Énergie en Nouvelle-Zélande

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Énergie en Nouvelle-Zélande
Image illustrative de l'article Énergie en Nouvelle-Zélande
Centrale géothermique de Wairakei, 2009
Bilan énergétique (2014)
Offre d'énergie primaire (TPES) 20,6 M tep
(861 PJ)
par agent énergétique électricité : 34,5 %
pétrole : 31,7 %
gaz naturel : 21,4 %
charbon : 6,8 %
Énergies renouvelables 34,5 %
Consommation totale (TFC) 12,7 M tep
(530,3 PJ)
par habitant 2,8 tep/hab.
(118,9 GJ/hab.)
par secteur ménages : 11,3 %
industrie : 36 %
transports : 37,1 %
services : 9,4 %
agriculture : 5,2 %
pêche : 0,8 %
Électricité (2014)
Production 43,55 TWh
par filière hydro : 55,9 %
thermique : 20,8 %
autres : 16,8 %
éoliennes : 5,1 %
biomasse/déchets : 1,5 %
Combustibles (2014 -Mtep)
Production pétrole : 2,08
gaz naturel : 4,38
charbon : 2,34
Commerce extérieur (2014 -Mtep)
Importations pétrole : 7,59
charbon : 0,24
Exportations pétrole : 2,03
charbon : 1,25
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

Le secteur de l'énergie en Nouvelle-Zélande présente plusieurs caractéristiques originales :

  • l'Île du Sud dispose, grâce à sa pluviosité exceptionnelle, de ressources hydroélectriques abondantes : l'hydroélectricité assurait 55,9 % de la production électrique de la Nouvelle-Zélande en 2014 ;
  • l'Île du Nord, dotée d'un volcanisme très actif, a des ressources géothermiques importantes : la géothermie assurait 16,7 % de sa production électrique en 2014 ; la Nouvelle-Zélande était en 2014 le 4e producteur mondial d'électricité géothermique avec 9,4 % du total mondial ;
  • l'abondance de ressources, hydroélectriques en particulier, a attiré l'industrie de l'aluminium, dont les procédés électrolytiques sont très consommateurs d'électricité : l'industrie des métaux de base consomme 16 % de l'électricité produite dans le pays.

La Nouvelle-Zélande produit du pétrole, du gaz naturel et du charbon ; elle importe du pétrole (85 % de sa consommation intérieure), exporte du charbon (43 % de sa production) et consomme la totalité de sa production de gaz naturel. Sa production d'électricité est tirée à 79,2 % des énergies renouvelables (hydraulique : 55,9 % ; géothermie : 16,7 % ; éolien : 5,1 %).

La consommation d'énergie primaire par habitant était en 2014 supérieure de 144 % à la moyenne mondiale et de 11 % à la moyenne des pays de l'OCDE, à cause de la présence d'usines d'aluminium.

Du fait de cette forte consommation et malgré ses ressources renouvelables, la Nouvelle-Zélande a des émissions de CO2 par habitant supérieures de 57 % à la moyenne mondiale en 2014.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs sur l'énergie en Nouvelle-Zélande[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Importation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 3,37 12,83 11,53 2,12 29,88 21,74
2000 3,87 17,09 14,29 3,35 36,20 28,97
2008 4,27 17,39 14,97 2,94 40,71 33,45
2009 4,32 17,53 15,30 3,46 40,46 30,46
2010 4,36 18,38 16,89 2,92 41,78 30,35
2011 4,39 18,31 16,12 3,44 41,47 29,65
2012 4,42 19,21 16,05 3,75 41,26 31,21
2013 4,46 19,37 16,19 4,62 40,38 30,96
2014 4,46 20,56 17,05 4,56 40,71 31,24
variation
1990-2014
+32,3 % +60,2 % +47,9 % +115,1 % +36,2 % +43,7 %

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire en Nouvelle-Zélande par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 1,42 12,3 2,07 14,5 3,14 18,6 2,74 2,34 13,7 +65 %
Pétrole 1,97 17,1 1,94 13,6 2,75 16,3 1,86 2,08 12,2 +6 %
Gaz naturel 3,87 33,6 5,05 35,4 3,85 22,8 4,02 4,38 25,7 +13 %
Total fossiles 7,26 63,0 9,07 63,5 9,74 57,7 8,62 8,80 51,6 +21 %
Hydraulique 1,99 17,3 2,10 14,7 2,13 12,6 1,98 2,09 12,3 +5 %
Biomasse-déchets 0,75 6,5 1,11 7,8 1,19 7,1 1,14 1,15 6,7 +53 %
Géothermie, éolien, solaire 1,52 13,2 2,00 14,0 3,83 22,7 4,45 5,00 29,3 +229 %
Total EnR 4,27 37,0 5,22 36,5 7,15 42,3 7,57 8,25 48,4 +93 %
Total 11,53 100 14,29 100 16,88 100 16,19 17,05 100 +48 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1].

Charbon[modifier | modifier le code]

Consommation de charbon de la Nouvelle-Zélande, 1878-2009

Les réserves sont estimées à plus de 15 milliards de tonnes, dont 80 % sont des lignites. La production de charbon a été en 2013 de 4,6 millions de tonnes (en baisse de 6 %), provenant de 21 mines, dont 1,9 Mt du gisement de Buller dans l'île du Sud (région de West Coast) et 1,2 Mt de celui de Rotowaro dans l'île du Nord (région de Waikato) ; le lignite ne représente que 6 % du total ; 2,1 Mt ont été exportés, principalement vers l'Inde et le Japon ; la consommation intérieure de charbon a baissé de 10 % à 2,9 Mt, dont 40 % pour la production d'électricité, du fait de la réduction de 40 % de la consommation de charbon à la centrale d'Huntly résultant d'une meilleure hydraulicité. Genesis Energy a annoncé son intention de fermer une des quatre vieilles unités charbon/gaz de la centrale d'Huntly et d'en mettre une deuxième sous cocon[e 1].

Pétrole et gaz naturel[modifier | modifier le code]

Production de gaz naturel en Nouvelle-Zélande, Gm3

Le puits Alpha, foré en 1865 près de Mikotahi à New Plymouth, fut le premier puits de pétrole du Commonwealth et l'un des premiers au monde. Une industrie pétrolière se développa à Moturoa, dans la banlieue de New Plymouth, avec des raffineries, dont la dernière ferma en 1972 ; le champ continue à produire un peu de pétrole.

La Nouvelle-Zélande produit du pétrole et du gaz naturel sous 24 licences ou permis d'exploitation, tous dans le bassin de Taranaki ; les principaux champs sont Maui, Pohokura, Maari et Kupe. 52 permis d'exploration sont en cours, en particulier dans le Great South Basin à l'extrémité sud de l'île du Sud et des zones offshore près de Canterbury et Gisborne.

Les réserves de pétrole sont en voie d'épuisement : sur les 3 101 PJ de réserves ultimes récupérables, seuls 826 PJ restent à extraire[e 2] ; pour le gaz naturel, sur 8 793 PJ de réserves ultimes récupérables, 2 642 PJ restent à extraire, pour l'essentiel dans les champs de Pohokura, Maui, Kupe et Mangahewa[e 3].

La production de pétrole décline d'année en année depuis 2008 (58 600 barils par jour, soit 128 PJ) ; en 2013, elle a encore baissé de 14 % à 35 500 barils par jour, soit 74 PJ. Les exportations de brut ont reculé de 19 % à 11 Mbbl/j (67 PJ) ; la production de pétrole néo-zélandaise est généralement exportée, surtout en Australie, car sa qualité élevée lui confère un prix attractif sur les marchés internationaux ; seulement 3 % ont été envoyés à la raffinerie de Marsden Point en 2013[e 4].

Les importations de pétrole brut ont baissé de 2 % en 2013 à 243 PJ (59 % du Moyen-Orient, 27 % d'Asie, 10 % de Russie), mais celles de produits pétroliers ont augmenté de 15 % à 93 PJ, dont 40 % provenant de Singapour et 35 % de Corée du Sud. La production de la raffinerie a baissé de 5 % à 229 PJ[e 5].

La production brute de gaz a progressé de 8 % en 2013 à 230 PJ, et la production nette (diminuée des réinjections et usages internes) de 7 % à 181 PJ, niveau le plus élevé depuis le record de 2002, apogée de la production du champ de Maui[e 6].

La consommation de gaz naturel est surtout consacrée à la production d'électricité : 40,7 % en 2013 (54 PJ plus cogénération : 17 PJ) ; 28 % vont aux usages énergétiques industriels et 22,8 % aux usages non énergétiques (chimie) ; la consommation des ménages n'est que de 3,3 % et celle des services de 4,4 %[e 7]. La société Methanex a consommé 16 PJ (+52 %) pour produire du méthanol[e 8].

La Nouvelle-Zélande a une raffinerie de pétrole : Marsden Point (96 000 barils par jour), à Whangarei, et un stockage souterrain de gaz à Ahuroa dans la région de Taranaki.

Géothermie[modifier | modifier le code]

Forage géothermique près du Lac Taupo, 2007.
Têtes de puits géothermiques à Te Mihi, Nouvelle-Zélande, 2009.

Sur les 129 zones géothermiques identifiées en Nouvelle-Zélande, 14 sont dans la plage 70-140 °C, 7 dans la plage 140-220 °C et 15 dans la plage >220 °C. La zone volcanique de Taupo s'étend de White Island dans la Baie de l'Abondance vers le sud-ouest jusqu'au Mont Ruapehu. Les champs géothermiques sont associés avec un volcanisme rhyolitique jeune et actif. L'intrusion de magma dans la croûte étirée et fracturée de la zone a produit des températures de 350 °C au minimum à moins de 5 km de profondeur, ce qui fournit une énorme source de chaleur à partir de laquelle des systèmes géothermiques se sont développés et maintenus sur des périodes de centaines de milliers d'années. Aa total, 29 zones géothermiques ont été identifiées, bien que seules environ la moitié ont un potentiel d'utilisation de la ressource. Les utilisations sont diverses : bains thermaux, vapeur pour séchage de papier ou de bois et pour de nombreux process industriels, et surtout pour la production d'électricité[3].

Sur les 200,15 PJ d'énergie primaire produites par la géothermie, 187,11 PJ (93,5 %) ont été transformés en électricité et 11,66 PJ (5,8 %) ont été consommés sous forme de chaleur, essentiellement par l'industrie : 8,38 PJ (4,2 %) et les services : 2,25 PJ (1,1 %)[4].

Autres renouvelables[modifier | modifier le code]

En 2013, l'utilisation directe de la chaleur produite à partir d'énergies renouvelables est estimée à 64 PJ, pour l'essentiel sous forme de bois et de chaleur géothermique pour des applications chaleur dans le commerce et l'industrie. Le recensement de 2013 a révélé que 36 % des ménages néo-zélandais utilisent du bois pour leur chauffage. La production d'agrocarburants est estimée à 5,2 millions de litres, en baisse de 26 % ; la production de bio-diesel est tombée à son niveau le plus bas depuis le début des statistiques en 2007, après la fin des aides ; le bioéthanol représente donc 95 % de la production locale d'agrocarburants, dont la consommation a été de 6,5 millions de litres, avec 1,3 Ml importés ; le bioéthanol néo-zélandais est produit par fermentation du petit lait, sous-produite de la fabrication du fromage[e 9].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Approvisionnement en énergie primaire de la Nouvelle-Zélande en 2013 (PJ).

En 2013, la consommation d'énergie primaire en Nouvelle-Zélande s'est accrue de 1,4 % (un peu moins que le taux moyen depuis 2008 : +1,8 % par an) et s'est répartie en[e 10] :

