Cécile Douard

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Cécile Douard
Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Cécile Douard, Cécile Leseine de son vrai nom (Rouen[1] le - Bruxelles le ), est une dessinatrice, peintre, graveuse, sculptrice, écrivaine et philanthrope belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

La hiercheuse (1896)[2].

Ses parents, Amédée Leseine et Eugénie Herlemont, comédiens parisiens, s'installent en 1870 à Bruges où le père dirige le théâtre de la ville. Quand, fuyant ses créanciers, le père disparaît, Édouard Serf, dit Douard, prend le relais du père. La famille vivra par intermittence à Mons, avant de s'y installer définitivement. Cécile Douard fréquente les écoles d'avant-garde, celle d'Isabelle Gatti de Gamond à Bruxelles, celle de Marie Popelin à Mons[3]. Elle commence sa formation d'artiste à Mons avec Auguste Danse qui lui donne des leçons de dessin. À Bruxelles, sa formation sera guidée par Jean-François Portaels, qui la recommande auprès du peintre Antoine Bourlard, directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Mons. Les académies étant, jusqu’en 1911, fermées aux femmes, c'est en élève privée qu'Antoine Bourlard acceptera de diriger sa formation de 1883 à 1886. En 1888 l'héritage légué par son père permet à Cécile Douard de construire son propre atelier, à côté de celui de Bourlard[4].

Cécile Douard connaît bien le Borinage et représente dans ses œuvres la dure vie des mineurs, de leurs femmes et de leurs enfants. À partir de 1883, trois ans après le départ de Vincent van Gogh, elle dessine et peint à Cuesmes, Flénu, Jemappes et ailleurs. Elle réalise des croquis spontanés dans les mines de charbon et les retravaille dans ses tableaux à l’huile, dans ses fusains, des dessins à la plume et des gravures. Sa manière de peindre, au réalisme rigoureux, témoigne de la condition ouvrière au Borinage à la fin du XIXe siècle et particulièrement du sort des femmes. Pour vivre, elle donne des cours de dessin aux jeunes filles de bonnes familles et réalise des portraits de personnalités montoises et de leurs proches.

À la suite d'une chute lors d’une inondation de la Trouille qui noie son atelier en 1892, elle perd un œil. À partir de 1898 elle perd progressivement la vue. En 1898, elle réalise son dernier tableau, Terril. Devenue totalement aveugle en 1899, année de la mort d'Antoine Bourlard, elle s'initie à l'écriture braille. Elle se consacre à l’étude du violon ; elle obtiendra un Premier prix au Conservatoire royal de Mons. Elle s’adonne aussi au modelage et à la sculpture. Elle donne des leçons de littérature française, d’anglais et d’histoire de l'art. Elle quitte Mons pour Bruxelles en 1904 et s'exprime bientôt par l'écriture, rédigeant notamment des œuvres autobiographiques. Cécile Douard s’investit activement dans la Ligue Braille dès sa création en 1922, et la préside de 1926 à 1937, contribuant grandement à asseoir la réputation de cette institution en Belgique et à l’étranger.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses œuvres se trouvent dans les collections de l'Artothèque de Mons, de la province de Hainaut (BPS22), du musée des beaux-arts de Bruxelles et de celui de Liège. Des œuvres sont également repris dans la photothèque de l'Institut royal du patrimoine artistique.

Elle a publié plusieurs ouvrages :

  • Impressions d'une seconde vie, Éditions Robert Sand, 1921
  • Paysages indistincts (1929)[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rue des Charrettes.
  2. Autre titre, La hiercheuse au repos. Collection de la province de Hainaut (BPS22).
  3. René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 422-423
  4. Vercheval-Vervoort.
  5. Jeanne Vercheval-Vervoort, Cécile Douard, un regard retrouvé, Liège, Imprimerie Bénard, p. 173

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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