Cambium

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1- La moelle
2- Le duramen
3- L'aubier
4- Le cambium
5- Le liber
6- Le suber.

Le cambium (du latin cambiare, changer) est une fine couche de cellules méristématiques située entre le bois (ou xylème secondaire) et le liber (ou phloème secondaire).
Présent dans les tiges et les racines des dicotylédones pluriannuelles et des gymnospermes, c'est un méristème secondaire (assurant la croissance en diamètre) de ces plantes. Il se forme à partir du procambium, couche unicellulaire.
Le cambium est bien connu dans la pratique du greffage car la réussite de la greffe dépend de la bonne mise en contact des cambiums du porte-greffe et du greffon.

Cambium et méristèmes secondaires[modifier | modifier le code]

On distingue deux types de méristèmes secondaires[1] :

  • la zone génératrice libéroligneuse ou cambium vasculaire (terme anglo-saxon) ou assise libéro-ligneuse (ALL), qui met en place les vaisseaux conducteurs secondaires. C'est la plupart du temps une couche cylindrique mince qui différencie, au sein de la racine et de la tige :
    • vers l'intérieur : le bois (ou xylème II). Les nouvelles cellules créées se différencieront en grandes cellules lignifiées de xylème secondaire ou bois,
    • vers l'extérieur : le liber (ou phloème II). Les nouvelles cellules créées deviendront des cellules de phloème secondaire ou liber de petites dimensions, vivantes, mais sans noyau et sans épaississements de lignine[a] ;
    L'activité de cette assise de cellules cesse en hiver et reprend au printemps.
  • la zone génératrice subéro-phellodermique ou phellogène ou assise subéro-phellodermique (ASP), située vers la périphérie de la tige ou de la racine, qui met en place les tissus externes :
    • le phelloderme vers le centre de la tige, pas toujours présent,
    • le liège vers l'extérieur.

Un phellogène est actif quelques années, puis est remplacé par une nouvelle assise qui se développe au sein du phloème secondaire. Ce processus pluriannuel conduit à la formation de structures présentant une relative complexité. Le phellogène le plus interne détermine la limite au-delà de laquelle tous les tissus périphériques, constitués de cellules mortes, forment le rhytidome. Sous le phelloderme le plus récent, se trouve l'écorce interne (liber au sens strict) constituée de cellules vivantes.

Schéma simplifié de la mise en place et du fonctionnement du cambium

Notons que le terme cambium, en français, est réservé à la seule zone génératrice libéroligneuse.

L'anneau cambial[modifier | modifier le code]

La zone génératrice libéroligneuse n'étant composée que d'une seule assise de cellules, elle se présente de façon sinueuse puis, à mesure de l'accroissement du diamètre, sous la forme d'un cylindre[2] appelé parfois « anneau cambial ».

Un cambium se crée à partir des cellules de parenchyme interfasciculaire[b] qui subissent une dédifférenciation[3]. Un anneau complet est issu de la fusion de deux types de zones cellulaires : les cellules de cambium interfasciculaire[b] et les cellules du cambium intrafasciculaire[c]. Cette fusion forme ainsi l'anneau cambial.

Chez certaines plantes, notamment les plantes ligneuses dicotylédones, un anneau cambial se forme dès que la croissance en longueur cesse, parfois après une dizaine de jours, la structure secondaire débute, le phellogène s'initiera plus tard.

L'accroissement en diamètre peut provoquer des inclusions.

Chez d'autres plantes, en particulier les monocotylédones, on ne retrouve du cambium qu'à l'intérieur des faisceaux vasculaires[4], entre le xylème primaire et le phloème primaire. Ce cambium étant discontinu, on ne parle alors plus d'anneau cambial.

Chez les monocotylédones, l'absence de cambium et son corollaire, l'absence de formations secondaires rend mécaniquement difficile la ramification de l'appareil végétatif[5].

Notons que le terme cambium, en français, est réservé à la seule zone génératrice libéroligneuse.

