August Neidhardt von Gneisenau
| August von Gneisenau | ||
August von Gneisenau (huile sur toile de George Dawe, 1818, Apsley House, Londres). | ||
| Naissance | Schildau, Électorat de Saxe |
|
|---|---|---|
| Décès | (à 70 ans) Posen, Grand-duché de Posen |
|
| Origine | ||
| Grade | Generalfeldmarschall | |
| Années de service | 1778 – 1831 | |
| Conflits | Guerre d'indépendance des États-Unis Guerres napoléoniennes |
|
| Distinctions | Pour le Mérite croix de fer 1re classe | |
| modifier |
||
August Wilhelm Antonius, comte Neidhardt von Gneisenau (né le à Schildau, près de Torgau – mort du choléra le à Posen) est un Generalfeldmarschall prussien qui combattit les armées de Napoléon et de ses alliés.
Biographie
[modifier | modifier le code]Avant 1806
[modifier | modifier le code]August von Gneisenau est issu d'une ancienne famille catholique de la noblesse autrichienne, les Neidhardt, dont le château était à Gneisenau (de), au nord du Danube. Son père était lieutenant d'artillerie engagé dans l'armée de l'électeur de Saxe. Il est instruit par les Jésuites à Wurzbourg, puis suit les cours de l'université d'Erfurt. Il devient cadet en 1778 dans un régiment de hussards « comte Wurmser » (de), sous le commandement de Dagobert Sigmund von Wurmser et s'engage en 1780 dans l'armée du margrave Charles-Frédéric d'Anspach-Bayreuth. Il est nommé Leutnant en 1782 sous le nom de Gneisenau et participe ensuite à une expédition en Amérique du Nord, le margrave ayant décidé de louer de ses soldats aux Anglais contre les colons américains se soulevant pour leur indépendance.
Il s'engage dans l'armée prussienne en 1786, sous le grade de premier-lieutenant. Un édit royal du l'autorise à se nommer Neidhardt von Gneisenau. Il entre dans un bataillon de fusiliers cantonné à Löwenberg et devient capitaine d'état-major en 1790. Il commande un bataillon en Pologne à partir de l'automne 1793. Deux ans plus tard, il est commandant. Gneisenau est l'auteur aussi à cette époque d'un certain nombre de documents topographiques et de travaux théoriques sur la topographie militaire.
De 1806 à 1813
[modifier | modifier le code]Lorsque la Grande Armée de Napoléon et de ses alliés s'engage en Europe en 1806 contre la Prusse et l'Autriche, Gneisenau commande un bataillon qui combat courageusement aux batailles de Saalfeld et d'Iéna, qui se soldent toutes deux par des défaites prussiennes. Il est promu major en .
Il est ensuite nommé commandant de la forteresse de Kolberg (ou selon l'orthographe française de l'époque Colberg), au bord de la mer Baltique, en . Cette position est importante pour la Prusse, car elle commande la côte baltique et la route de l'Est. Objet de convoitise des pays voisins[1], elle était redevenue prussienne (après une période russe d'un an), par le traité de Saint-Pétersbourg du () 1762 entre Frédéric le Grand et l'empereur Pierre III de Russie, germanophone et prussophile. Gneisenau tient la forteresse pendant le siège qui a lieu du au et empêche celle-ci de tomber aux mains des Français et de leurs alliés du Rhin. Ce n'est qu'à la signature du traité de Tilsit que les soldats en sont évacués. En récompense de ses services, Gneisenau est nommé Oberstleutnant.

Il décide alors de prendre une part importante à la rénovation de l'armée prussienne. Celle-ci, selon les termes du traité, était limitée à 42 000 hommes, qui pouvaient servir d'appui à l'armée de Napoléon, et la Prusse devait payer à la France d'énormes indemnités. Parallèlement, un courant romantique de réveil allemand se crée. L'écroulement de 1806 provoque dans tous les pays, principautés et souverainetés de l'ancien Empire romain germanique (supprimé en août par l'empereur François II, sous la pression de la nouvelle Europe napoléonienne) un besoin d'unité, tandis qu'une frange de l'opinion, notamment en Rhénanie, et certains milieux de Berlin s'affichent comme partisans de l'empereur des Français. C'est en Prusse, qui devient petit à petit le fer de lance de l'idée de l'unité allemande, que le besoin de réforme et de modernisation (pour combler son retard) se fait le plus pressant. En attendant, la Prusse est à genoux, des fonctionnaires français tiennent les rouages administratifs de la partie occupée du pays et la cour s'est retirée à Königsberg en province de Prusse-Orientale.
En 1808, à la demande du général Gerhard von Scharnhorst, Gneisenau intègre une commission chargée de la réorganisation de l'armée prussienne[2]. Le baron de Stein s'attelle aux réformes et provoque la méfiance de Frédéric-Guillaume III et la colère de Napoléon qui le déclare traître à son pays et « ennemi de la France » (). Gneisenau est lui aussi démis de ses fonctions, à l'été 1809, et doit quitter le royaume de Prusse. Il en profite pour voyager en Angleterre, en Suède et en Russie. La Prusse est devenue un satellite de la France.
