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Éric Sadin

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Éric Sadin
En .
Biographie
Naissance
(52 ans)
Nationalité
Activités

Éric Sadin, né le (52 ans)[1], est un écrivain et philosophe français, principalement connu pour ses écrits technocritiques.

Jeunesse, famille, formation

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Éric Sadin est le fils d'une mère cheffe d'entreprise et d'un père avocat et directeur de cabinet ministériel[2].

En 2002, il est lauréat de la Villa Kujoyama[3], établissement artistique du réseau de coopération culturelle du ministère des affaires étrangères.

Éric Sadin explore à partir de la fin des années 1990 certaines des mutations décisives du monde numérique de la fin du XXe et du début du XXIe siècle ainsi que leurs implications politiques et civilisationnelles. Le déclic se produit en 1998, lorsqu'Éric Sadin acquiert pour la première fois une connexion internet et un téléphone portable. Constatant la facilité de communication et de circulation des informations entre individus malgré la distance, il va développer l'idée de l'émergence d'« un nouveau moment de l’histoire de l’humanité, tant dans nos comportements individuels que collectifs »[4],[5].

En 1999, il fonde la revue éc/artS, dédiée aux pratiques artistiques et aux nouvelles technologies[6],[source secondaire souhaitée]. La publication de la revue s'achève en 2003[7],[source secondaire souhaitée].

Il commence à se faire connaître en publiant en 2009 son livre Surveillance globale : enquête sur les nouvelles formes de contrôle[8]. Selon Le Monde, ce livre fait d'Éric Sadin l'un « des rares penseurs à s’interroger sur les limites de la révolution numérique en cours » et à en proposer une analyse multidimensionnelle — historique, philosophique, économique, idéologique et sociologique. Éric Sadin met en avant les aspects négatifs des nouvelles technologies, affirmant que la société de l'information est aussi une société de surveillance au service d'intérêts économiques. Il poursuit ses thèses dans L’Humanité augmentée. L’administration numérique du monde, publié en 2013, ou encore La Siliconisation du monde. L’irrésistible expansion du libéralisme numérique, publié en 2016. À partir de 2018, il consacre une grande part de son travail à l'intelligence artificielle[4].

Il devient un intervenant régulier à Sciences Po notamment à Paris[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15].

Il a été aussi professeur à l’école supérieure d’art de Toulon, et professeur invité à l’ECAL de Lausanne et à l’université d’art IAMAS, à Ōgaki (Japon)[9],[source insuffisante].

En 2022, dans L’Ère de l’individu tyran. La fin d’un monde commun, il affirme que les réseaux sociaux ont participé massivement à une exacerbation de l'individualisme, et une atomisation des sociétés. La subjectivité personnelle prendrait le pas sur les références universelles, et l'usage des réseaux sociaux conduiraient à des comportements de ressentiment et de colère permettant de compenser une dépossession de l'existence[16].

Intelligence artificielle

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En 2018, il publie L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle, où il estime que l'IA est une révolution à laquelle il faut résister, tant, selon lui, elle « engendre une mise au ban progressive de l’humain »[17]. Il donne des exemples, comme le remplacement du diagnostic médical humain par l'IA, l'examen automatisé des conditions de délivrance d'un prêt bancaire, l'utilisation de robots numériques pour effectuer le recrutement des candidats. Il alerte sur la marginalisation de l'évaluation humaine face à la montée de l'automatisation, et va plus loin, y voyant une possibilité d'effacement du politique et d'asservissement aux analyses produites par les machines[18].

En 2023, il continue d'explorer les conséquences de l'utilisation de l'IA et s'inquiète d'une soumission de l'humain aux machines dans l'essai La Vie spectrale. Penser l’ère du métavers et des IA génératives[4].

En février 2025, alors que se déroule à Paris le Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle auquel participent de nombreux chefs d’État, il organise un contre-sommet avec le journaliste Eric Barbier, référent IA générative au sein du Syndicat national des journalistes. Cette contre-manifestation, intitulée Pour un humanisme de notre temps, se veut orientée « contre les discours qui nous promettent monts et merveilles avec l’IA »[19], et se tient le 10 février au Théâtre de la Concorde à quelques centaines de mètres du Sommet. Elle a deux objectifs : faire entendre des témoignages sur des professions déjà impactées (écrivains, enseignants, journalistes, traducteurs, doubleurs, créateurs de films d'animation, certaines professions médicales), et créer une mobilisation, à l'image de la grève des scénaristes américains en 2023, dont l'une des revendications consistait à refuser que l'IA remplace les humains[4],[20],[19]. Eric Sadin déclare que l'usage de l'IA peut relever d'un « renoncement à l’usage de nos facultés les plus fondamentales », tandis qu'Eric Barbier, qui travaille à l'Est républicain, affirme que l’IA générative y est utilisée pour retravailler les textes de correspondants locaux, et qu'elle devient « un outil de productivité, d’automatisation des tâches pour réduire les effectifs », tout en remettant en cause « le pluralisme de la presse » et la « diversité de la pensée humaine »[20].

