António Damásio

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António Damásio
Portrait de António Damásio
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (74 ans)
à LisbonneVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité PortugalVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Hanna Damasio (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de LisbonneVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Neurologue (en), psychologue, universitaire (d), essayiste (d) et professeur d'université (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de Californie du SudVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Prix Pessoa, docteur honoris causa de la Katholieke Universiteit Leuven (d) (), prix Princesse des Asturies de la recherche scientifique et technique (d) (), Ariëns Kappers Medal (en) (), prix Grawemeyer (), Golden Brain Award (en) (), prix Jean-Louis-Signoret (d) () et prix de Plasticité neuronale (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie européenne des sciences et des arts et Académie américaine des arts et des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata

António Rosa Damásio, né le à Lisbonne (Portugal), est médecin, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Il est le directeur de l'Institut pour l'étude neurologique de l'émotion et de la créativité de l'université de la Californie méridionale (University of Southern California) depuis 2005[1],[2], après avoir été le directeur du département de neurologie de l’Université de l'Iowa pendant 18 ans[3]. Il est également professeur adjoint au Salk Institute d'études de La Jolla[4] et écrivain.

Travaux et recherches[modifier | modifier le code]

Neuroscientifique, ses travaux portent sur l'étude des bases neuronales de la cognition et du comportement. Ils mettent en avant notamment l'importance des émotions et des sentiments dans les processus cognitifs[1].

Parmi ses principales découvertes, on notera :

  • la mise en évidence des activations des trajets corticaux et sous-corticaux dans la reconnaissance des visages et des objets ;
  • l'identification de sites neuronaux impliqués dans le processus des émotions ;
  • la théorie des marqueurs somatiques, démonstration que les émotions sont impliquées dans la prise de décision[4] ;
  • l'identification de régions limbiques et du tronc cérébral suspectées de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer ;
  • une théorie des mécanismes neuronaux de la mémorisation et de la remémoration, fondée sur le concept de zone de convergence-divergence (ZCD) [5],[4]

Plusieurs de ses ouvrages tels L'Erreur de Descartes (1995) sont devenus des succès de librairie[1].

L'Autre Moi-Même[modifier | modifier le code]

L’autre Moi-Même est un essai écrit par Antonio Damasio, traduit de l’anglais par Jean-Luc Fidel, publié en 2012 chez Odile Jacob. Son sous-titre est : Les nouvelles cartes de la conscience et des émotions. Damasio y traite de l’émergence de la conscience. Sa thèse est que le concept de « soi » est la clef de la compréhension de la conscience et que certaines émotions fondamentales sont à la base de la construction du protosoi et du soi-noyau. Cet ouvrage a reçu le prix du livre international Corine[6].

Le protosoi[modifier | modifier le code]

Le corps est au fondement de l’esprit conscient. En effet, la stabilité du fonctionnement biologique s’accompagne de cartes cérébrales et d’images mentales du corps, qui forment le protosoi. Il est en permanence lié au corps par une boucle de résonance. Cela le différencie des autres images mentales issues des sens externes.

Produits du protosoi et originaires du tronc cérébral, les sentiments primordiaux reflètent l’état du corps par le plaisir et la douleur, et se déclinent ensuite dans les différents sentiments émotionnels. Les images mentales plus complexes ne relevant pas du sentiment n’existent que parce qu’elles sont couplées avec des sentiments.

Le soi-noyau[modifier | modifier le code]

L’esprit conscient s’enracine donc dans la sensibilité de bas niveau produite par le tronc cérébral. Même si Damasio contredit sur ce point certains avis scientifiques actuels[7], il confirme qu’en revanche, la complexité des cartes du cortex cérébral est bien plus importante et que c’est bien elle qui produit le soi-noyau sur la base du protosoi. Le soi-noyau porte sur la relation entre un organisme et les objets extérieurs. Cette relation inclut des sentiments primordiaux impliquant le protosoi.

Le soi autobiographique[modifier | modifier le code]

Le soi autobiographique émerge alors de l’agrégation des multiples images du soi-noyau. On peut regrouper le protosoi et le soi-noyau dans le « moi matériel » de William James. Le soi autobiographique forme le « moi social » et le « moi spirituel », observables par l’introspection ou sur les actions d’autrui. Les sites cérébraux, dont la zone du thalamus dans le tronc cérébral, sont activés de concert pour produire le soi, qui prend ensuite le rôle du chef d’orchestre.

L’émergence simultanée d’une image d’objet et d’une image dans le protosoi modifiée par l’objet suffit à faire apparaître un soi-noyau simple. Si les images d’objet sont nombreuses, une coordination est nécessaire, mais cette coordination n’est pas localisée dans un site particulier du cortex cérébral, elle est produite par l’ensemble des aires activées.

L'homéostasie et la valeur biologique[modifier | modifier le code]

La conscience contribue à gérer et préserver la vie, mais n’est pas nécessaire pour cela. Des organismes sans soi le font également, guidés par la récompense et la punition qui incarne le concept de valeur biologique. Les unicellulaires, déjà, possèdent des dispositifs homéostatiques.

A un niveau élevé, on retrouve la notion d’homéostasie et de valeur biologique dans l’espace socio-culturel des animaux évolués et des humains. En témoignent l’accroissement de la tolérance et la diminution des violences observés dans l’histoire humaine. L’homéostasie biologique de base et l’homéostasie socio-culturelle interagissent.

L’esprit conscient est donc le résultat d’une évolution qui obéit au principe de préservation et d’amélioration de la valeur biologique, en liaison avec des mécanismes anciens et non conscient déjà présents au niveau cellulaire.

Dans Spinoza avait raison (2003), Damásio présente une synthèse encore plus achevée de ses propres travaux et hypothèses[8]. Tout en faisant référence aux découvertes neuroscientifiques les plus récentes, le neuropsychologue américain établit un lien avec la philosophie de Spinoza quand elle fait des émotions et des sentiments un moyen de nourrir la vie[9].

Autres[modifier | modifier le code]

Il a participé aux conférences du Mind and Life Institute, qui a pour but de promouvoir un dialogue entre la science et le bouddhisme. Il est marié à la scientifique Hanna Damasio avec qui il a coécrit plusieurs ouvrages.

Critiques[modifier | modifier le code]

Denis Kambouchner, dans son livre Descartes n'a pas dit, critique la lecture qu'il juge extrêmement hâtive et erronée que Damasio fait de Descartes dans son livre L'Erreur de Descartes, et s'attache à démontrer que Damasio n'a au fond rien lu sérieusement du philosophe français et qu'il ne s'appuie que sur de vagues on-dits circulant sur le compte de celui-ci[10].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Antonio Damasio, « L'ordre étrange des choses », La Recherche,‎ , p. 83 à 86
    extraits du livre et interview recueillie par V.G.
    .

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Antonio Damasio : « Je ne crois pas à des ordinateurs doués de conscience », entretien, lesechos.fr, 1er décembre 2017
  2. Florent Georgesco, Antonio Damasio dans l’inconnu de la vie, lemonde.fr, 2 décembre 2017
  3. Natalie Levisalles, Hanna et Antonio Damasio, les tourtereaux du cerveau, liberation.fr, 2 mai 1995
  4. a b et c Rencontre avec Antonio Damasio : La conscience est née des émotions, entretien, scienceshumaines.com, 8 février 2011
  5. (en) Kaspar Meyer, Antonio Damasio, Convergence and divergence in a neural architecture for recognition and memory, Trends in Neurosciences Vol.32 No.7, (2009) 376-382; Antonio Damasio, Time-locked multiregional retroactivation: A systems-level proposal for the neural substrates of recall and recognition, Cognition, 33 (1989) 25-62
  6. http://www.corine.de/chronik/index.php
  7. L'autre Moi-Même p31
  8. Jean-Paul Baquiast,Spinoza avait raison, automatesintelligents.com, août 2003
  9. Arnaud Grandguillaume et Charles Piroux, « A. Damasio. L’erreur de Descartes (1995) ; Le sentiment même de soi (1999) ; Spinoza avait raison (2003) », L'orientation scolaire et professionnelle, 33/3, 2004, mis en ligne le 28 septembre 2009, consulté le 3 mars 2018.
  10. Denis Kambouchner, Descartes n'a pas dit..., Paris, Les Belles Lettres, , 240 p. (ISBN 978-2251445236), p. Chapitre 17
  11. (en)European Academy of Sciences and Arts - Academia Scientiarum et Artium Europaea - Members sur www.euro-acad.eu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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