Centrale thermique de Provence

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Centrale de Gardanne

Centrale thermique de Provence
Image dans Infobox.
La centrale thermique de Provence (septembre 2015).
Administration
Pays
Région
Commune
Coordonnées
Propriétaire
Gazel Energie (EPH)
Caractéristiques
Type d'installation
Thermique
Énergie utilisée
Charbon et Biomasse (2020)
Puissance installée
745 MWVoir et modifier les données sur Wikidata
Production d’électricité
Production annuelle
868 GWh
Facteur de charge
21 %
Localisation sur la carte des Bouches-du-Rhône
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La centrale thermique de Provence plus communément appelée centrale de Gardanne, est une centrale thermique située sur les communes de Meyreuil et Gardanne, dans le bassin houiller de Provence dans le département des Bouches-du-Rhône. Elle fonctionne au charbon et à la biomasse et utilisant la technologie dite du lit fluidisé circulant (LFC)[1].

Elle dispose de la plus haute cheminée de France qui culmine à 297 m. En 2018, le directeur du site la présente comme « le troisième édifice le plus haut de France, après la tour Eiffel et le viaduc de Millau »[2].

En 2020, elle possédait 2 unités en fonctionnement, l'unité 5 de 595 MW fonctionnant au charbon et l'unité 4 de 150 MW fonctionnant à la biomasse pour une puissance installée de 745 MW. En 2017, la production d'électricité fut de 1,386 TWh, 1,2 TWh grâce au charbon et 186 GWh grâce au bois[3].

En anticipation de la loi PPE, la dernière tranche fonctionnant au charbon est définitivement arrêtée en décembre 2020.

Technique de la combustion en lit fluidisé[modifier | modifier le code]

La technique de la combustion en lit fluidisé circulant, utilisée dans l'unité 4 de la centrale, permet d'utiliser des charbons de mauvaise qualité, des déchets ou même de la biomasse. Le combustible est brûlé dans un lit de particules solides maintenues en suspension dans un courant d'air ascendant, à une température modérée avoisinant les 850 °C, ce qui évite la fusion des cendres et limite la production d'oxydes d’azote. Cette réduction des oxydes d’azote est également favorisée par une combustion étagée (réduction de la production de « NOx combustible »). On réduit aussi les émissions d’oxydes de soufre par injection de dolomie (calcaire) dans le lit[4].

Historique[modifier | modifier le code]

1953-1962 : Construction et mise en service des tranches 1, 2 et 3 (3 x 55 MW). Exploitation par les Houillères du Bassin de Provence, ultérieurement intégrées dans les Houillères de Bassin du Centre et du Midi (HBCM).

1967 : Mise en service de la tranche 4 d'une puissance de 250 MW.

1981 : Arrêt des tranches 1, 2 et 3. Début des travaux de construction de la tranche 5[5].

1984 : mise en service de la tranche 5 d'une puissance de 595 MW.

En septembre 2012, l'opérateur de la centrale, E.ON., confirme son projet de conversion en centrale à biomasse de l'unité 4. Elle passe en phase de test au début 2016. En 2018, l'unité Provence 4 Biomasse est mise en service avec une puissance de 150 MW.

En 2016, Uniper devient le propriétaire du site. Uniper étant issu de la scission des activités d'énergie fossile d'E.ON.

En décembre 2018, à la suite de l'annonce gouvernementale de l'arrêt des centrales à charbon françaises pour 2022, Uniper décide de vendre ses activités de production en France qui comprennent la centrale de Provence ainsi que la centrale Émile-Huchet, six parcs éoliens et deux centrales solaires au groupe tchèque EPH; la vente devant être effective courant 2019[6].

En juillet 2019, le site est repris par Gazel Energie, filiale du groupe tchèque EPH[7].

Le 22 décembre 2020, la dernière tranche fonctionnant au charbon, est définitivement arrêtée[8], « plus tôt que ne le lui demandait le gouvernement »[9].

