrage composé de quatre cents dessins de plantes en couleurs accompagné du nom chinois de la plante représentée, en caractères chinois. Copié d’un important ouvrage de 1505 commandé par l’empereur Hongzhi, le "Yuzhi bencao pinhui jingyao", Essentiel classé de la matière médicale était conservé dans la bibliothèque impériale mais n'avait jamais été publié.

Le Père d’Incarville avait fait faire une copie de l’ouvrage entier qu’il comptait offrir à la bibliothèque royale et une copie des seuls dessins qui était destinée à Bernard de Jussieu. Malheureusement, le père jésuite mourut prématurément à Pékin avant d’avoir pu envoyer aucune des deux copies en France.

Au XVIIIe siècle, Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836) nommera l’Incarvillea en son hommage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A. R. Ferguson, « E. H. Wilson, Yichang, and the Kiwifruit », Arnoldia,‎ (lire en ligne)
  2. Jean Félix Watin, L'art du peintre, doreur, vernisseur, ouvrage utile aux artistes et aux amateurs qui veulent entreprendre de peindre, dorer et vernir toutes sortes de sujets en bâtimens, meubles, bijoux, equipages, etc, Paris, Grangé, (lire en ligne), page 291
  3. Pierre d'Incarville, Recueil de memoires et d'observations sur la formation & sur la fabrication du salpêtre. Par les commissaires nommés par l'Académie pour le jugement du prix du salpêtre. Chapitre "De la manière de fabriquer le salpêtre en Chine", Paris, Lacombe, (lire en ligne), page 618
  4. Paul Perny, Grammaire de la langue chinoise orale et écrite, Paris, Maisonneuve, Ernest Leroux et la librairie Lainé, , 248 p. (lire en ligne), page 38

Incarv. est l’abréviation botanique standard de Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville.

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