Myrmécophilie

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La myrmécophilie (du grec ancien : μύρμηξ, «fourmi»; φῐλεῖν, «aimer» ) définit l'aptitude d'animaux ou de végétaux à vivre en association symbiotique externe avec les fourmis.

L'adjectif myrmécophile s'applique principalement aux insectes qui vivent au sein de la fourmilière, parmi les fourmis. Ils peuvent avoir des rôles différents au sein de la colonie. Plusieurs espèces myrmécophiles consomment les déchets tels que les fourmis et les larves mortes ou les champignons qui poussent dans la fourmilière. D'autres se nourrissent parfois des réserves de nourriture des fourmis ainsi que de leur œufs et de leurs larves. Enfin, certaines leur fournissent des sources de nourriture.

Les plantes myrmécophiles sont appelées des myrmécophytes.

La myrmécophilie ne doit pas être confondue avec la myrmécochorie.

Par usage, un passionné de fourmis peut également être appelé un myrmécophile[1].

Insectes myrmécophiles[modifier | modifier le code]

Les associations myrmécophiles sont particulièrement courantes au sein des Lycaenidae. Les chenilles de nombreuses espèces de cette famille de lépidoptères produisent un nectar issu d'organes spécifiques et communiquent avec les fourmis grâce au son et aux vibrations[2] . Leur association à des fourmis pourrait également empêcher le parasitisme d'autres chenilles de papillons.

Il existe également des Coléoptères myrmécophiles, notamment dans les familles des Cholevidae, des Pselaphidae, des Staphylinidae et des Ptiliidae. D'autres insectes tels que des Aphidoidea et des Membracidae. Plusieurs types de mouches sont également mymécophiles tels que les microdontinae[3].

Myrmécophytes[modifier | modifier le code]

Acacia de Collins, Arbre myrmécophile américain

Genres contenant des espèces végétales myrmécophiles (liste non-exhaustive) :

Bromeliacées myrmécophiles[modifier | modifier le code]

Les bromeliacées myrmécophiles les plus courantes sont Tillandsia bulbosa et Tillandsia caput-medusae, qui forment de véritables "nids" tout prêts dans leurs feuilles. Ces plantes ont une base en forme de bulbe; leurs feuilles, enroulées sur elles-mêmes, sont creuses et constituent un refuge pour les fourmis. Les fourmis vont ainsi habiter la plante, ramenant de quoi nourrir la fourmilière, elles vont entreposer la nourriture dans la Tillandsia, qui en absorbera une partie. Les fourmis jouent également un rôle protecteur pour la plante. Étant donné que celle-ci est désormais leur fourmilière, elles ne vont pas la laisser mourir.

Acacias myrmécophiles[modifier | modifier le code]

Certains acacias, Acacia de Collins, Acacia cornigera et Acacia drepanolobium[4],[5], ont eux aussi développé des épines creuses, voire des branches creuses, qui permettent leur habitation par les fourmis. On voit aussi la présence de nectaires extra-floraux, qui produisent une substance sucrée dont les fourmis se nourrissent. Les fourmis vont ici débarrasser l'arbre de tous les insectes qui pourraient poser problèmes (et même des autres), les chenilles, etc. Les fourmis peuvent aller jusqu'à couper des lianes qui voudraient se servir de l'acacia comme support.

Autres plantes myrmécophiles[modifier | modifier le code]

Parmi les autres plantes myrmécophiles on trouve beaucoup de plantes carnivores et de fougères, qui, sur le même principe, "construisent" des salles prêtes à être habitées par les fourmis. Il y a également de nombreux cactus myrmécophiles, ainsi que des plantes plus communes en Europe, comme les pêchers ou les cerisiers[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.myrmecophilie.fr/fourmis1/
  2. Pierce NE, Braby MF, Heath A, Lohman DJ, Mathew J, Rand DB, Travassos MA. 2002. The ecology and evolution of ant association in the Lycaenidae (Lepidoptera). Annual Review of Entomology 47:733-771.
  3. (en) I. Brake, « Prosaetomilichia de Meijere: a junior subjective synonym of Milichia Meigen, with a phylogenetic review of the Myrmecophila species-group (Diptera, Milichiidae) », Tijdschrift voor Entomologie, vol. 142, no 1,‎ , p. 31–36 (lire en ligne)
  4. a et b (en) Truman P. Young, Maureen L. Stanton, Caroline E. Christian. 2003. Effects of natural and simulated herbivory on spine lengths of Acacia drepanolobium in Kenya. Oikos 101(1):171–179. DOI:10.1034/j.1600-0706.2003.12067.x
  5. a et b (en) Stapley, L. 1999. Physical worker castes in colonies of an acacia-ant (Crematogaster nigriceps) correlated with an intra-colonial division of defensive behaviour. Insectes sociaux 46(2):146-149.
  6. http://www.myrmecofourmis.fr/spip.php?article97

pour les dischidia- lecanopteris - solanopteris - rubiaceae (myrmecodia -myrmephytum-hydnophtum-squamellaria- anthorrhiza) voir http://fern72.free.fr

Articles connexes[modifier | modifier le code]