Bataille de Pliska

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Bataille de Pilska
Description de cette image, également commentée ci-après
Ruines de Pliska
Informations générales
Date 26 Juillet 811
Lieu Pliska (Bulgarie)
Issue victoire bulgare décisive
Belligérants
Labarum.svg Empire byzantin Bulgares
Commandants
Nicéphore Ier Khan Kroum
Forces en présence
60 000 - 80 000 (estimation)[1] 62 000 (estimation)[2]
Pertes
La quasi-totalité de l'armée, dont l'Empereur Inconnues

Guerres byzantino-bulgares

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Coordonnées 42° 55′ 39″ nord, 26° 40′ 06″ est

La bataille de Pliska ou de Virbitza est une bataille opposant le khan bulgare Kroum à l'empereur byzantin Nicéphore Ier le 26 juillet 811. Elle se conclut par l'une des plus grandes défaite de l'Empire byzantin.

Origine du conflit[modifier | modifier le code]

L'empereur Nicéphore entre en Bulgarie ; sa capture par Kroum. Illustration de la chronique de Jean Skylitzès.

À partir de 807, le khan Subigi (Sublime) Kroum s'engage dans une politique de défense des tribus slaves au sud des Balkans et de leur intégration au sein de la Confédération bulgaro-slave. Alternant des raids audacieux le long de la vallée de la Struma et des sièges des forteresses byzantines, il s'empare de Serdica (Sofia) en 809. Cela provoque une réaction de l'empereur byzantin Nicéphore Ier, qui décide d'établir les populations anatoliennes le long de la frontière pour la protéger.

Décidé à détruire la Bulgarie, Nicéphore Ier réunit une énorme armée en mai 811.

Le 10 juillet, il monte le camp à Marcellæ (en) (Μαρκέλλαι, Маркеле) près de la frontière avec la Bulgarie. Après avoir surmonté la résistance de la garde bulgare, l'armée byzantine, divisée en trois colonnes, chacune suivant des trajets différents, se dirige vers Pliska, la capitale bulgare le 20 juillet. La ville est prise le 23 juillet et ses défenseurs sont vaincus. Le khan Kroum propose alors de faire la paix, mais Nicéphore Ier la rejette.

Nicéphore Ier et son armée ont soumis les populations locales à des brutalités et des atrocités tellement incompréhensibles qu'elles frappaient même les chroniqueurs byzantins. Ils ont tué des femmes et des enfants férocement et sans aucun scrupule ni différenciation. Au milieu des saccages et des sauvageries inhumaines dans la capitale bulgare, Nicéphore Ier ne s'occupe que de sa rapacité et de son propre désir de pillage. Il s'approprie des trésors de l'État bulgare et les garde comme sa propriété. Selon Théophane le Confesseur il coupe même les oreilles et d'autres membres des soldats qui osent toucher à son butin.

Michel le Syrien, le patriarche des jacobites syriens au XIIe siècle, décrit dans sa Chronique les atrocités de Nicéphore Ier : « Nicéphore, l'empereur des Romains marcha contre les Bulgares : il fut victorieux et en tua un grand nombre. Il parvint jusqu'à leur capitale, s'en empara et la dévasta. Sa sauvagerie alla à ce point qu'il fit apporter leurs petits enfants, les fit étendre à terre et fit passer dessus des rouleaux à battre le grain. »

Abattu par les malheurs de son peuple, le khan Kroum s'humilie et réitère sa proposition de paix. Selon le chroniqueur Théophane le Confesseur, il aurait déclaré : « Et voilà, tu as vaincu. Prends tout ce que tu veux et va-t'en en paix. » Nicéphore Ier se moque du khan bulgare et ordonne la mise à feu et la destruction de son palais. Kroum déclare alors « Si tu ne veux pas la Paix tu vas tomber sous l'épée » et mobilise tous ses gens, y compris les femmes afin de mettre fin à la sauvagerie de Nicéphore et son armée.

La bataille et la mort de l'empereur Nicéphore Ier, 26 juillet 811[modifier | modifier le code]

Schéma de la bataille.

Pendant que Nicéphore et son armée sont occupés par la mise à sac de la capitale bulgare, Kroum mobilise ses troupes pour préparer des embuscades dans les défilés des Balkans. Lors de son retour vers Constantinople, l'empereur romain sent le vent tourner. L'empereur paniqué répète plusieurs fois à ses compagnons : « Même si nous avions des ailes nous ne pourrions pas échapper au péril. »[3]

À l'aube le 26 juillet les Byzantins sont piégés entre les douves et les barricades de bois dans le défilé de la Vărbica (en). Dans la bataille, Nicéphore Ier est tué ainsi qu'une grande partie de son armée. Beaucoup d'entre eux sont noyés dans le fleuve proche, ou sont tués quand les barricades sont mises à feu. Le fils de Nicéphore et futur empereur, Staurakios est mis en sécurité par la garde impériale. Paralysé par une blessure d'épée au cou[4],il meurt quelques mois après la bataille.

Selon la tradition, le khan bulgare Kroum a fait couvrir d’argent le crâne de l'empereur pour s’en servir comme d'une coupe à boire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ivanov, Ivo (June 2007). "The Address of a Victory". Bulgarian Soldier. 6: Online Edition (in Bulgarian).
  2. Scriptor Incertus, pp. 148–49
  3. Theophanes Confessor. Chronographia, pp. 489–92
  4. Ioannes Zonaras. Epistome historiatus, p.373

Sources[modifier | modifier le code]

  • Chronique de Michel le Syrien, éd. par J.–B. Chabot, t. III, fasc. I, Paris, 1905, p. 17.
  • Theophanes the Confessor, Chronicle, Éd. Carl de Boor, Leipzig.