Unité 4 à biomasse[modifier | modifier le code]

Le projet de conversion du charbon au bois de l’unité 4 (PR4) a été retenu dans le cadre de l’appel d’offres CRE4 organisé par la Commission de régulation de l'énergie en 2011, avec 3 objectifs : pérenniser les 174 emplois d’une centrale à charbon condamnée à fermer en 2015 ; ne pas supprimer la principale centrale électrique de la région Provence Alpes Côtes d’Azur alors que la région est en déficit chronique d’électricité ; avancer dans la transition énergétique en ayant recours au bois, une énergie renouvelable locale très abondante, largement sous-exploitée, source de feux de forêts, de pollution atmosphérique par brûlage à l’air libre, une source d’énergie renouvelable stockable et programmable à l'inverse des énergies renouvelables intermittentes. Démarrés fin 2014, les travaux de conversion de l’unité 4 à la biomasse ont duré deux années et coûté près de 300 millions €. Ils devraient diminuer de 77 % les émissions de CO2 de PR4. Le tarif bonifié accordé pour la vente de l’électricité de PR4 est de 115 €/MWh pendant une durée de 20 ans. PR4 utilise trois types de combustibles : des plaquettes forestières et de broyats de déchets verts, des broyats de bois de recyclage, une petite part de combustibles fossiles : du charbon cendreux en base et du gaz naturel et du fioul lourd en quantités marginales pour la montée en température de la chaudière. La biomasse forestière locale participe au démarrage à hauteur de 20 % du combustible biomasse et pourrait représenter 50 % après 10 ans. La partie de plaquettes forestières importées représente 55 % du combustible biomasse au démarrage et cette importation pourrait cesser au bout de 10 ans au profit d’une augmentation de l’approvisionnement local. Les bois d’élagage et de débroussaillement fourniront 15 % du biocombustible au démarrage et 40 % au bout de 10 ans. 10 % de la biomasse sera constituée de bois de recyclage de classe A (palettes, bois d’emballage) et B (issus de démolition, de mobilier). Au total, 850 000 tonnes de biocombustibles seront consommées annuellement. Ils seront complétés par des charbons cendreux de récupération à hauteur de 10 % du mix combustible de la centrale pour un tonnage annuel de 127 000 tonnes[10][source insuffisante].

L'unité 4 reconvertie à la biomasse a très vite fait face à des critiques concernant notamment l'approvisionnement en bois et l'absence de cogénération par récupération de la chaleur résiduelle[11].

Son autorisation d'exploiter est suspendue en juin 2017 à la suite de recours administratifs déposés par des organisations environnementales locales[12]. Un projet alternatif est alors présenté par les élus EELV : le rendement doit être amélioré grâce au chauffage urbain et à la co-génération. Le projet inclut aussi la production de CO2 utilisable par l’industrie, du photovoltaïque, du petit éolien et la mise en place d’une filière bois intégrant l’écoconstruction[13]. A la suite de l'appel déposé par l'exploitant et le ministre de l'environnement, une autorisation provisoire d'exploiter est délivrée en juillet 2017[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Centrale de Gardanne - Charbon propre : la Centrale à Lit Fluidisé la plus puissante au monde », sur lakko.fr (consulté le 28 juin 2014)
  2. Régine Meunier, « La centrale biomasse de Gardanne effraie le Var », sur varmatin.com, (consulté le 4 juillet 2018).
  3. RTE, « Registre national des installations de production d'électricité et de stockage (au 31 décembre 2017) », sur data.gouv.fr (consulté le 1er juillet 2019).
  4. Lucien Tua, « Centrales à lit fluidisé sous pression », sur techniques-ingenieur.fr, (consulté le 3 juin 2017)
  5. Historique de la centrale de PROVENCE (en bref), snet-electricite.fr, consulté le 10 décembre 2019
  6. Denis Cosnard, « Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky achète deux centrales électriques en France », sur lemonde.fr, (consulté le 24 décembre 2018).
  7. Gardanne : l'unité charbon de la centrale thermique devrait fermer à la fin de cette année, La Provence, 9 septembre 2020
  8. Fin de partie pour la centrale charbon de Gardanne, La Croix, 23 décembre 2020
  9. La centrale biomasse de Gazel Energie à Gardanne se prépare au redémarrage, L’Usine Nouvelle, 6 janvier 2021
  10. Plongée dans les entrailles de la centrale biomasse de Gardanne, Bioénergie International, 5 janvier 2018.
  11. Marine Messina, « Municipales : A Gardanne, la centrale de la discorde », sur Le Monde, (consulté le 5 juin 2016)
  12. « Gardanne : la centrale biomasse interdite d'exploitation », sur FIGARO, (consulté le 31 décembre 2018)
  13. « [Energie] Uniper veut vendre sa centrale de Gardanne », sur GoMet' (consulté le 31 décembre 2018)
  14. La-Croix.com, « À Gardanne, polémique autour de la centrale biomasse », sur La Croix, (consulté le 31 décembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]