Après 1813
[modifier | modifier le code]Il se trouve à Breslau en Silésie, lorsqu'il est nommé Generalmajor en 1813. Entre-temps, la Grande Armée a subi la retraite de Russie et la chance semble tourner pour Napoléon. Gneisenau s'engage sous le commandement de l'armée silésienne du général Gebhard von Blücher. Après la mort de Gerhard von Scharnhorst (blessé à la bataille de Lützen), Gneisenau est nommé chef de l'état-major de Blücher, en . Désormais, avec une armée modernisée et un ennemi fatigué, les Prussiens et leurs alliés s'engagent dans des batailles de plus en plus difficiles, dont certaines sont victorieuses et finalement provoquent la déroute des restes de la Grande Armée (bataille de Katzbach en , bataille des Nations autour de Leipzig en ). Gneisenau est nommé Generalleutnant après cette dernière bataille. Pendant l'absence de Blücher après la bataille de Laon, Gneisenau, se trouve de fait le chef de l'armée prussienne, pendant une quinzaine de jours.
Il reçoit l'Ordre Pour le Mérite avec feuilles de chêne, le . Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume et le tsar Alexandre font leur entrée dans Paris et Gneisenau est fait comte. La France, épuisée, est partiellement occupée pendant trois ans (avec l'intermède des Cent-Jours).
Gneisenau est nommé commandant de la VIII. Armee (VIIIe armée) du royaume de Prusse après la guerre. En 1818, il devient gouverneur de Berlin et membre du cabinet chargé des Affaires militaires et étrangères.
Le , il est nommé Generalfeldmarschall à Waterloo aux célébrations marquant le 10e anniversaire de la bataille.
Il reprend du service, en , lorsque Varsovie se soulève. Il meurt du choléra dans son quartier-général de Posen[3], quelque temps plus tard.
Descendance
[modifier | modifier le code]
Issu de son mariage Juliane Karoline Friederike, née baronne von Kottwitz (de) (1772-1832), ses fils, August, Hugo et Bruno, embrassent une carrière militaire. Sa fille Agnès (1800-1822) est mariée à Wilhelm von Scharnhorst, sa fille Hedwig (1805-1890) au comte Friedrich von Brühl (de), sa fille Emilie au comte Karl von Hohenthal au château de Püchau (de). Sa fille Ottilie est restée célibataire.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Kolberg a été possession suédoise de 1637 à 1721. Auparavant, la ville peuplée d'Allemands faisait partie de la Ligue Hanséatique et était vassale de la Pologne.
- ↑ Jacques Garnier, « Gneisenau (August Neidhart, comte von), 1760-1831, feld-maréchal prussien », dans Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, Fayard, (1re éd. 1987), 1866 p. (ISBN 2-213-02286-0), p. 807.
- ↑ D'après Joseph Fr. Michaud et Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, vol. 65, Paris, Michaud, , p. 438.
Filmographie
[modifier | modifier le code]- 1943/45 : Kolberg
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- Pièce de théâtre de Wolfgang Goetz (de) : Neidhardt von Gneisenau (1922)
- Le Gneisenau, navire de la Kriegsmarine
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Hans Delbrück, Das Leben des Feldmarschalls Grafen Neithardt von Gneisenau, Berlin, G. Reimer, (Google-Archiv, digitalisiert am 10.7.2007, Original von der New York Public Library)
- (de) Richard von Meerheimb, « Gneisenau, August Wilhelm Antonius Neidhart von », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 9, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 280-293
- Hans Otto: Gneisenau: Preußens unbequemer Patriot. Keil, Bonn 1983, (ISBN 3-921591-10-4).
- Georg Heinrich Pertz: Das Leben des Feldmarschalls Grafen Neitharth von Gneisenau. 3 Bde., Berlin 1864–1869, Bde. 4 und 5 fortgeführt von Hans Delbrück, 1879, 1880. [Große Biographie mit vielen Dokumenten].
- Kurt von Priesdorff: Soldatisches Führertum. Band 4, Hanseatische Verlagsanstalt Hamburg, o. O. [Hamburg], o. J. [1937], (de) « Publications de et sur August Neidhardt von Gneisenau », dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB)., S. 33–65, Nr. 1236.
- (de) Hermann Teske (de), « Gneisenau, August Wilhelm Anton Graf Neidhardt v. », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 6, Berlin, Duncker & Humblot, , p. 484–487 (original numérisé)
- (de) Gerhard Thiele, Gneisenau, Leben und Werk des königlich-preußisches Generalfeldmarschalls, Berlin, Verlag Berlin Brandenburg, 2007
- Constantin de Grunwald, Stein, ennemi de Napoléon, Paris, Grasset, 1936
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives conservées par : Archives Secrètes de l‘Héritage Culturel de Prusse (DE-611-BF-113487)
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Britannica
- Brockhaus
- Den Store Danske Encyklopædi
- Deutsche Biographie
- Dizionario di Storia
- Enciclopedia italiana
- Enciclopedia De Agostini
- Hrvatska Enciklopedija
- Internetowa encyklopedia PWN
- Nationalencyklopedin
- Proleksis enciklopedija
- Store norske leksikon
- Treccani
- Universalis
- Visuotinė lietuvių enciklopedija
- Generalfeldmarschall du royaume de Prusse
- Chef militaire prussien des guerres napoléoniennes
- Membre du conseil d'État du royaume de Prusse (1817-1918)
- Noblesse du royaume de Prusse
- Étudiant de l'université d'Erfurt
- Grand-croix de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière
- Chevalier de l'ordre Pour le Mérite avec feuilles de chêne
- Naissance en octobre 1760
- Naissance en Saxe
- Naissance dans l'électorat de Saxe
- Décès en août 1831
- Décès à Posen
- Décès dans le grand-duché de Posen
- Décès à 70 ans
- Mort du choléra