Cédric Naudon

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Cédric Naudon est un homme d'affaires français, né le à Rabat sous le prénom Serge. Il est à l'origine du projet abandonné gastronomique et culturel « La Jeune Rue », dans le 3e arrondissement de Paris[1],[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les grands-parents de Cédric Naudon sont français et travaillent à l'Office chérifien des phosphates à Khouribga, au sud de Casablanca. C'est là que son père rencontre sa mère, d'origine italienne. Cédric est le troisième enfant de la famille, qui déménage ensuite à Neuilly-sur-Seine dans les années 1970.

Serge Naudon, alias Cédric Naudon, part aux États-Unis en 1990 où il étudie à l'université d'État de Californie[4].

À 21 ans, Serge Naudon lance, avec son cousin Didier Toledano, une marque de mode baptisée « Bo Gosse » [5].

Serge, devenu Cédric Naudon, entame sa carrière professionnelle dans l'immobilier et s'installe avec son épouse Catherine Michaux, au Canada en 1999. Ensemble, ils lancent une chaîne de magasins au Canada et aux États-Unis, grâce à l'appui du mari de la sœur de Catherine Michaux, Bruno Gaccio, qui apporte 700 000 € sous forme de prêts et d'actions. Celui-ci obtient de la justice québécoise, le 20 septembre 2005, la condamnation du couple Naudon à lui rembourser 742 000 euros[5],[6], sans que la décision ne soit encore exécutée en 2014[7].

De retour en France, Cédric crée en 2005 la société Polaris, spécialisée dans le consulting financier et des services d'« intermédiaire sportif », détenue par une société écran basée à Londres. En 2011, il crée la SARL immobilière « Rue Lauriston », dont l'actionnaire majoritaire est une société basée à l'île Maurice[1]. À la fin de la même année il crée une holding baptisée « Off », qui siège place Vendôme et dans laquelle il investit 2,5 millions d'euros. Elle détient notamment Synergis, une entreprise de rachat de crédits immobiliers à Strasbourg, et Behind the Scene, qui va lui servir à investir dans la gastronomie.

En 2012 Naudon rachète Le Sergent recruteur, une taverne de l'île Saint-Louis grâce à une avance de 880 000 euros consentie par le Crédit du Nord et la Caisse d'épargne île Saint-Louis. Il la fait rénover par Jaime Hayon et met aux cuisines Antonin Bonnet, apprenti de Michel Bras. En février 2013, le restaurant obtient une étoile au Michelin, et réalise un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros mais une perte de 300 000 euros.

Après avoir repris le restaurant argentin Anahi, puis, début juillet, il rachète Pan, un bistrot de la rue Martel (10e arrondissement) avant d'acquérir en octobre 2014, le restaurant Manger.

La Jeune Rue[modifier | modifier le code]

Fin mars 2014, Cédric Naudon dévoile dans L'Express le projet « La Jeune Rue », qui vise à transformer une portion du Marais située entre la place de la République et le Conservatoire national des arts et métiers[8]. Cette zone est comprise entre la rue du Vertbois, la rue Volta et la rue Notre-Dame-de-Nazareth. Elle comprendrait 36 boutiques dédiées à la gastronomie (poissons, épices, fromages, boucheries, pâtisserie, etc.), issue de l'agriculture biologique et cultivée à proximité de Paris. Il est initialement prévu que chaque lieu soit confié à un designer ou architecte reconnu internationalement : José Lévy et Vincent Darré (France), Andrea Branzi, Michele De Lucchi et Paola Navone (Italie), Patricia Urquiola et Jaime Hayon (Espagne), Tom Dixon et Jasper Morrison (Royaume-Uni), etc. Mais en décembre 2014, seule Paola Navone a créé un restaurant, Ibaji. Tous les autres ont quitté La Jeune Rue.

Le budget serait d'environ 30 millions d'euros, dont le tiers serait apporté par Cédric Naudon lui-même[9]. La Banque Publique d'Investissement (BPI) lui refuse un emprunt obligataire de 10 millions d'euros mais est garante de différents prêts à hauteur de 2,5 millions d'euros. La société Decacao, qui détient Jeff de Bruges entre au capital[7]. Une partie des fonds est apportée par des banques ; par exemple le financement du premier restaurant de la Jeune Rue est soutenu par le CIC à hauteur de 700 000 euros, par Oséo (300 000 €) et la Bred (7 000 €).

Face au retard pris par les travaux de la Jeune Rue[10], Cédric Naudon se sépare en décembre 2014 de 35 personnes dont des prestataires et salariés comme le designer José Levy[1]. L'ancien responsable des travaux saisit le juge pour bloquer les comptes des sociétés de Cédric Naudon afin d'être payé des 170 000 euros de prestations effectuées et d'une convention de prêt jamais remboursée pour 230 000 euros[10]. » Selon l'émission Le Supplément du 28 décembre 2014, sur Canal+, La Jeune Rue devrait 5 millions d'euros à différents prestataires[11]

Le 4 février 2015, Cédric Naudon et la Jeune rue sont mis en redressement judiciaire[12],[13],[14]. Le 17 mars 2015, les bureaux de la Jeune Rue sont perquisitionnés [15] et les procédures judiciaires engagées[16] aboutissent à son incarcération en détention préventive à la prison de Fleury-Merogis le 11 mars 2016 après avoir été mis en examen pour escroqueries et tentatives d'escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux, banqueroute par détournement d'actifs[17].

Le 15 juin 2015, par une ordonnance du Tribunal de Grande Instance, Cédric Naudon perd l'utilisation de la dénomination "La Jeune Rue" qu'il a usurpé à Paul-Henry Bizon, créateur de la marque à qui il l'a racheté avec un chèque sans provision.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c François Krug et Zineb Dryef, « La jeune rue à court de crédit », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Jay Cheshes, « Transforming Paris's Northern Marais into 'La Jeune Rue' », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  3. « La rue est à eux »,‎ , reportage multimédia sur La Jeune Rue réalisé par Stéphane De Langenhagen, Françoise Lambert, Alix Marnat, Anne Naudy et Jessica Sontag
  4. « La Jeune Rue dans l'impasse », sur leparisienmag.fr,‎ (consulté le 15 décembre 2014)
  5. a et b « Qui est Cédric Naudon ? Le mystérieux homme d’affaires de la Jeune Rue », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  6. « Jugement du 20 septembre 2005 », sur Scribd (consulté le 12 décembre 2014)
  7. a et b « Le président de la Jeune Rue au JDD : "j'ai vu trop grand..." », sur lejdd.fr,‎ (consulté le 15 décembre 2015)
  8. François-Régis Gaudry, « "La Jeune Rue" dans le Marais, le projet gastronomique et design qui va changer Paris », L'Express,‎ (lire en ligne)
  9. François Krug et Zineb Dryef, « À Paris, la rue du bon cherche sa voie », M le magazine du Monde,‎ (lire en ligne)
  10. a et b Marie-Anne Kleiber, « La « jeune rue » dans l'impasse », Le Journal du Dimanche,‎ (lire en ligne) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :2 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  11. « Le Supplément, spéciale Food »,‎
  12. « Une partie de "La Jeune Rue" mise en redressement judiciaire », sur Le JDD
  13. « Le patron de «la jeune rue» à la rue? », sur Libération.fr
  14. « La Jeune Rue, un « projet fou » devant le tribunal », sur Le Parisien
  15. « Perquisition fiscale dans les bureaux de la Jeune Rue », sur L'Obs,‎
  16. « La Jeune Rue à Paris: perquisition fiscale et procédures judiciaires en série », sur L'Express,‎
  17. [1]