ATMEA

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ATMEA est une coentreprise créée à parts égales par Areva et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) pour le développement, la commercialisation et la vente d'un nouveau modèle de réacteur nucléaire baptisé ATMEA1.

La coentreprise est basée à Paris. Son président et directeur exécutif est Andreas Goebel (originaire d'Areva) et Satoshi Utsumi (originaire de MHI) est son adjoint.

Historique de la société[modifier | modifier le code]

19 octobre 2006 Areva et MHI signent un accord de collaboration
11 juillet 2007 Création de la coentreprise
3 septembre 2007 La coentreprise est baptisée ATMEA
2012 ATMEA reçoit de l'ASN (Agence de Sûreté du Nucléaire pour la France) un avis positif sur les options de sûreté du réacteur ATMEA1
mai 2013 La Turquie choisit le réacteur ATMEA1 pour la construction d'une centrale nucléaire équipée de quatre unités[1].
juillet 2013 1re étape du processus de pré-certification par la Commission de Sûreté Nucléaire Canadienne (CSNC) franchie[2]

Le réacteur ATMEA1[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un projet de réacteur à eau pressurisée à 3 boucles, dont la puissance électrique nette sera comprise entre 1000 et 1 150 MW. Il s’agit de l’un des plus récents réacteurs de Génération 3+. Il bénéficie de l’expertise accumulée par Areva et MHI depuis 40 ans.

Ce réacteur est destiné à des marchés spécifiques, en particulier les pays dont le réseau ne permet pas la connexion de réacteurs plus puissants, comme le réacteur EPR.

En juin 2008, l’expertise menée par l’Agence internationale pour l’Énergie Atomique, (AIEA), a conclu à la conformité des principes fondamentaux de sûreté du projet de réacteur ATMEA1[3].

Les éléments de sécurité intégrés dans la construction du réacteur ultra-moderne coûtent cher : le prix du réacteur est estimé à 3,5 milliards d'euro, soit encore plus cher que l'EPR[4].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le réacteur est conçu avec un cœur à faible densité de puissance capable d'opérer en cycles de 12 à 24 mois. Le cœur pourrait être chargé jusqu'en totalité en combustible MOX. Il est conçu pour faire du suivi de charge (fonctionnement à puissance variable) sur une plage de 30 % à 100 % de la puissance nominale. Le taux de disponibilité théorique serait de plus de 92 % sur la durée de vie du réacteur, conçu pour 60 ans. Ce taux de disponibilité est atteint par des systèmes de sûreté redondants permettant une maintenance en fonctionnement et une durée d'arrêt de tranche pour rechargement évaluée à 16 jours.

Sûreté de la centrale[modifier | modifier le code]

Le réacteur est doté d'un récupérateur de corium (comme sur l'EPR) permettant de récupérer les matériaux radioactifs en cas d'accident grave avec fusion du cœur.

En février 2012, la conception de l'ATMEA1 est jugé constructive par l'IRSN[5]. L’IRSN a examiné les options de sureté du réacteur, en tirant les enseignement de l’accident nucléaire de Fukushima, et a rendu un avis positif[6].

En effet en réalisant une revue des options de sûreté pour des conditions semblables à celles de l’accident nucléaire de Fukushima, ATMEA a démontré la robustesse de la conception du réacteur et n’appelle aucune modification ou complément. La conception actuelle permet de résister aux évènements externes, même extrêmes, grâce aux marges et à la redondance des systèmes de sûreté de mode actif et passif. L’intégrité du bâtiment abritant le réacteur est assuré sur le très long terme même après un accident grave.

Intentions d'implantation[modifier | modifier le code]

En 2009, une fois le projet technique bouclé, la société met en place uns structure marketing chargée d'identifier les cibles potentielles capables d'acheter le réacteur. malheureusement le 'timing' est mauvais pour le réacteur : la crise financière et l'accident nucléaire de Fukushima ont mis en veille de nombreux projets[4].

France[modifier | modifier le code]

En 2010 GDF Suez a exprimé le souhait d'implanter un réacteur ATMEA1 en vallée du Rhône sur les sites nucléaires de Marcoule ou du Tricastin[7]. Ce projet provoque des dissensions entre Areva et EDF[4].

Chine[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'accord de partenariat entre EDF et CGNPC pour le développement d'un réacteur moyenne puissance pour la Chine, Areva entend défendre l'ATMEA1[8] face au CPR-1000 issu des réacteurs REP 900 MWe français porté par EDF. Le pouvoir politique français sous la houlette du premier ministre François Fillon, soucieux de ne pas voir deux fleurons de l'industrie nucléaire s'étriper (Areva d'un côté et EDF de l'autre) sur le marché chinois, préside au rapprochement des deux groupes qui amènera à la signature en 2012 d'un accord. Areva, EDF et le Chinois CGNPC développeront ensemble un réacteur dérivé de l'ATMEA[4].

