Barrière États-Unis-Mexique

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Article général Pour un article plus général, voir Frontière entre les États-Unis et le Mexique.
La barrière à Tijuana en regardant vers l'est. À gauche : les États-Unis, à droite : le Mexique.
Plage de Tijuana sur l'Océan Pacifique. À gauche : le Mexique, à droite : les États-Unis.

La barrière États-Unis-Mexique, ou la grande muraille Etats-Unis-Mexique, est une séparation discontinue érigée par les États-Unis sur leur territoire, le long de sa frontière avec le Mexique rendue possible grâce à plusieurs clôtures et murs visant à empêcher l'immigration illégale importante en provenance de celui-ci, ainsi que le trafic de drogue, le flux de migrants mexicains étant considéré comme le « plus important flux migratoire de l'histoire de l'humanité »[1].

Secure Fence Act[modifier | modifier le code]

Le , avec 283 voix contre 138, le Congrès américain adopte le Secure Fence Act (en). 219 républicains et 64 démocrates ont voté « oui » contre 6 républicains, 131 démocrates et 1 indépendant qui ont voté contre. Le le Sénat fait de même (80 voix contre 19). 54 républicains et 23 démocrates ont voté « oui », contre 1 républicain, 17 démocrates et 1 indépendant qui ont voté « non ». Enfin, le , le président George W. Bush signe le Secure Fence Act. Selon certains sondages, 53 % des Américains étaient opposés à la promulgation du Secure Fence Act et donc de la construction de la barrière entre les États-Unis et le Mexique mais un sondage national publié le 29 juillet 2010 a révélé qu'une grande majorité des américains sont à cette date pour la construction d'une clôture le long de la frontière américaine avec le Mexique, avec 68 % en faveur et 21 % contre (marge d'erreur: + / - 3 points de pourcentage).

Budget[modifier | modifier le code]

Le budget initial du mur aurait été de 2 milliards de dollars, mais lorsque ce budget est annoncé, en 2006, les démocrates rétorquent que sa construction coûtera au moins 7 milliards de dollars. Aujourd’hui, des chiffres de 10 à 20 milliards sont évoqués.

Construction[modifier | modifier le code]

Longue de 1 300 km, cette barrière dont la construction commença en 2002, aurait limité de 25 % l'immigration mexicaine.

Depuis l'automne 2006, des travaux d'extension du mur sont en cours. 455 km de barrière furent élevés en 2007. À terme, la nouvelle clôture devrait atteindre plus 1 120 km de long entre la Californie et le Texas, soit un peu plus d'un tiers de la longueur totale de frontière qui compte 3 141 km.

Description technique[modifier | modifier le code]

Le mur est fait de cylindres d'acier de 5 mètres de haut, de sections de grillages et de béton ponctués de projecteurs et de caméras de surveillances détectant les mouvements aux abords du mur. La barrière possède 1 800 tours de surveillance, avec près de 18 000 hommes de la Border Patrol pour en assurer la surveillance.

Agent de la Border Patrol lisant ses droits à un mexicain arrêté pour transport de drogue.

Le mur se compose de 2 barrières parallèles entre lesquelles passe une route de patrouille destinée à la Border Patrol qui l'emprunte quand elle doit intervenir. Devant chaque barrière est creusé 1 fossé destiné à empêcher l'approche de véhicules et devant chaque fossé, a été érigée une ceinture de barbelés de plus de 2 mètres de hauteur. La largeur totale de l'installation est d'environ 40 mètres.

La barrière est aussi composée de barrières routières et de points de contrôle.

Cependant certains passeurs et trafiquants de drogue ingénieux parviennent à franchir la barrière grâce à des tunnels souterrains (il y en aurait plus de 200 selon les experts) ou font passer la marchandise par dessus le mur à l'aide de canons, de catapultes ou de drones. Ainsi en Janvier 2015 un drone chargé de plus 3 kg de stupéfiants a été retrouvé à Tijuana près du mur du côté mexicain.[2]

Réaction[modifier | modifier le code]

L'annonce de la construction du mur a suscité de vives réactions. L'Union européenne notamment, par l'intermédiaire de l'Espagnol Javier Solana, chef de la politique étrangère, l'a dénoncé en ces termes lors d'une conférence de presse à Mexico où il était en visite le 17 avril 2007 : Bruxelles estime que les immigrants doivent être traités « comme des personnes, pas comme des criminels », a encore ajouté Javier Solana[réf. nécessaire].

Le Mexique, quant à lui, a d'ores et déjà montré sa désapprobation en détruisant une partie du mur que les États-Unis avaient construit sur son territoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Books n°9, Octobre 2009, Dossier Les nouveaux murs de la peur
  2. « Un drone trop chargé de drogue s'écrase à la frontière américano-mexicaine. », Le Parisien,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles Bowden, Down by the River, Simon & Schuster, 2004.
  • Jean Munoz, États-Unis/Mexique, Géopolitique de la frontière, L'Harmattan, 2009.
  • Alexandra Novosseloff et Frank Neisse, Des murs entre les hommes, La Documentation française, 2007
  • Alexandra Novosseloff, « des murs du XXème siècle, entre enfermement et repli sur soi : les nouvelles fractures de la mondialisation », Diplomatie Magazine, no 41,‎ , p. 31-36

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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