Bataille d'Ongal

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Bataille d'Ongal
Description de cette image, également commentée ci-après
Fondation du Premier Empire bulgare. L'armée d'Asparoukh est représentée par des flèches rouges, celle de Constantin IV par des flèches bleues.
Informations générales
Date Été 680
Lieu Plaine d'Ongal (Boudjak) au sud de l'Ukraine
Issue Victoire bulgare décisive
Belligérants
Labarum.svg Empire byzantin Premier Empire bulgare
Commandants
Constantin IV Asparoukh
Forces en présence
80 000 hommes au moins 80 000 hommes
Pertes
La quasi-totalité de l'armée Légères

Guerres byzantino-bulgares

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La bataille d'Ongal se déroule en 680 dans la région d'Ongal qui correspond aujourd'hui au sud-ouest de l'Ukraine au nord des bouches du Danube[1]. La bataille, opposant les Bulgares aux Byzantins, ouvre aux Bulgares le chemin des Balkans et le contrôle des tribus slaves déjà en train de s'installer dans cette région, ce qui débouchera sur l'émergence du Premier empire bulgare.

Prélude[modifier | modifier le code]

En 632, le khan Koubrat unifie les Bulgares au sein de la Grande Bulgarie entre la mer Noire et la mer Caspienne. Après sa mort dans les années 660, les États de ses fils, divisés, sont de plus en plus menacés par les attaques des Khazars venant de l'est. Batbayan, aîné des fils de Koubrat, hérite du trône avant d'être défait par les Khazars dont il doit se reconnaître vassal. Kouber prend la route du Nord et fonde la puissante Bulgarie de la Volga. Le troisième fils, Asparoukh marche vers l'Ouest et s'établit avec son peuple dans la région de l'Ongal[2], au nord du bas-Danube. De là, il lance des attaques contre les forteresses byzantines de la Paristrie. À cette époque, l'Empire byzantin est aussi en guerre contre les Arabes qui assiègent Constantinople. Cependant, en 680, les Byzantins défont les Arabes avec qui ils signent la paix. Après ce succès, l'empereur Constantin IV décide de se retourner contre les Bulgares pour faire cesser leurs attaques, et dirige une armée de 80 000 hommes et une puissante flotte de dromons et de mahonnes contre Asparoukh. Dans le même temps, le chef bulgare noue une alliance avec la confédération des Sept Tribus slaves, formant une confédération contre l'offensive grecque.

La bataille[modifier | modifier le code]

Plan de la bataille.

Les Bulgares ont construit des remparts en bois dans la zone marécageuse du nord des bouches du Danube. Les marais forcent les Byzantins à diviser leurs forces pour les embarquer sur les mahonnes, ce qui réduit la puissance de leurs attaques. En face, la défense bien organisée des Bulgares épuise les Grecs qui se trouvent à court de munitions et de vivres. De plus le bruit court que l'empereur, blessé à la jambe, serait allé à Messembria pour s'y soigner. Les légionnaires, s'estimant abandonnés, lèvent le siège et se replient vers le sud. Lorsque les Bulgares comprennent ce qui se passe, ils attaquent et défont sans difficulté un ennemi découragé : beaucoup de Grecs périssent et leur retraite se transforme en déroute chaotique.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après la victoire, les Bulgares avancent au sud du Danube dans les Balkans où ils s'emparent de la Paristrie et de la Mésie. En 681, ils passent les monts Haemos, occupent la Thrace et défont les Grecs une nouvelle fois. Le basileus Constantin IV se retrouve en mauvaise posture et doit leur demander la paix. Avec le traité de 681, les Byzantins reconnaissent la création d'un nouvel État bulgare en Gétique, Mésie, Paristrie et Scythie, et s'obligent à lui payer un tribut annuel. C'est une grande humiliation pour un empire ayant vaincu les Perses et plus récemment les Arabes.

Cette bataille est un moment important dans l'histoire des Balkans car elle permet la création d'un nouvel État qui fédère les Sklavinies de cette région et deviendra une importante puissance est-européenne aux IXe et Xe siècles au Nord de l'Empire byzantin et à l'Est des royaumes francs. Cet État, le Premier empire bulgare, devient aussi le centre culturel et spirituel de l'Europe slave durant tout le début du Moyen Âge.

Pour l'Empire byzantin, cette défaite s'inscrit dans le processus déjà commencé de perte de contrôle sur l'intérieur des terres des Balkans, commencé plus de cent ans auparavant avec les invasions slaves et avares. Le fait que l'Empire se voit contraint de payer un tribut à ce royaume, alors que jusqu'alors les tribus slaves reconnaissaient la souveraineté grecque sur les Balkans, va accélérer le processus, les Sklavinies passant les unes après les autres sous souveraineté bulgare ; aux VIIIe et IXe siècles Constantinople ne contrôle plus que les côtes de la péninsule balkanique, à majorité grecque[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les sites précis de la bataille d'Ongal ne sont pas connus car les sols meubles et souvent remaniés du Boudjak, de ses limans et des bouches du Danube ([1]) n'en ont pas gardé de traces archéologiques, de sorte que les descriptions des auteurs byzantins cités par Georg Ostrogorsky sont nos seules sources. La seule certitude est que jusqu'à cette bataille, les Byzantins contrôlaient la rive droite (sud) du Danube, les Bulgares lançant leurs attaques depuis la rive gauche (nord).
  2. Le nom d'Ongal a été rapproché de celui d'Oium cité trois siècles auparavant comme nom de cette région par Jordanès dans Getica, 4, 25-28.
  3. Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, éditions Payot, p. 158

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Ongal » (voir la liste des auteurs). (Exceptée la carte, conforme aux sources cartographiques citées mais géographiquement fausse et anachronique : la bonne version est ici.)
  • Georg Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, éditions Payot, 1996.
  • Атанас Пейчев и колектив, 1300 години на стража, Военно издателство, София 1984.
  • Йордан Андреев, Милчо Лалков, Българските ханове и царе, Велико Търново, 1996.