En octobre 2025, il poursuit son analyse avec l'essai Le désert de nous-mêmes, estimant que l'intelligence artificielle générative, qui peut effectuer des tâches cognitives plus rapidement que l'être humain, représente un tournant dans l'histoire de l'humanité. Il en examine les probables conséquences sociales, notamment l'utilisation croissante de l'IA dans l'éducation, et appelle à une réflexion critique urgente. Sadin affirme que « face à l’ouragan des IA génératives, il nous reste deux ou trois ans pour agir », sinon, il sera trop tard pour les réguler. Libération, qui décrit le philosophe comme « vu par les uns comme un prophète de malheur et par les autres comme un lanceur d’alerte extralucide », estime que l'ouvrage pose une « question vertigineuse » : « que va-t-il rester à l’humanité quand les assistés numériques que nous sommes délégueront totalement l’apprentissage, la création et la formation du savoir à des machines ? »[21],[22],[23].

Ouvrages parus

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Interview pour la sortie : Alexandre Devecchio, « Éric Sadin: « Demain, avachis sur notre canapé, nous dirons : “ChatGPT, rédige-moi une lettre d’amour” » », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Le Désert de nous-mêmes : Le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle, l’Echappée,

Notes et références

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  1. « Notice de la BNF », sur BNF (consulté le )
  2. Camille Rio, « Eric Sadin, avant le déluge », sur Libération (consulté le )
  3. « Éric Sadin / 7 au carré », sur Remue.net (consulté le ).
  4. a b c et d Samuel Blumenfeld, « Le philosophe Eric Sadin, oracle d’une IA qui dégénère », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Eric Sadin : podcasts et actualités », sur Radio France (consulté le )
  6. « éc/artS », sur ericsadin.org (consulté le ).
  7. « Techno-pouvoir et critique citoyenne (La vie Algorithmique) par Eric Sadin | MOOC Digital Paris », sur moocdigital.paris (consulté le )
  8. Éric Sadin, Surveillance globale. Enquête sur les nouvelles formes de contrôle : ENQUETE SUR LES NOUVELLES FORMES DE CONTROLE, Climats, , 241 p. (ISBN 978-2-08-123545-8, lire en ligne).
  9. a et b Vincent Trémolet de Villers, « Eric Sadin : La silicolonisation du monde nous mènera du rêve au cauchemar », sur Le Figaro, (consulté le )
  10. Charles Napoux, « Sciences Po - l'Udecam et le SEPM marketing & publicité proposent une formation "construire l'avenir de la Presse Magazine" », (consulté le )
  11. « Executive Education - Construire l'avenir de la presse magazine », sur SciencesPo, (consulté le )
  12. « Conférence : « De quoi l’intelligence artificielle est-elle le nom ? » avec Éric Sadin et Daniel Andler. », sur Sciences Po Rennes, (consulté le )
  13. « KDDP MS01 - Décoder l'intelligence artificielle pour le marketing », sur syllabus.sciencespo.fr, automne 2025-2026 (consulté le )
  14. « Sciences Po - Course Directory - KEMI 2135 - Critique de la raison numérique : innovation, sociétés et libertés », sur syllabus.sciencespo.fr, (consulté le )
  15. « Forum France Culture avec Sciences Po : “L’année vue par… le numérique” », sur Sciences Po, (consulté le )
  16. Claude Morilhat, « Éric Sadin, L’Ère de l’individu tyran. La fin d’un monde commun, Grasset, 2020, 250 p., 20,40 € », La Pensée, vol. 412, no 4,‎ , p. 132–135 (ISSN 0031-4773, DOI 10.3917/lp.412.0132, lire en ligne, consulté le )
  17. Loup Besmond de Senneville, « Éric Sadin : « L’intelligence artificielle engendre une mise au ban progressive de l’humain » », sur La Croix, (consulté le )
  18. « Intelligence Artificielle : l’enjeu du siècle », sur France Culture, (consulté le )
  19. a et b Alexandre Piquard, « Intelligence artificielle : le philosophe Eric Sadin propose un « contre-sommet de l’IA » à Paris début 2025 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. a et b AFP, « Un "contre-sommet de l'IA" à Paris pour témoigner des conséquences sur nos vies », sur La Croix, (consulté le )
  21. Matthieu Écoiffier et Jean-Christophe Féraud, « Eric Sadin : «Face à l’ouragan des IA génératives, il nous reste deux ou trois ans pour agir» », sur Libération, (consulté le )
  22. Philippe Rioux, « "Le désert de nous-mêmes" : la critique radicale d’Éric Sadin face aux illusions de l’intelligence artificielle », sur ladepeche.fr, (consulté le )
  23. « « Le Désert de nous-mêmes » d’Éric Sadin : un guide d’exigences et d’actions face aux IA », sur L'Humanité, (consulté le )
  24. « Éric Sadin : l'asservissement par l'Intelligence Artificielle ? », sur Thinkerview, .
  25. « Éric Sadin : "Nos psychés sont marquées par des désillusions successives" », France Culture, La grande table Idées par Maylis Besserie, le .
  26. « IA générative, histoire d’une dépossession annoncée », sur France Inter, (consulté le ).

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Articles connexes

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Liens externes

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