Argentine[modifier | modifier le code]

Areva a annoncé le la présélection du réacteur ATMEA1 par l'électricien national argentin Nucleoeléctrica Argentina dans le cadre du prochain appel d'offres qui doit être lancé pour la construction du quatrième réacteur nucléaire du pays[9].

Turquie[modifier | modifier le code]

En , le gouvernement turc a confirmé avoir attribué un contrat à un consortium franco-japonais, dans lequel fait partie Areva, pour la fourniture de 4 réacteurs ATMEA1 de 1 100 MW chacun sur le site de Sinop. Ratifié par le parlement turc en avril 2015[10], ce contrat s'élève à 17 milliards d'euros attribués récemment en Turquie dans ce cas précis à un consortium franco-japonais. Les travaux débuteront fin 2016 et le premier réacteur devra être mis en service en 2023. La maitrise d'ouvrage sera assurée par un groupement de sociétés composé de la Compagnie d'électricité turque EÜAŞ (en) (25 à 45%)[11], des japonais MHI et Itochu Corporation, et de GDF Suez (20%), qui sera notamment responsable pour la partie exploitation, Areva NP et MHI étant chargées de la construction[12],[13],[14].

Jordanie[modifier | modifier le code]

Le , la Commission jordanienne de l'énergie atomique (JAEC) retient l'ATMEA1 dans une liste de 3 modèles présélectionnés, les 2 autres étant le réacteur russe VVER de Rosatom et le Candu du canadien EACL, en vue de construire le premier réacteur nucléaire commercial en Jordanie[15]. La procédure prévue se terminer en 2011 est retardée.

Le , la liste se réduit à 2 modèles, l'ATMEA1 et le VVER russe[16]. La décision finale était alors attendue sous 3 ans[17].

En octobre 2013 pourtant, la JAEC annonce que la Jordanie a finalement retenu deux réacteurs VVER type AES 92[18]. Selon certains observateurs, cette décision de la Jordanie pourrait être motivée par la proposition russe d’un contrat de type BOO (Build-Own-Operate), qui verrait la prise en charge par la Russie de la quasi-totalité du financement de la construction, de l’exploitation de la centrale pendant un certain nombre d’année avant le transfert de propriété à la Jordanie[19]. La Russie a déjà signé un tel contrat dans d'autre pays, en Turquie par exemple.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article La Tribune, 02/05/2013
  2. Site SFEN
  3. « ATMEA, une Joint Venture entre AREVA et Mitsubishi Heavy Industries (MHI), annonce l'achèvement de l'étude par l'AIEA des options de sureté du réacteur ATMEA 1. », sur http://www.emploi-energie.com/, (consulté le 22 mai 2015)
  4. a, b, c et d Charles Haquet, « Atmea, le projet qui sème la zizanie dans le nucléaire français », L'Expansion (consulté le 24 septembre 2015)
  5. « Synthèse de l’examen mené par l’IRSN  au sujet des options de sûreté  du réacteur ATMEA1 » [PDF], sur http://www.irsn.fr/, (consulté le 22 mai 2015)
  6. « L’IRSN a contribué à l’examen des options de sûreté du réacteur ATMEA1 », sur http://www.irsn.fr/, (consulté le 22 mai 2015)
  7. « GDF Suez veut une centrale nucléaire en vallée du Rhône », sur http://fr.reuters.com/, (consulté le 22 mai 2015)
  8. « Areva défend l'Atmea dans son accord sur les réacteurs avec EDF », sur http://fr.reuters.com, (consulté le 22 mai 2015)
  9. « Areva-Présélection de l'Atmea pour un appel d'offres en Argentine », sur http://fr.reuters.com/, (consulté le 22 mai 2015)
  10. « Turquie: le parlement donne son feu vert à la deuxième centrale nucléaire du pays », sur Les Echos,
  11. Turkey, Japan sign 22 $ bln deal for Sinop nuclear plant - Hurriyet Daily News 03 mai 2013
  12. Areva et GDF-Suez remportent un contrat de 17 milliards d'euros en Turquie - La Tribune 02 mai 2013
  13. Économie - Nucléaire : contrat historique en vue en Turquie pour la France - armenews 03 mai 2013
  14. La Turquie choisit un consortium franco-japonais pour une centrale nucléaire - Euactiv 03 mai 2013
  15. (en) « WNN : Jordan shortlists reactor designs », sur http://www.world-nuclear-news.org/ (consulté le 22 mai 2015)
  16. (en) « Jordan shortlist down to two », sur http://www.world-nuclear-news.org/ (consulté le 22 mai 2015)
  17. « L'usine nouvelle : le réacteur ATMEA1 bien placé en Jordanie », sur http://www.usinenouvelle.com/ (consulté le 22 mai 2015)
  18. « Amman écarte Areva et choisit deux groupes russes pour sa première centrale », sur http://www.bfmtv.com/, (consulté le 22 mai 2015)
  19. « La Russie fournira une centrale nucléaire à la Jordanie », sur http://www.nuklearforum.ch/ (consulté le 22 mai 2015)