Baccharis halimifolia

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Baccharis halimifolia, parfois appelée « Séneçon en arbre » ou « Bacchante de Virginie », est un arbuste à feuilles caduques du genre Baccharis et de la famille des Asteraceae. On le trouve du Sud-Est des États-Unis jusqu'au Nord (Maine). Il vit typiquement dans les plaines côtières et les secteurs humides.

Originaire de la côte orientale d’Amérique du Nord, il a été introduit en Europe comme plante d'ornement depuis le XVIIe siècle. Utilisé comme arbuste de haies ou pour stabiliser les digues ou les berges des cours d'eau, il est naturalisé en Europe et en Océanie[1].

Dans le calendrier républicain, la Bacchante était d'ailleurs le nom attribué au 21e jour du mois de brumaire[2].

L'espèce est parfois appelé « faux-cotonnier » ou « Séneçon en arbre » en raison des tapis de graines cotonneuses qu'il produit en automne.

Phytonymie[modifier | modifier le code]

L'étymologie de Baccharis est douteuse. Elle provient peut-être du grec Βάκχος, « extatique » (nom à l'origine du dieu Bacchus) en référence au parfum épicé de ses racines. Son épithète spécifique fait allusion à ses feuilles ressemblant au pourpier de mer Atriplex halimus[3].

Description[modifier | modifier le code]

La Bacchante forme des arbustes à feuillage caduc, de 1 à 4 m de hauteur en moyenne, pouvant atteindre 4 m. Il possède des branches dressées, très rameuses à rameaux glabres, couverts de minuscules écailles. Les feuilles alternes, de couleur vert tendre, sont elliptiques à obovales : les inférieures, de 3 à 7 cm de long et de 1 à 4 cm de large, ont un pétiole court et sont pourvues de trois à cinq dents de chaque côté. Les feuilles supérieures des rameaux florifères sont plus étroites avec une à trois dents de chaque côté. Ces rameaux se terminent par des panicules de capitules. Les capitules dioïques sont formées de 20 à 30 petites fleurs blanchâtres (fleurs femelles) ou jaunâtres (fleurs mâles), à pollinisation entomogame. Les fruits sont des akènes de 1 à 2 mm de long, pourvus d'une aigrette à leur extrémité, assurant la dissémination par le vent (anémochorie)[4]. Chaque pied peur produire jusqu'à 1 500 000 graines qui se dispersent de plusieurs mètres à quelques kilomètres autour de la plante[5].

Espèce envahissante[modifier | modifier le code]

En Europe cette espèce est inscrite sur la liste du 13 juillet 2016 des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union[6] conformément au règlement (UE) no 1143/2014[7]. Sa diffusion, vente, libération dans l'environnement sont interdites.

En Belgique, cette espèce est considérée comme invasive et sa plantation est interdite en Région wallonne depuis le 1er janvier 2013[8].

En France, elle est introduite de façon délibérée vers 1683 du fait de ses nombreuses qualités ornementales (vigueur, croissance rapide, tolérance au sel et au froid, absence de maladie)[4]. Elle est largement naturalisée dans de nombreuses zones littorales comme la périphérie du bassin d'Arcachon. Dans ces régions, le Baccharis est considéré comme une plante envahissante[9] et est devenu l'ennemi des paludiers et de la biodiversité, car il tend à remplacer la flore locale en formant des buissons particulièrement touffus. Le baccharis pousse vite (1,5 m en 3 ans). Il a déjà très sérieusement colonisé la presqu'île guérandaise, et sa présence se fait de plus en plus remarquer en Brière, où le problème existe également avec la jussie. Cette espèce est légalement inscrite sur la liste annexée à l'Arrêté du 14 février 2018 relatif aux espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain[10].

Une des solutions pour éradiquer le baccharis est de broyer les parcelles atteintes, puis de faire paître du bétail (ovins ou bovins) sur la parcelle les années suivantes pour brouter les repousses.

L'exemple d'un tel traitement sur l'île d'Hœdic (Morbihan) est rapporté en détail sous la forme de la Chronique d'une éradication par l'association naturaliste Bretagne Vivante dans le n°234 de sa revue Pen Ar Bed : de l'apparition de la plante dans ce milieu insulaire, datée du début des années 1990 (probablement lors d'une opération de débroussaillage mécanique, suivi de la prise de conscience de sa présence en 2003, avec dissémination de graines en provenance du continent), jusqu'à son éradication constatée depuis 2019, première année durant laquelle aucun pied n'aura été retrouvé (deux en 2018, éliminés)[11].

Toujours dans le Morbihan, mais cette fois sur le continent, à Séné en bordure du Golfe, des actions similaires se déroulent depuis 2013, sous l'impulsion conjointe de Bretagne Vivante, de la commune et d'un collectif Anti-Baccharis constitué dès 2015[12]. Le collectif a publié un premier bilan, après cinq années « de lutte » et une centaine de chantiers d'arrachages[13].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Toxique pour les hommes (certains insectes herbivores la consomment), elle pourrait contenir des alcaloïdes hépatotoxiques[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Steven H. Brown et Kim Cooperrider, « Baccharis halimifolia », University of Florida Institute of Food and Agricultural Service, 2011
  2. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 20.
  3. (en) D. Gledhill, The Names of Plants, Cambridge University Press, , p. 64
  4. a et b « Baccharis halimifolia L. », sur fcbn.fr (consulté le ).
  5. « Séneçon en arbre », sur codeplantesenvahissantes.fr (consulté le ).
  6. « Liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne »
  7. « RÈGLEMENT (UE) No 1143/2014 du parlement européen et du conseil du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes »
  8. Service public de Wallonie : Circulaire relative aux plantes exotiques envahissantes
  9. Liste des plantes envahissantes, éditée par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (juillet 2003)
  10. F. Mitteault, C. Geslain-Lanéelle et P. Dehaumont, « Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain », JORF, vol. texte n° 11, no 0044,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Arnaud Le Nevé, « Le séneçon en arbre Baccharis hamilifolia sur l'île d'Hoedic : chronique d'une éradication », sur bretagne-vivante.org, Pan Ar Bed, (consulté le )
  12. « Activité « anti-Baccharis » dans la commune de Séné – Séné Avenir & Solidarité » (consulté le )
  13. Daniel Lasne, « Baccharis à Séné (56): « On tient le bon bout ! » – Collectif Anti-Baccharis » (consulté le )
  14. François Couplan, Aimez vos plantes invasives. Mangez-les !, Quae, , p. 135.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]