Vachellia cornigera

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Vachellia cornigera
Description de l'image A-cornigera.jpg.
Classification selon Tropicos
Règne Plantae
Classe Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae
Super-ordre Rosanae
Ordre Fabales
Famille Fabaceae
Genre Vachellia

Espèce

Vachellia cornigera
(L.) Seigler & Ebinger, 2005[1]

Synonymes

  • Acacia campecheana Schenck[2]
  • Acacia cornigera var. americana DC.[2]
  • Acacia cornigera (L.) Willd. (préféré par BioLib)[2]
  • Acacia cubensis Schenck[2]
  • Acacia furcella Saff.[2]
  • Acacia hernandezii Saff.[2]
  • Acacia interjecta Schenck[2]
  • Inga cornigera (L.) Ham.[1],[2]
  • Mimosa cornigera L.[2]
  • Tauroceras cornigerum (L.) Britton & Rose[2]

Vachellia cornigera est une espèce d’arbres tropicaux et subtropicaux de la famille des Fabacées. Communément appelé Acacia corne de bœuf, c'est une espèce de Vachellia aux épines gonflées originaire du Mexique et de l'Amérique centrale. Le nom commun corne de bœuf fait référence à ses épines recourbées et évidées (techniquement appelées épines stipulaires) qui apparaissent par deux en bas de la feuille et qui ressemblent aux cornes de cet animal. Au Yucatán (l'une des régions où cet acacia prolifère), on le nomme « subín ». Au Panama, les indigènes le nomment « cachito » (petite corne). Cet arbre peut atteindre jusqu'à 10 mètres de haut.

Répartition[modifier | modifier le code]

Carte de répartition de Vachellia cornigera.

Mutualisme[modifier | modifier le code]

L'acacia cornigera est surtout connu pour sa relation symbiotique (appelée myrmécophilie) avec une espèce de fourmi Pseudomyrmex ferruginea (en) qui vit dans ses épines creuses. Contrairement aux autres acacias, cet arbre manque d'alcaloïdes amers, des molécules organiques situées généralement dans les feuilles qui servent à se défendre contre les insectes et les animaux. Les fourmis remplissent donc ce rôle protecteur.

Les fourmis agissent comme un organisme de défense pour l'arbre en le protégeant des insectes nuisibles, des animaux ou des humains qui pourraient entrer en contact avec lui. Les fourmis vivent dans les épines vides et l'arbre fournit aux fourmis en retour :

Les corps beltiens n'ont aucune autre fonction connue que de sécréter de la nourriture pour les fourmis symbiotiques. Ces fourmis agressives émettent une phéromone d'alarme et sortent de leur épine-caserne en très grand nombre. Il semble toutefois que le nectar contienne de la chitinase[3], qui inhibe la production chez la fourmi d'invertase nécessaire à la séparation du saccharose en glucose et fructose. Les fourmis sont ainsi obligée de se nourrir chez l'acacia, créant une véritable relation de dépendance[4],[5].

D'après Daniel Janzen, un biologiste américain, le bétail peut apparemment sentir cette phéromone et évite cet acacia de jour comme de nuit. Le fait de se faire piquer la bouche et la langue est un moyen de dissuasion efficace contre le grignotage de ses feuilles. En plus de protéger l'arbre contre les fourmis coupe-feuille et autres herbivores indésirables, les fourmis enlèvent les plantes invasives qui poussent autour de la base de l'arbre et qui pourraient, en grandissant, priver l'arbre de lumière.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Usage décoratif[modifier | modifier le code]

Les cornes de cet arbre sont parfois enfilées dans des colliers ou des ceintures peu communs. Au Salvador, les épines en forme de corne servent à construire les jambes de petites poupées qui servent comme des épingles décoratives.

Usage médicinal[modifier | modifier le code]

L'écorce et les racines de cet arbre sont utilisés en phytothérapie pour ralentir l'arrivée du venin dans le sang lors des piqûres de serpents. L'acné et autres problèmes de peau peuvent être soignés grâce à la décoction des cornes. Il est aussi parfois utilisé dans le traitement de l'impuissance.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

L'acacia cornigera a été plus largement révélé au public par l’auteur français Bernard Werber dans L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu (p. 48) et La nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu (p. 342). Il est aussi évoqué à plusieurs reprises dans Le Jour des fourmis et La Révolution des fourmis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b The Plant List, consulté le 8 mars 2020
  2. a b c d e f g h i et j BioLib, consulté le 8 mars 2020
  3. (en) Martin Heil, Alejandro Barajas-Barron, Domancar Orona-Tamayo et Natalie Wielsch, « Partner manipulation stabilises a horizontally transmitted mutualism », Ecology Letters, vol. 17, no 2,‎ , p. 185–192 (DOI 10.1111/ele.12215, lire en ligne, consulté le 12 mai 2020)
  4. (en) Ed Yong, « Trees Trap Ants Into Sweet Servitude », sur National Geographic News, (consulté le 12 mai 2020)
  5. Pierre Barthélémy, « Comment un arbre mène des fourmis à l'esclavage », Passeur de science,‎ (lire en ligne, consulté le 12 mai 2020)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Vachellia cornigera[modifier | modifier le code]

Acacia cornigera[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]