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Alfred Mame

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Alfred Mame
Alfred Mame[1].
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
ToursVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Père
Armand Mame (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Paul Mame (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Ernest Mame (cousin)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Éditions Mame, hôtel Mame, château des Touches (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Henry-Armand-Alfred Mame dit Alfred Mame, né le à Tours où il est mort le , est un imprimeur et éditeur français qui appartient à une longue lignée de libraires et d'imprimeurs angevins et tourangeaux des Éditions Mame.

Une dynastie d’éditeurs et d'imprimeurs

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Alfred Mame est le fils de l'imprimeur Armand Mame (1776-1848), lui-même issu d'une famille d'éditeurs et de libraires originaires d'Angers.

Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, Pierre-Charles Mame (1747-1825) fonde à Angers une librairie en 1778 et une imprimerie en 1781, essentiellement pour produire deux journaux. Le général Hoche a à un moment espéré épouser sa fille[2].

En 1802, il cède son imprimerie à son fils aîné Charles-Mathieu (1774-1842), dont la fille Émilie Rosine[3] épousera l'éditeur-libraire Charles Gosselin.

Le second fils de Charles Mame, Louis (1775-1839), devenu libraire et éditeur à Paris[4], publie des ouvrages de Germaine de Staël, mais les tracasseries de la police napoléonienne causent en partie sa ruine. Il se venge en éditant, aux derniers jours de l’Empire, le célèbre libelle de Chateaubriand : De Buonaparte et des Bourbons[5].

Le troisième fils de Charles Mame, Armand (1776-1848), développe à Tours une imprimerie que son père a fondée en 1796, et qui se charge des publications de la préfecture et de l’évêché. En 1833, il appelle à la direction son neveu et gendre Ernest Mame, futur maire de Tours, et son fils Alfred qui en prend seul la direction en 1845.

Homme d’affaires novateur

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Après avoir édité, en collaboration avec son cousin Ernest Mame[2], de 1833 à 1845, quelques ouvrages classiques et quelques livres de piété, Alfred conçoit et réalise, pour la première fois, l’idée de réunir dans la même maison éditrice, un certain nombre d’ateliers où seraient regroupées toutes les industries liées à la réalisation de livres : impression, reliure, vente et expédition. Par analogie avec la grande usine sidérurgique du Creusot, l’entreprise Mame est appelée le « Creusot littéraire »[6].

Mame publie les livres de la Bibliothèque de la jeunesse chrétienne. Le livre La Touraine, exposé à l’Exposition universelle de 1855, est le livre le plus richement illustré de son temps[7]. On trouve également dans le catalogue de l’entreprise une Bible avec des illustrations de Gustave Doré, le Charlemagne d'Alphonse Vétault, le Saint-Louis d'Henri Wallon, les Chefs-d’œuvre de la langue française.

Mame est aussi l’un des principaux propriétaires des papeteries[8] (dont il a été l'un des fondateurs avec Ernest Mame, Henri et Eugène Goüin, Charles de Montgolfier et Hettere). On pouvait donc dire qu’un livre, à partir du moment où les chiffons étaient transformés en papier jusqu’au moment où on procédait à la reliure, passait entre les mains d’une suite d’ouvriers qui dépendaient tous de Mame. Chaque jour, depuis 1865, il sort de la maison d’édition trois à quatre mille kilos de livres. De 600 ouvriers en 1848, Mame en emploie 1 200 en 1862 puis 1 500 en 1866[9].

En 1853, la maison Mame publie 4,5 millions de volumes par an ; en 1863, le nombre se monte à 6 millions[9] dont trois sont des livres reliés.

En 1858, la famille Mame se rend en vacances à Luchon, dans les Pyrénées. Les accompagne un jeune ami, Alfred Tonnellé, qui se découvre alors une vocation fulgurante de pyrénéiste[10] : il se lance dans l’exploration des sommets de la région, réalise la première ascension de la Forcanada, puis explore les montagnes du Haut-Aragon, enfin le reste de la chaîne pyrénéenne vers l’Est. Il rédige un journal de voyage qui est une des œuvres majeures du pyrénéisme, avant de mourir d’une typhoïde, à vingt-six ans. Ce journal et d’autres ouvrages de Tonnellé sont publiés par les éditions Mame et connaissent un vif succès.

Après le Second Empire, l'entreprise Alfred Mame et fils est devenu le deuxième éditeur religieux de France mais le premier relieur industriel et concepteur de cartonnage. Ces derniers sont réputés et reçoivent de nombreux prix[11].

Philanthropie

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Alfred Mame à la fin de sa vie.

Inspiré par l’idéal social catholique, Alfred Mame crée pour ses employés une caisse de retraite pour les plus de soixante ans[6], entièrement financée par l’entreprise. Il ouvre des écoles, ce qui lui vaut de recevoir un des prix de dix mille francs réservés aux « établissements modèles où régnaient au plus haut degré l’harmonie sociale et le bien-être des ouvriers ».

Vers 1870, il lance la création d'une cité ouvrière pour les employés de ses usines, comprenant un ensemble de cinquante-deux maisons. Le maire, son ami Eugène Goüin, donne le nom d'Alfred Mame à la nouvelle cité[12].

En 1874, il organise un système par lequel ses ouvriers participent aux profits de l’entreprise.

En 1890, il est un des présidents d'honneur, avec Eugène Goüin et Mgr Meignan, du comité conservateur formé pour l'érection d'une statue à Jeanne d'Arc.

Échec politique

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Alfred essaie à un moment, mais sans succès, d’entrer dans la vie politique. Après la dissolution de la Chambre des députés durant la crise du 16 mai 1877, il se présente comme candidat conservateur, favorable à Mac-Mahon à Tours[13], lors des élections législatives du dans le premier arrondissement de Tours, contre Antoine-Dieudonné Belle, le député républicain sortant et maire révoqué de Tours, qui a fondé à Tours la première école laïque pour les filles. Mame est battu avec 7 456 voix contre 12 006[14],[15].

Décoration

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  • 1874 : commandeur de la Légion d'honneur[16]

À la mort d’Alfred Mame, qui laisse une entreprise prospère, son fils Paul (1833-1903) — qui a épousé Marie Dalloz, héritière de la maison Dalloz — prend la tête de l’entreprise jusqu’en 1900.

Postérité : les éditions Mame

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Presse à balancier, imprimerie Mame à Tours.

Fondées par Pierre-Charles Mame à Angers en 1778, les établissements Mame se développent largement et atteignent leur apogée sous la direction d'Alfred Mame. Après la mort de celui-ci, les éditions maintiennent leur activité d'édition religieuse tout en se recentrant sur l'imprimerie et le façonnage.

La raison sociale Armand Mame et Cie est restée en usage jusqu'en 1863, avant de devenir Alfred Mame & fils, Tours.

Armand Mame (1864-1926) réussit à bien gérer la sortie de guerre et réalise des investissements immobiliers très bénéfiques sur la région de Tours. Le Missel quotidien des fidèles du père José Feder fut longtemps l'une des meilleures ventes de la maison.

En 1940, les locaux de Mame sont détruits par les bombardements de Tours. En 1945, Alfred Mame (1909-1994) reprend l'entreprise et lance en 1950 la construction d'une vaste usine totalement moderne, l'imprimerie Mame.

En 1980, la famille cède à Desclée de Brouwer l'entreprise qui est peu à peu reprise par le groupe Média-Participations.

Aujourd'hui, la marque Mame est partie intégrante du groupe Fleurus.

Notes et références

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  1. Paul Rochas — Archives départementales d'Indre-et-Loire.
  2. a et b Mame 1989, p. 16.
  3. Angers, 1797 - Paris, 1866.
  4. Il est l'un des premiers à éditer Balzac.
  5. Mame 1989, p. 17.
  6. a et b (en) Charles George Herbermann, Catholic Encyclopedia : Laprade-Mass, Appleton, 1950, p. 578.
  7. Mame 1989, p. 35.
  8. Mame 1989, p. 26.
  9. a et b Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles : des origines à la Première Guerre mondiale, 1846-1914, Presses Paris Sorbonne, 2005, p. 56.
  10. Henri Beraldi, Cent Ans aux Pyrénées, rééd. Les Amis du livre pyrénéen, 1977.
  11. Exposition universelle de Paris, 1878.
  12. « Cité ouvrière de la maison Mame », notice no IA00071407, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. L'Union libérale, 1 octobre 1877, p. 2.
  14. L'Union libérale, 15 octobre 1877, p. 1.
  15. Site de l’Assemblée nationale.
  16. Décret du .

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Bibliographie

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  • « Alfred-Henri-Amand Mame » dans la Catholic Encyclopedia, 1913.
  • Guillaume Meignan, Discours aux funérailles de M. Alfred Mame, Tours, 1893.
  • Jean-Yves Mollier, in Dictionnaire encyclopédique du Livre, Cercle de la Librairie, 2005, T. 2, p. 853 (ISBN 2-7654-0910-2).
  • Alfred Mame (catalogue), Mame : Angers-Paris-Tours ; deux siècles du livre, Association "Hôtel Mame Centre culturel", .
  • Albert Quantin, M. Alfred Mame de la Maison Mame, Paris, A. Quantin, 1883.
  • Paul Mame, 1883-1903, Tours, Mame, 1903, 36 p., portr. ; in-8°.
  • Cécile Boulaire (dir.), Mame : deux siècles d’édition pour la jeunesse, Presses universitaires de Rennes, 2012.
  • Michel Laurencin, Un grand patron philanthrope : Alfred Mame (1811-1893), imprimeur à Tours, Akademos, 2008.

Iconographie

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Articles connexes

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Liens externes

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