1er bataillon de tirailleurs somalis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

1er bataillon de tirailleurs somalis
Image illustrative de l’article 1er bataillon de tirailleurs somalis
Insigne régimentaire du 1er bataillon de tirailleurs somalis.

Création 1915
Dissolution 1946
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Troupes de marine
Rôle Régiment
Infanterie
Garnison Djibouti (Djibouti)
Ancienne dénomination 1er bataillon de tirailleurs somalis
Couleurs Rouge et bleu
Inscriptions
sur l’emblème
VERDUN DOUAUMONT 1916
LA MALMAISON 1917
L'AISNE 1917 - 1918
LA MARNE 1918
NOYON 1918
Anniversaire Bazeilles
Guerres Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918
Décorations Croix de guerre 1914-1918
deux palmes
une étoile d'argent
Croix de guerre 1939-1945
une palme
une étoile d'argent

Le 1er bataillon de tirailleurs somalis, constitué en 1915 à partir de recrues de la Côte française des Somalis, était une unité appartenant à l'Armée coloniale française. Le 1er bataillon de tirailleurs somalis était composé d'hommes recrutés à Madagascar et Djibouti.

Il s'illustra pendant la Première Guerre mondiale, notamment lors de la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916 aux côtés du RICM. Recréé pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe en particulier aux combats de la pointe de Grave en avril 1945.

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1915[modifier | modifier le code]

1916[modifier | modifier le code]

  •  : devient le 6e bataillon de marche somali (6e BMS), comprenant 1400 Somalis, 200 Yéménites, 75 Comoriens et 25 Abyssins, au total 1700 hommes.
  •  : devient le 1er bataillon de tirailleurs somalis (1er BTSo), intégré au RICM

1917[modifier | modifier le code]

1918[modifier | modifier le code]

Le le bataillon libère Ourscamps.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

  •  : dissolution du bataillon, à l'exception d'une compagnie, intégrée au 1er RMM
  • 1932 : dissolution de la compagnie
  • 1933 : recréation de la compagnie, à Djibouti, avec des volontaires et des anciens
  •  : création du Régiment de tirailleurs sénégalais de la Côte française des Somalis, qui intègre la compagnie

Toutes ces unités ont conservé successivement à Djibouti le patrimoine de tradition du 1er bataillon de tirailleurs somalis, symbolisé par le fanion tricolore de l'unité.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1942[modifier | modifier le code]

1943[modifier | modifier le code]

  •  : le Détachement des Forces Françaises Libres de la Côte française des Somalis prend le nom de Bataillon somali de souveraineté.

1944[modifier | modifier le code]

  •  : le bataillon de souveraineté met sur pied un bataillon de marche somali.
  •  : le bataillon de marche somali se voit confier à Djibouti, la garde du fanion tricolore du 1er bataillon de tirailleurs somalis de Première Guerre mondiale. Le bataillon de marche somali est regroupé avec les bataillons de marche no 14 et no 15 pour former le Régiment de marche d'Afrique équatoriale française et Somalie

1945[modifier | modifier le code]

Au début de l'année, le régiment de marche est transféré en France métropolitaine et est intégré à l'armée de l'Atlantique. Le régiment de marche d'Afrique équatoriale française et Somalie participe aux combats pour la libération de Royan et de la pointe de Grave.

1946[modifier | modifier le code]

  • : le bataillon somali est dissous

Chefs de bataillon[modifier | modifier le code]

  •  : chef de bataillon Fortin
  • et jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale : chef de bataillon Bouet
  • 1944-1945 : chef de bataillon Bentzmann

Historique des garnisons, combats et batailles[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le bataillon des Somalis est formé à Majunga (Madagascar), le à partir de recrues de la Côte française des Somalis. Il est rassemblé à Fréjus, le .

En le bataillon est rattaché au RICM et forme son 3ebataillon. Il fait son entrée en guerre en participant à l’assaut sur le fort de Douaumont, le . Après ce fait d'armes qui a un retentissement important, le drapeau du RICM est décoré de la croix de la Légion d’honneur et les 2e et 4e compagnies du bataillon somali reçoivent également la croix de guerre avec palme.

En , il fut complété par l'adjonction d'une compagnie de mitrailleuses et d'un peloton de canons de 37 mm.

En , le bataillon participe à la Bataille du Chemin des Dames au cours de laquelle il est cité à l’ordre de la division. Le , il remporte au sein du RICM la victoire de la Malmaison et obtient sa première citation à l’ordre de l’armée.

En mai et , il prend part à la 3e bataille de l’Aisne et en juillet à la 2e bataille de la Marne. En août et , le bataillon somali combat sur le front de l’Oise et en il obtient sa deuxième citation à l’ordre de l’armée ainsi que le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre.

Sur 2 434 tirailleurs recrutés en Côte des Somalis, 2 088 sont venus combattre en Europe. Leurs pertes sont estimées à 517 tués et 1 000 à 1 200 blessés.

Depuis cette époque, par suite de déchets, d'usure et d'apports nouveaux, effectif est devenu, le :

  • Somalis: 526
  • Comoriens: 209
  • Yémenites: 70
  • Abyssins: 30
  • Total: 835

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le bataillon de marche somali est réorganisé et équipé en Afrique du Nord. Il rejoint la France au début de l'année 1945 et forme avec deux autres bataillons (BM n°14 et 15) le Régiment de marche d’Afrique équatoriale française et somalie.

Le régiment est intégré au sein du Détachement d’armée de l’Atlantique (DAA), commandé par le général de Larminat, chargé de réduire la poche de Royan. Il est engagé dans les combats de la Pointe de Grave, en Gironde, avant de liberer Soulac en .

Au cours de ces combats les pertes du bataillon somali s'élèvent à 41 tués (5 Européens et 36 tirailleurs) et 106 blessés (10 Européens et 96 tirailleurs) soit 147 hommes sur un effectif de 860.

Le , le général de Gaulle décerne une citation à l’ordre de l’armée au bataillon somali et décore le fanion du bataillon à Soulac.

Le bataillon somali est dissous le .

De 1945 à nos jours[modifier | modifier le code]

En 1969, le 5e Régiment Interarmes d'Outre-Mer (RIAOM) hérite du patrimoine de tradition du bataillon somali. Sur son drapeau, cinq inscriptions de batailles, deux décorations et la ceinture rouge des troupes somalis rappellent aujourd’hui la mémoire des tirailleurs somalis qui se sont distingués dans l'Armée française.

Inscriptions sur son drapeau[modifier | modifier le code]

Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre 1914-1918

Son drapeau porte les inscriptions[1]:

  • VERDUN DOUAUMONT 1916
  • LA MALMAISON 1917
  • L'AISNE 1917 - 1918
  • LA MARNE 1918
  • NOYON 1918

Décorations[modifier | modifier le code]

Au cours de la Première Guerre mondiale, le 1er bataillon de tirailleurs somalis a obtenu trois citations, dont deux à l’ordre de l’armée :

Il a droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918 qui récompense les unités citées aux moins deux fois à l'ordre de l'armée[2].

Au niveau des citations individuelles on dénombre au cours de la Première Guerre mondiale[3] :

  • 9 Croix de la Légion d’honneur (dont une d’officier) aux officiers du bataillon
  • 35 médailles militaires (9 aux Européens et 26 aux Somalis)
  • 1 180 citations à l’ordre :
    • 31 à l’ordre de l’armée (17 aux Européens et 14 aux Somalis).
    • 51 citations à l’ordre du corps d’armée (41 aux Européens, 10 aux Somalis)
    • 109 à l’ordre de la division (92 aux Européens, 17 aux Somalis)
    • 206 à l’ordre de la brigade (132 aux Européens, 74 aux Somalis)
    • 783 à l’ordre du régiment (148 aux Européens, 635 aux Somalis).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le 1er bataillon de tirailleurs somalis a obtenu une citation à l’ordre de l’armée et une citation à l’ordre de la division au sein du Régiment de marche d’Afrique équatoriale française et somalie auquel il appartenait.

Citations militaires[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Citations à l'ordre de de l'Armée

«  Le , renforcé du 43e bataillon sénégalais et de deux compagnies de Somalis, le [RICM] enlevé d’un admirable élan les premières tranchées allemandes ; a progressé ensuite sous l’énergique commandement du colonel Régnier, brisant successivement la résistance de l’ennemi sur une profondeur de deux kilomètres. A inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant d’un élan irrésistible du fort de Douaumont, et conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l’ennemi. »

— Citation à l'ordre de l'Armée attribuée au Régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM), ainsi qu'au 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et aux 2e et 4e compagnies du bataillon de somalis après la prise du Fort de Douaumont en octobre 1916

«  Sous le commandement du chef de bataillon Bouet a participé le aux attaques des bataillons du régiment d’infanterie coloniale du Maroc, entre lesquels il était réparti, a rivalisé d’ardeur avec eux et triomphé dans les mêmes luttes glorieuses . »

— 1re citation à l'ordre de l'Armée attribuée au 1er bataillon de tirailleurs somalis pour sa brillante attitude lors de la prise des carrières de Bohéry et du plateau de la Malmaison, Ordre général n° 529 du 15 novembre 1917

«  Bataillon indigène à l’esprit guerrier, sous l’énergique commandement du chef de bataillon Bouet, s’est fait remarquer dans maints combats, par son entrain, sa bravoure et son esprit de sacrifice. Du 30 au , a lutté sans répit, au prix de pertes nombreuses, sur une position très difficile et a réussi à arrêter l’ennemi. Récemment a fait preuve de belles qualités manœuvrières et d’une ardeur extrême, dans la poursuite de l’ennemi . »

— 2e citation à l'ordre de l'Armée attribuée au 1er bataillon de tirailleurs somalis au cours de la Bataille de l'Aisne (1918), Ordre n° 11027 D du 28 octobre 1918

Citations à l’ordre de la Division

«  Sous l’impulsion de son chef, le commandant Bouet, lors de l’offensive du , a fait preuve d’un courage et d’un entrain remarquables, nettoyant des abris formidablement organisés sans se laisser arrêter par la vive résistance des Allemands et coopérant ainsi de la façon la plus efficace au succès de la division . »

— Citation à l’ordre de la Division attribuée au 1er bataillon de tirailleurs somalis lors de la Bataille du Chemin des Dames, Ordre général n° 176 du 8 mai 1917

Citations à l’ordre du Régiment

«  Mise à la disposition du RICM, la 2e compagnie du 1er bataillon de tirailleurs somalis, commandée par le lieutenant Baumgartner, a participé aux attaques des 18 et , devant Longpont, et s’y est vaillamment comportée, subissant sans faiblir des pertes sévères . »

— Citation à l’ordre du régiment attribuée à la 2e compagnie du bataillon somali pour sa conduite lors des attaques devant Longpont en juillet 1918, Ordre du régiment n° 11 du 21 janvier 1919

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Citations à l'ordre de l'Armée

« Bataillon qui, sous le commandement calme et énergique du chef de bataillon Bentzmann a, par sa valeur, sa bravoure et son opiniâtreté, réussi le , le franchissement de vive force, sous le feu violent et ajusté de l’ennemi, de la ligne d’eau du Gua, large de plus de 400 mètres. Par son habile manœuvre a fait tomber les éléments de défense ennemis du Pont du Gua. Dans la journée du a bousculé l’ennemi sur les fortes positions d’un fossé antichars et, d’un seul élan, a enlevé le village du Vieux Soulac, ainsi que l’ensemble très fortement bétonné et vigoureusement défendu des ouvrages constituant le poste de commandement de la forteresse ennemie de la Pointe de Grave. Au cours de ces deux journées de combat, a fait 300 prisonniers . »

— Citation à l'ordre de l'Armée attribuée au bataillon de marche somali du Régiment de marche d’Afrique équatoriale française et somalie pour avoir réussi le franchissement de la ligne d’eau du Gua au cours des combats de la Pointe de Grave, Décision n° 1058 du 20 août 1945

Citations à l'ordre de la Division

« A mené pendant 7 jours dans la pointe de Grave du 14 au , un combat exceptionnellement dur contre un ennemi enragé à se défendre, allant jusqu'à se faire sauter sur place plutôt que de se rendre, très fortement armé et appuyé sur des ouvrages cuirassés à toute épreuve, couvert par un terrain d’inondation dont les passes étroites étaient littéralement bourrées de mines. A tué 947 Allemands, pris 100 ouvrages bétonnés et 90 pièces de canon, fait 3 300 prisonniers. Fait d’armes qui mérite de prendre rang dans les annales de cette guerre . »

— Citation à l'ordre dela division attribuée au Régiment de marche d’Afrique équatoriale française et somalie après les combats pour la libération de la Pointe de Grave, Ordre général n° 102 du 25 avril 1945

Monuments et plaques commémoratives[modifier | modifier le code]

Cuts (Oise) (1961)

«  Ce monument, s’il est modeste, est hautement significatif. Le passant qui traversera ce carrefour aura l’œil attiré par l’Ancre de Marine. S’approchant, il lira que par deux fois des hommes différents de nous par la race et la religion, mais tout proches par le cœur sont venus de l’extrémité de la Mer Rouge, des sables semi-désertiques, pour donner leur sang en défendant un idéal de civilisation humain et libéral. Ici est inscrit un titre de noblesse qui honore grandement les Somalis, et aussi la France qui fut digne d’inspirer de tels dévouements. Que ce monument soit le témoin d’un attachement réciproque et durable entre nos deux peuples »

— Discours du général Edgard de Larminat, président de l’Association des Français libres, lors de l'inauguration du monument à Cuts (Oise) en 1961 et dédié aux combattants Somalis morts pour la France à « Douaumont 1916 - Chemin des Dames 1917 - La Malmaison 1917 - Mont de Choisy 1918 - Longpont 1918 -Pointe de Grave 1945 »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  2. De manière non réglementaire, le fanion tricolore du bataillon portera sur sa croix de guerre une 3e palme, pour rappeler la part du succès qui revient au bataillon dans la reconquête du fort de Douaumont. En fait seules les 2e et 4e compagnies somalies sont citées à l’ordre de l’armée et non le bataillon somali
  3. Chef de bataillon Bouet, Monographie du bataillon somalis, 10 janvier 1919, Archives du Service historique de l’armée de Terre, 7N875

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Jolly, Le tirailleur somali : le métier des armes instrumentalisé (début XXᵉ siècle - fin des années 60), thèse d'histoire sous la direction de Christian Thibon, Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2013, 365 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :