Bernard Rosenblum

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Bernard Rosenblum
Biographie
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Albi
Nationalité
Activité

Bernard Rosenblum (né à Paris 12e le et décédé à Albi le [1],[2]) est un maître artisan d'art gainier, doreur et restaurateur des Musées nationaux, successeur de l'atelier de gainerie Bettenfeld. Il a été décoré de la Médaille de la déportation et de l'internement politique, ainsi que commandeur de l’Ordre de l’Éducation civique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entre en 1940 à l’École des beaux-arts d’Angers. Puis, en 1941, les lois d’exception du gouvernement de Vichy lui interdisent toutes études. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la Libération, il découvre le cuir successivement dans les ateliers Vial, Veil et Reperman dans lesquels il est employé en tant que contremaître, mais il trouve que la sellerie-maroquinerie n’est que technique et affaire de commerce. Il abandonne alors pour un moment la voie du cuir.

Ayant une attirance forte pour les arts, en particulier pour la peinture et la sculpture, il devient élève[3] d'Alberto Giacometti et d'Emmanuel Mané-Katz, pendant la grande période du quartier du Montparnasse.

Un ami de sa famille, qui était gainier, lui confie en 1960 des travaux de restauration d’objets anciens en cuir, lui permettant d’assurer sa subsistance pendant cette période à Montparnasse[4]. Il redécouvre le cuir et s’éprend de l’histoire de ce matériau. Il entreprend alors des recherches sur le cuir et les objets en cuir dans les musées et les bibliothèques.

Il s’installe en 1963, en tant que gainier-doreur, rue de Reuilly à Paris, dans le quartier de la rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il se crée très rapidement une excellente réputation. Au point qu’en 1965 Suzanne Bettenfeld lui propose de reprendre la succession du prestigieux Atelier Bettenfeld, qui devient Atelier Bettenfeld-Rosenblum. Dès lors, Bernard Rosenblum n’aura de cesse de développer et de maintenir cet héritage. Il collectionne l’outillage essentiel que sont les fers à dorer, roulettes et plaques à dorer, notamment en participant avec Roger Devauchelle au rachat de l’atelier Gruel-Engelmann[5].

Son prestige et sa célébrité s’amplifiant, il devient l’artisan restaurateur le plus prisé des musées nationaux, des décorateurs, des antiquaires, des grands de ce monde dans le monde entier ; le général de Gaulle, Jean Dutourd, Claude Lévi-Strauss, le roi du Maroc Hassan II, l’ex-cour d’Iran, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon

Il a travaillé pour le musée de l'Armée, Rueil-Malmaison, Saumur, Versailles, le Conservatoire de Paris, et d’autres.

Il a contribué à créer l’une des plus grandes collections d’après-guerre d’outils à dorer le cuir[6]. Selon l’ouvrage de Tom Conroy, Bookbindings Tool, son successeur est David Rosenblum, son fils[7]. L'Atelier Bettenfeld-Rosenblum se trouve aujourd’hui au 2, rue Titon à Paris[8], retournant ainsi à ses origines dans le faubourg Saint-Antoine et, depuis 2017, au 15 bis rue Sainte-Marguerite à Pantin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Relevé généalogique sur Filae
  2. Arts & Métiers du Livre, Disparition de Bernard Rosenblum, n° 260, juin-juillet 2007, Page 18.
  3. Bernard Rosenblum. De l’Artisanat d’art à la création contemporaine, documentaire de Dominique Mallegni, Institut des Hautes Études Cinématographique, 1974.
  4. Interview de Bernard Rosenblum Reportage Vidéo de 1984 sur youtube.
  5. Raymond Faivre, « Les trésors de l'atelier Bettenfeld-Rosenblum », Arts & Métiers du Livre, no 199, septembre-octobre 1996, p. 49-51.
  6. Masahiro Miyamoto, La Collection Bettenfeld-Rosenblum, 2000 motifs et ornements, Éditions Gakken, 1987.
  7. Tom Conroy, Bookbinders' Finishing Tool Makers 1780-1965, Oak Knoll Press, 2002.
  8. Myriam Boutoulle, « L'Atelier Bettenfeld-Rosenblum. 7500 fers à dorer », Connaissance des Arts, Hors-série no 560, décembre 2012, p. 22-24.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Différentes revues et ouvrages en France et à l’étranger de 1963 à 2007 ; Les Métiers d’Art, Marie-Claire-Japon, Connaissances des Arts, Art in America, Time, Maisons et Décorations
  • Bernard Rosenblum – De l’Artisanat d’Art à la Création Contemporaine, documentaire de Dominique Mallegni, Institut des Hautes Études Cinématographique, 1974.
  • Gainier Doreur d’Art de Tradition – l’atelier Bettenfeld Rosenblum, thèse de Marie-Claire Bernard, Musée national des Arts et Traditions populaires, 1976.
  • Trouvailles, no 31, octobre-novembre 1981, Dossier Artisan d’Art Bernard Rosenblum Gainier de Tradition.
  • Guide des Musées de France, 1984.
  • L’Atelier Bettenfeld-Rosenblum, reportage de France 3 Télévision (FR3), 1984.
  • La Collection Bettenfeld-Rosenblum, 2000 Motifs et Ornements, Masahiro Miyamoto, Éditions Gakken, 1987.
  • Bookbinders' Finishing Tool Makers 1780-1965, Tom Conroy, Éditions Oak Knoll Press, 2002.
  • Arts & Métiers du Livre", Les trésors de l'Atelier Bettenfeld-Rosenblum, no 199, septembre-, Page 49 à 51, Article de Raymond Faivre.
  • Arts & Métiers du Livre", Disparition de Bernard ROSENBLUM, no 260, Juin-, Page 18.
  • Aladin, Décès d'un Grand Artisan, no 226, 2007, p. 6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]