Éventration

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la complication chirurgicale, voir Éventration (médecine).

L’éventration ou éviscération est l'ablation d'une partie ou de la totalité des organes du tractus gastro-intestinal (les intestins, ou viscères), habituellement par une incision horizontale pratiquée dans la région abdominale. L'éviscération peut résulter d'un accident, mais a également été utilisé comme méthode de torture et d'exécution. Dans de telles pratiques, l'éviscération peut s'accompagner d'autres formes de torture ou du prélèvement d'autres organes vitaux.

Méthode d'exécution[modifier | modifier le code]

Si une créature vivante est éventrée, elle meure sauf intervention médicale majeure. Historiquement, l'éviscération a été utilisée comme une forme sévère de peine capitale. Si le tractus intestinal est enlevé seul, la mort s'ensuit après plusieurs heures de douleurs atroces. Cependant, dans certaines formes d'éviscération intentionnelle, la décapitation ou l'ablation du cœur et des poumons accélérerait la mort de la victime.

Japon[modifier | modifier le code]

L'éventrement existe au Japon où elle est connue sous l'appellation erronée de hara-kiri. Cette méthode de suicide très codifiée dans le Japon médiéval se nomme en fait seppuku. Au Japon, l'éviscération jouait un rôle central comme méthode d'exécution ou de suicide rituel d'un samouraï. En se suicidant par cette méthode, ils étaient considérés comme lavés du déshonneur résultant de leurs crimes. La forme la plus courante d'éviscération était appelée en japonais seppuku (ou, dans le jargon, hara-kiri), littéralement « coupe de l'estomac », c'est-à-dire deux coupures à travers l'abdomen, parfois suivies de l'arrachage de ses propres viscères. L'acte de décapitation par une seconde (kaishaku-nin) a été ajouté ultérieurement à ce suicide rituel afin de raccourcir la souffrance du samouraï, une tentative de rendre le rituel plus humain. Plus tard, le couteau pour l'éviscération n'était plus que symbolique et le condamné était décapité avant qu'il ne puisse l'atteindre. La réalisation d'un crime ou d'un acte déshonorant n'était qu'une des nombreuses raisons de l'exécution du seppuku ; d'autres incluaient l'expiation de la lâcheté, comme moyen de s'excuser, ou à la suite de la perte d'une bataille ou de la reddition d'un château.

Europe[modifier | modifier le code]

Elle a été une méthode d'exécution sommaire pratiquée à Rome et en Grèce. Elle nécessitait une mise en œuvre longue et complexe en Orient. Elle fut aussi utilisée pendant les guerres de religion en Europe contre des catholiques.

L'éviscération est une technique qui fut utilisée par certains criminels, comme Jack l'Éventreur.

Dans le monde animal[modifier | modifier le code]

Un mécanisme de défense des holothuries (concombres de mer) consiste à éjecter une grande partie de leurs organes internes : on parle alors d’« éviscération ». L’holothurie continue ensuite ses mouvements respiratoires, drainant l’eau de mer directement dans la cavité générale du corps, et vit quelques semaines au ralenti jusqu’à ce que de nouveaux organes soient régénérés (ce qui peut prendre entre 7 et 145 jours suivant les espèces et les conditions)[1]. Ce phénomène n'est observé que chez deux ordres : les Dendrochirotida (qui s'éviscèrent par la bouche) et les Aspidochirotida (qui s'éviscèrent par la partie postérieure ou cloacale)[1]. L'éviscération semble également parfois avoir lieu en dehors d'une agression, peut-être dans un but purgatif[1].

Il ne faut pas confondre ce phénomène à l'éjection par certaines espèces de tubes de Cuvier, qui sont des organes défensifs collants et urticants[2].

Embaumement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embaumement.

Le processus d'embaumement comprend parfois l'ablation des organes internes. La momification, surtout telle que pratiquée par les anciens Égyptiens, impliquait l'ablation des organes internes avant la momification du reste du corps. Les organes prélevés étaient embaumés, stockés dans des bocaux canopes, puis placés dans la tombe avec le corps.

James Cook, lors de son deuxième voyage, a noté une coutume d'embaumement sur certaines des îles du Pacifique que son équipage a visitées, une coutume utilisant l'éviscération transanale[3] :

Nous avons trouvé le corps non seulement entier dans chaque partie, mais, ce qui nous a beaucoup plus surpris, c'est que la putréfaction avait à peine commencé (...) ; bien que le climat soit l'un des plus chauds et que Tee soit mort depuis plus de cinq mois.(...) Telles étaient les remarques de M. Anderson à moi, qui m'a également dit, sur sa demande la méthode pour effectuer cette conservation de leurs cadavres, il avait été informé, que, peu après leur mort, ils étaient éviscérés, en tirant leurs intestins, et autres viscères, au travers de l'anus ; et toute la cavité était alors remplie de tissu ; introduit par la même partie (.....)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Christopher Mah, « Sea Cucumber Evisceration : Defense, Regeneration, Why ? », sur Echinoblog, .
  2. (en) Christopher Mah, « Sea Cucumber Defense Pt.2 : Evisceration of Cuvierian Tubules », sur Echinoblog, .
  3. (en) The Hibernian Magazine, Or, Compendium of Entertaining Knowledge, James Potts, (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]