Broussin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Loupe (homonymie).
Multiples broussins sur un cyprès plusieurs fois centenaire au Temple de Confucius de Pékin, Chine.

Un broussin, appelé aussi brogne, est un épicormique constitué d'un amas de bourgeons et de gourmands juxtaposés, pouvant former une grosse protubérance sur l'écorce. Un arbre couvert de broussins, ou arbre brogneux, est normalement déclassé en bois de charpente.

Cette excroissance ligneuse apparait sur le tronc ou sur les branches de certains arbres : broussin d'érable, d'orme, de buis, loupe d'amboyne, etc.

Les broussins situés près du sol peuvent se transformer en racines mais ce sont aussi souvent des points d’entrée pour les insectes foreurs et autres parasites. Ils sont généralement provoqués par un obstacle à la circulation de la sève (ordinairement la gelée).

Légende[modifier | modifier le code]

Comme les balais de sorcière, les broussins sont associés à la légende des sorcières utilisant comme monture des manches à balais à leur retour du sabbat (assemblée se déroulant dans un endroit retiré et sombre, souvent dans les bois appréciés pour leurs grands arbres protecteurs). Surprises par le jour au cours de leur chevauchée céleste ou fatiguées, elle se seraient reposées sur les arbres porteurs de broussins qui leur auraient servi de siège[1].

Confusions possibles[modifier | modifier le code]

Cette excroissance anormale est parfois confondue avec la « loupe » et le « chancre ». Le broussin issu d'un bourgeon épicormique est une protubérance formant des aspérités alors que la loupe possède une écorce rugueuse plus lisse et a pour origine la prolifération locale des cellules chargées de la fabrication du bois sous l’influence de bactéries parasites. Le chancre est une maladie causée par une bactérie ou un champignon qui provoque des boursouflures, des craquelures et des décollements de l’écorce. Loupes et broussins mettent rarement la vie de l’arbre en danger, contrairement au chancre[2].

Galerie[modifier | modifier le code]

Troncs en hélice[modifier | modifier le code]

Lisière d'un bois de hêtres dans le nord de la Meuse (France). La liane de chèvrefeuille a progressivement imposé au tronc de ce jeune frêne une croissance « en hélice »

« J’ai observé une tumeur qui s’élevait en spirale autour d’un coudrier âgé de neuf ans. Cette tumeur avait été causée par un chèvrefeuille qui s’était étendu aussi en spirale autour du coudrier, dans le temps où cet arbre n’avait que quatre ans. Le chèvrefeuille et le coudrier ainsi unis l’un à l’autre, ayant pris de l’accroissement pendant cinq ans, il s’éleva sur le coudrier une tumeur qui s’étendait en spirale au-dessus du chèvrefeuille, et qui suivait les contours de ce ligament. La tumeur venait de ce que le cours de la sève descendante du coudrier avait été arrêté dans les endroits où il était serré par le chèvrefeuille, dont la sève avait aussi été supprimée par le contact du coudrier ; car cet arbre n’avait que quatre couches annuelles aux endroits du contact, comme elles y étaient lorsque le chèvrefeuille s’y était joint, et le chèvrefeuille n’avait qu’une couche annuelle aux endroits qui s’étaient appliqués contre le coudrier lorsqu’il l’avait entouré. »

— Daubenton, « Observations sur l’organisation des tumeurs, des excroissances, des broussins et des loupes du tronc et des branches des arbres », Mémoires d’agriculture (trimestre de printemps 1786) – pp. 65-66

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jardins de France, Société nationale d'horticulture de France, , p. 229.
  2. Daniel Kraus, Rita Buetler, Frank Krumm, Thibault Lachat, Laurent Larrieu, Ulrich Mergner, Yoan Paillet, Tomas Rydkvist, Andreas Schuck & Susanne Winter, « Catalogue des dendromicrohabitats Liste de référence pour les inventaires de terrain », Technical report,‎ , p. 11 (DOI 10.13140/rg.2.2.10273.71528).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :