Œuvre d'art

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Le portrait de Mona Lisa, une pièce très célèbre des beaux-arts.
Le mihrab (niche de prière) de la Grande Mosquée de Kairouan constitue une œuvre d'art du IXe siècle musulman. Sa précieuse décoration combine céramique lustrée à reflets métalliques, marbre richement sculpté et bois de mancenillier peint ; ce mihrab se trouve toujours à son emplacement d'origine dans la Grande Mosquée de Kairouan, à Kairouan en Tunisie.

Une œuvre d’art, ou un objet d'art, est un produit purement humain, d'êtres capables de sensibilité, et qui tentent de représenter — dans des formes et des structurations d'éléments interagissants — une perception construite, réelle ou transcendante.

Synonyme : pièce, terme désignant plus particulièrement un élément dans la production d'un artiste, dérivé du terme pièce de musée et plus particulièrement utilisé dans le domaine de l'art contemporain.


Définition et usage du mot[modifier | modifier le code]

  1. Au féminin on emploie le mot « œuvre » pour désigner « l'ensemble des actions accomplies par quelqu'un en vue d'un certain résultat » : donc « une  œuvre d'art ».
  2. Au masculin singulier à valeur collective pour désigner l'ensemble des œuvres (d'un peintre, d'un graveur, d'un musicien)[1].

Ainsi on distingue les « œuvres d'art » réalisées par tel artiste et « son œuvre ». Chaque réalisation d'un artiste, au long de sa vie, constitue tout d'abord une œuvre au sens de résultat, produit de son activité; ce qui est réalisé, créé. Et on emploie le masculin singulier « son œuvre » pour évoquer l'ensemble des réalisations de cet artiste.

Ontologie de l’œuvre d'art[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'art naissent perpétuellement d'un dialogue incessant de la matière et de la forme. Cette matière peut aussi être appelée matériau, concept plus général permettant de regrouper des éléments par exemple dans des œuvres par essence immatérielles à l’infini. Les œuvres d'art n'ont aucune autre définition que celle que veut bien leur attribuer le récepteur : mêmes figuratives (peinture ou sculpture par exemple) elles donnent en fait plus qu’elles ne contiennent.

Construction et inconscient[modifier | modifier le code]

L’œuvre d'art demeure toujours une tentative d’ordonnance matérielle d'éléments a priori distincts. Matière et forme, conscience et inconscience vont toucher des affects particuliers. Certains aspects esthétiques du phénomène, de l’apparent, sont donc plutôt confiés à notre sentiment qu’à la raison.

Immanence et transcendance[modifier | modifier le code]

On a donc assisté, dans la transformation des esthétiques au cours des siècles passés, à une exaltation des dimensions transcendantales de l’Homme derrière la profondeur des représentations artistiques dégagées par la technique. Un glissement de la matrice au collectif, un va et vient de l’immanent au transcendant.

Histoire de représentations[modifier | modifier le code]

Ainsi, aujourd’hui l'œuvre dépasse le simple stade de l’imitation, et se tourne vers des mises en relation, des nouvelles formes de structuration, qui ne sont pas obligatoirement informationnelles, mais bien esthétiques.

Réception de l’œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre d’art est un système ouvert : elle s’adresse d’abord à chaque individu. De plus, c’est un système autoréférencé, et qui crée donc sa propre sémantique, ses propres lois. Ce qui tend à prouver que l’ontologie de l’œuvre se reflète bien sur ces deux plans que les philosophies esthétiques sont toujours parvenues à distinguer : un plan d’immanence où l’œuvre se signifie elle-même et s’identifie à son objet, et un plan de transcendance où elle déborde cet objet, où elle n’a plus d’objet, et où elle se contente d’être rapport au monde. À la question : « Qu’est-ce que l’art ? », il y a toujours eu, en général, deux sortes de réponses : la première est culturelle et relative (« l’œuvre est dans le regard de celui qui la contemple, dans l’écoute de celui qui l’entend ») ; la seconde est métaphysique (« l’œuvre traduit un univers métasensible, une métaréalité »). Entre ces deux positions, il y a place pour toute une gamme de nuances. Elles ont permis aux philosophes de replacer l’œuvre d’art dans l’univers dualiste (matériel et spirituel) de l’homme. Bâtie d’abord vers un pôle social, l’œuvre renvoie à l’unité de l’individu comme à l’universalité de la réception ; elle nous parvient comme une vision singulière, individuelle, de la traduction des potentialités de notre environnement, vision qui échappe à la rationalité scientifique, et n’en use que pour reconstruire un univers différent qui appartienne à tous. Par suite, les investigations philosophiques qui ont essaimé la réflexion sur une définition de l’œuvre d’art ont permis de redéfinir la communication artistique à travers le récit de sa genèse, la visite de sa construction, et l’efficience de sa réception évidemment.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baranski (Sandrine), "Manières de créer des sons : l'œuvre musicale versus le dispositif musical", Revue Déméter, novembre 2009, Université Lille 3,
  • Danto (Arthur C.), The Transfiguration of the Commonplace, New York, Harvard University Press, 1981. Tr. fr. de Hary-Schaeffer(Claude), La Transfiguration du banal - Une philosophie de l’art, Paris, Le Seuil, coll. Poétique, 1989, 330 p.
  • Françoise Chaudenson, À qui appartient l'œuvre d'art ?, Paris, Armand Colin, 2007, 309 p.
  • Genette (Gérard), L’œuvre de l’art. Immanence et transcendance, Paris, Le Seuil, coll. Poétique, 1994, 301 p.
  • Haar (Michel), L’œuvre d'art: essai sur l'ontologie des œuvres, Paris, Hatier, 1994, 79 p.
  • Dallet (Sylvie), Chapouthier (Georges) et Noel (Emile)(sous la direction de), La création –définitions et défis contemporains,Paris, Éditions L’Harmattan, 2009, 243 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]