Bois augmenté

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Le bois augmenté est un matériau à base de bois créé par le chercheur français Timothée Boitouzet, combinant des caractéristiques mécaniques et les propriétés d'être moins sensible au pourrissement que le bois traité[réf. souhaitée] et translucide.

Origine[modifier | modifier le code]

Timothée Boitouzet, architecte ayant commencé sa formation au Japon[1], étudie ensuite la biologie moléculaire à l'Université Harvard, avant d'obtenir une bourse de recherche au Media Lab du MIT. Après avoir identifié la lignine comme responsable de la combustibilité[réf. souhaitée] du bois, il réussit à la remplacer par une résine chimiquement plus stable.

Il dépose dix-sept brevets à ce sujet et crée l'entreprise, Woodoo, en 2016[2],[3],[4]. Le procédé a reçu quarante prix[5],[2].

Production[modifier | modifier le code]

Le procédé fait appel à des solvants verts et à du dioxyde de carbone supercritique, en restant peu coûteux en énergie[6][source secondaire nécessaire].

Woodoo installe sa première usine à Troyes, les deux suivantes à Pont-sur-Seine et Lyon ; mais son modèle économique est celui d'un procédé fabless, c’est-à-dire qu’elle installe ses machines, ses procédés et ses équipes sur les sites de ses sous-traitants. À terme, le but de l'entreprise est de transformer le bois sur le lieu de production, dans les scieries[3],[2],[7].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

L'utilisation prévue est la construction en bois. Outre la plus grande résistance du bois augmenté, qui permet d'envisager des utilisations pour des constructions plus ambitieuses, ce matériau permet d'envisager l'utilisation d'essences peu employées pour la construction, comme le charme, le tremble ou le peuplier. Il constituerait également un moyen d'éviter le pourrissement d'arbres non utilisés[2].

Mais l'entreprise vise dans un premier temps une utilisation dans les domaines du design et du mobilier, puis en second œuvre, dans les façades, toitures et planchers, enfin dans les éléments structurels[8],[9].

Un projet de Woodoo est de construire une tour de trente-cinq étages avec une structure en bois augmenté[1].

Sous-produits[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, la lignine extraite est une ressource possible, notamment comme carburant vert : son extraction en fait un coproduit rentable[2].

Usages liés à la translucidité et à la conductivité[modifier | modifier le code]

Le bois augmenté possède la caractéristique, inattendue, d'être translucide, ce qui lui confère un potentiel de substitut des matières plastiques[2].

Par ailleurs, le bois augmenté s'avère être conducteur électrique. L'industrie automobile pourrait envisager des applications, notamment pour des écrans tactiles ou du moins des panneaux tactiles[10],[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « 4 questions à Woodoo », EDF, (consulté le ).
  2. a b c d e et f Annabelle Grelier, « Woodoo : du bois augmenté pour construire une ville plus saine et neutre en carbone », France Culture,‎ (lire en ligne).
  3. a et b « Le bois augmenté et translucide, le matériau du XXIe siècle ? », Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, (consulté le ).
  4. Cécile Thibaud, « L'inventeur du bois bionique translucide lance sa start-up Woodoo », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  5. (it) Costanza Peretti, « Augmented wood: un legno sostenibile multiutilizzo », Transizione Ecologica Italia, (consulté le ).
  6. Julien Chassagne, « Woodoo : bois augmenté, le matériau du futur ? », The Good Life,‎ (lire en ligne).
  7. Julien Chassagne, « Bois augmenté : Woodoo accélère et lance la production industrielle », L'Est-Éclair,‎ (ISSN 2491-4134, lire en ligne).
  8. « Innovation : Woodoo réinvente le bois pour les villes de demain », Bpifrance, (consulté le ).
  9. « Woodoo : la start-up qui veut réinventer la construction avec du bois renforcé », Challenges,‎ (lire en ligne).
  10. (en) Sarah Wild, « Transparent wood: the building material of the future? », Phys.org, (consulté le ).
  11. « Woodoo, ou comment le bois pourrait remplacer béton et plastique », Slate,‎ (lire en ligne).