Albertine Élisabeth de Champcenetz

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Albertine Elisabeth de Champcenetz
Madame de Champcenetz by Jean-Baptiste Greuze.jpg
Jean-Baptiste Greuze, Portrait de Madame de Champcenetz, 1770, ancienne collection du château de Franquetot.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Albertine Elisabeth van Neukirchen genaamd NijvenheimVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Fratrie
Evert Johan van Neukirchen genaamd Nyvenheim (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint

Albertine Élisabeth de Nyvenheim, dite la baronne de Nieukerque, née le aux Pays-Bas, morte en exil forcé à Fontainebleau en 1805, est une aristocrate et espionne franco-hollandaise. Elle est une femme en vue à la cour de Louis XV et de Louis XVI, soutient les patriotes hollandais, entre dans l’activisme contre-révolutionnaire et est plusieurs fois arrêtée pour des motifs politiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une presque favorite[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille noble mais désargentée, fille de Johan Gijsbert van Neukirchen genaamd Nijvenheim, heer van Driesberg, directeur de la chevalerie de Clèves, vice-président de la Cour de justice du duché de Clèves, et de Seina Margriet van Wijhe, vrouwe van Eck en Wie, Mlle de Nyvenheim, de confession protestante, épouse un riche négociant et propriétaire colonial, Gerhard Pater. Venue avec lui à Paris, elle s’y fait remarquer par sa beauté et son charme.

Greuze peint d’elle un portrait demeuré célèbre.

Retournée aux Pays-Bas, elle fait prononcer son divorce et revient à Paris sous le nom de baronne de Nieukerque[2]. Remarquée par Louis XV, une intrigue est montée dans le but de lui faire prendre la place de la comtesse du Barry, la favorite en titre. Elle obtient de lui une pension de 12 000 livres[2].

En 1779, elle épouse le marquis de Champcenetz, gouverneur du château des Tuileries et devient sa troisième femme[3]. Il est le père du chevalier de Champcenetz qui ne s’entend pas avec sa belle-mère. Dans le courant des années 1780, Mme de Champcenetz se lie d’amitié avec les membres de la famille de Polignac et avec le comte de Vaudreuil. On dit qu’elle fut la maîtresse du prince de Ligne. Riche propriétaire, elle possède un appartement somptueux dans le château royal de Meudon, un hôtel particulier ouvrant (avant 1784) sur les jardins du Palais-Royal, et des domaines à Neuilly et Soisy. Sa fortune considérable vient essentiellement des revenus de plantations et mines de diamants au Suriname. Elle met à profit cette fortune pour soutenir l’insurrection des patriotes hollandais. Des documents inexploités la concernant sont conservés aux archives diplomatiques des Pays-Bas.

Une contre-révolutionnaire[modifier | modifier le code]

En 1789, Mme de Champcenetz émigre avec les Polignac et revient en France où, comme étrangère, elle pense n’avoir rien à craindre. Dans la correspondance du comte d’Artois avec le comte de Vaudreuil, il est souvent question d’elle et de son dévouement à la cause royaliste. Arrêtée le 9 février 1794[3] sous le prétexte de manœuvres contre-révolutionnaires et correspondances avec l’émigration, elle est détenue plusieurs mois à la prison des Anglaises. Réchappée de la guillotine, elle ne cesse pas de correspondre avec l’émigration tandis que sa sœur, la duchesse de Brancas, l’amie intime du baron de Breteuil émigré, fait les honneurs du salon de Barras. Sous le Consulat, Mme de Champcenetz est l'une des plus actives opposantes au nouveau régime, et après le consulat à vie elle sert d’intermédiaire aux émigrés et favorise les menées anglo-royalistes, en concertation avec le comte de Vaudreuil.

Agente à Paris du comte d’Artois, Mme de Champcenetz est partie prenante dans le complot de Pichegru et elle est arrêtée après la rupture de la paix d'Amiens et la révélation des conspirations anglaises. Condamnée à l’exil, elle obtient de vivre retirée à Fontainebleau où elle meurt en 1805.

Félicité de Genlis dit d’elle que « Sa beauté commençait à passer, mais elle était encore charmante. On pouvait dire d’elle ce que madame de Sévigné dit de madame Dufresnoy, maîtresse de M. de Louvois, qu’elle était toute recueillie dans sa beauté. Le soin de montrer le plus petit pied, ses jolies mains, et de varier ses attitudes, l’occupaient trop visiblement. »

Portrait[modifier | modifier le code]

Son portrait, peint en 1770 par Jean-Baptiste Greuze, est adjugé pour 143.000 euros le 18 septembre 2022 par le ministère de l'étude Daguerre, commissaire-priseur à Paris[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Blanc, L’amour à Paris au temps de Louis XVI, Paris, Perrin, , p. 191-9
  • comte Maurice Fleury, Louis XV intime et les petites maîtresses, Paris, Plon, Nourrit, (lire en ligne)
  • Les Libertines, Plaisir et Liberté au temps des Lumières, Perrin, 1997
  • L'Amour à Paris sous Louis XVI, 2003
  • Portraits de femmes, artistes et modèles à l'époque de Marie-Antoinette, Didier Carpentier, 2006

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Relevé généalogique sur Geneanet
  2. a et b Joseph Hyacinthe François de Paule de Rigaud comte de Vaudreuil, Correspondance intime du comte Vaudreuil et du comte d'Artois pendant l'émigration (1789-1815), E. Plon, Nourrit et cie, (lire en ligne)
  3. a et b (en) Ronald W. Kenyon, Monville: Forgotten Luminary of the French Enlightenment, Ronald W. Kenyon, (ISBN 978-1-4811-4829-0, lire en ligne)
  4. « Jean-Baptiste Greuze », sur daguerre.fr (consulté le )

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]