Alimentation humaine[modifier | modifier le code]

Le cambium des arbres a été consommé par les humains en tant que ressource alimentaire. Il faut éviter de prélever le cambium tout autour d’un arbre car cela le tuerait[6].

Le cambium des arbres suivants est comestible et a été consommé[6] : saule (Salix alba), hêtre (Fagus sylvatica, Fagus orientalis), érable (tous), bouleau (betula pendula[7]), tilleul (tous), orme (Ulmus glabra, Ulmus minor/campestris, Ulmus fulva), peuplier (Populus alba, Populus nigra, Populus tremula), frêne de de Pennsylvanie[7], et Pinaceae (tous). Plus précisément :

  • dans les pays du nord, le cambium de saule, de bouleau et de hêtre était mélangé à de la farine de céréales ;
  • en Norvège et en Chine, le cambium d'orme était mélangé à de la farine ; il était également donné aux bébés et aux malades ;
  • en Scandinavie, le cambium de hêtre et de bouleau était mélangé à de la farine ;
  • en Laponie et en Sibérie, le cambium de bouleau a été consommé ;
  • en Europe, le cambium des peupliers et de Pinus sylvestris a été consommé mélangé à de la farine ; plus largement, le cambium de la famille des Pinaceae était découpé en lanières et cuit comme des pâtes ;
  • en Asie, le cambium de peuplier a été consommé ;
  • le cambium de Pinus contorta a été consommé par les indiens ;
  • le tronc du sagoutier est l'alimentation de base des Korowai[8] et des Punan, qui sont des peuples chasseurs cueilleurs.

Le cambium et le phloème ont la capacité de se régénérer, si la blessure n'est pas trop étendue. Il faut un mois chez le peuplier pour que la nouvelle écorce se forme[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terme « secondaire » différencie ces nouveaux tissus du xylème et phloème primaires.
  2. a et b Cellules interfasciculaires : cellules situées entre les faisceaux vasculaires.
  3. Cellules intrafasciculaires : cellules situées à l'intérieur des faisceaux vasculaires.

Références[modifier | modifier le code]

  1. R. Heller, R. Esnault et C. Lance, Physiologie végétale, t. 2.Développement, Paris, Dunod, , 6e éd., 366 p. (ISBN 2-10-004497-4), p. 4.
  2. Prost P.-J., La botanique ses applications agricoles, t. I Morphologie, anatomie, physiologie de la reproduction, Paris, Baillière et Fils, , 1e éd., 328 p., p. 162
  3. Alain Routeaud, « LesAngiospermes », (consulté le 14 janvier 2010) : « Ce cambium s’individualise à partir de cellules parenchymateuses de tige, déjà relativement différenciées. Ces cellules subissent donc une dédifférenciation », p. 35
  4. Lüttge U., Kluge M. et Bauer G., Botanique : traité fondamental, Tec et Doc, , 3e éd., 588 p. (ISBN 2-7430-0141-0), p. 376
  5. Aymonin G.-G., Guignard J.-L. et Baillet A., Pourquoi les Monocotylédones ? Une introduction pour une clé, vol. 151 (Acta botanica gallica), t. 2, Châtenay-Malabry (France), Société botanique de France, , 8 p. (ISSN 1253-8078, lire en ligne), p. 139-146
  6. a et b François Couplan, Le régal végétal : plantes sauvages comestibles, Editions Ellebore, (ISBN 9782869851849, lire en ligne).
  7. a et b François Couplan, Cuisine sauvage: accommoder mille plantes oubliées, Editions Sang de la terre, (ISBN 9782869852457, lire en ligne)
  8. (fr) [vidéo] [1] sur YouTube
  9. Jia-Jia Chen, Jing Zhang et Xin-Qiang He, « Tissue regeneration after bark girdling: an ideal research tool to investigate plant vascular development and regeneration », Physiologia Plantarum, vol. 151, no 2,‎ , p. 147–155 (ISSN 1399-3054, PMID 24111607, DOI 10.1111/ppl.12112, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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