  • énergies renouvelables : 38,2 % (37,5 % en 2012) ; cette part place le pays au 3e rang parmi les pays de l'OCDE après l'Islande et la Norvège ; 20 % proviennent de la géothermie ;
  • pétrole : 33 % ;
  • gaz naturel : 22 %.
Consommation d'énergie primaire en Nouvelle-Zélande par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 1,19 9,2 1,11 6,5 1,31 7,1 1,43 1,40 6,8 +18 %
Pétrole 3,51 27,3 5,71 33,4 6,19 33,7 6,39 6,52 31,7 +86 %
Gaz naturel 3,87 30,2 5,06 29,6 3,73 20,3 3,98 4,39 21,4 +13 %
Total fossiles 8,57 66,7 11,87 69,5 11,23 61,1 11,80 12,32 59,9 +44 %
Hydraulique 1,99 15,5 2,10 12,3 2,13 11,6 1,98 2,09 10,2 +5 %
Géothermie, éolien 1,52 11,8 2,00 11,7 3,83 20,8 4,45 5,00 24,3 +229 %
Biomasse-déchets 0,75 5,9 1,11 6,5 1,19 6,5 1,14 1,15 5,6 +53 %
Total EnR 4,27 33,3 5,22 30,5 7,15 38,9 7,57 8,25 40,1 +93 %
Total 12,83 100 17,09 100 18,38 100 19,37 20,56 100 +60 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

La consommation d'énergie primaire par habitant était en 2014 de 4,61 tep, supérieure de 144 % à la moyenne mondiale : 1,89 tep, et même de 11 % à la moyenne des pays de l'OCDE : 4,16 tep[5].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie (après raffinage, transformation en électricité, transport, etc) a évolué comme suit :

Consommation finale d'énergie en Nouvelle-Zélande par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 0,68 6,9 0,52 4,0 0,60 4,7 0,61 0,62 4,3 -8 %
Produits pétroliers 4,03 41,4 5,31 41,0 5,90 45,7 5,93 6,07 42,4 +51 %
Gaz naturel 1,80 18,5 3,01 23,3 1,78 13,8 2,25 3,01 21,1 +67 %
Géothermie 0,17 1,7 0,19 1,5 0,24 1,8 0,26 0,29 2,0 +69 %
Biomasse-déchets 0,62 6,4 0,96 7,4 1,04 8,0 0,99 0,99 6,9 +60 %
Électricité 2,43 25,0 2,95 22,8 3,37 26,1 3,29 3,32 23,2 +37 %
Total 9,72 100 12,94 100 12,92 100 13,33 14,30 100 +47 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1].

Secteur de l'électricité[modifier | modifier le code]

La production d'électricité 2013 s'est répartie entre :

  • Meridian Energy (entreprise d'État) : 33 % ;
  • Contact Energy (entreprise privée) : 24 % ;
  • Mighty River Power (entreprise d'État) : 15 % ;
  • Genesis Power (entreprise d'État) : 14 % ;
  • Trust Power (entreprise privée) : 5 % ;
  • autres indépendants et autoproducteurs : 8 %[e 11].

La production électrique de la Nouvelle-Zélande, qui appartenait à l'État comme dans la plupart des pays, a été constituée en sociétés, déréglementée et en partie vendue au cours des deux dernières décennies du XXe siècle, selon un modèle typique dans le monde occidental. Cependant, une grande partie de la production et du commerce de détail ainsi que le secteur du transport restent la propriété de l'État sous forme d'entreprises d'État.

Le quatrième gouvernement travailliste (1984-1990) a transformé en 1987 la Division de l'électricité (Electricity Division) en une entreprise d'État, la Société d'électricité de la Nouvelle-Zélande (Electricity Corporation of New Zealand - ECNZ), ou Electricorp. Le quatrième gouvernement conservateur (1990-1999) est allé plus loin avec la Loi sur les sociétés d'énergie de 1992, enjoignant les EPB (electric power boards - coopératives locales d'électricité) et les MED (municipal electricity departments - régies municipales d'électricité) à se transformer en entreprises commerciales chargées de la distribution et de la vente au détail.

En 1994, la branche transport de ECNZ a été séparée sous le nom de Transpower. En 1996, ECNZ a été divisée à nouveau, une nouvelle entreprise de production en étant détachée : Contact Energy, qui a été privatisée en 1999. À partir du 1er avril 1999, le reste de ECNZ a été démantelé, ses actifs majeurs étant répartis en trois nouvelles entreprises publiques (Mighty River Power, Genesis Energy et Meridian Energy) et les actifs mineurs ont été vendus. Dans le même temps, les compagnies d'électricité locales ont été enjointes de séparer la distribution et la vente au détail, la vente au détail étant vendue, principalement à des sociétés de production.

Contact Energy est l'un des deux grands groupes énergétiques néo-zélandais, après Meridian Energy : production d'électricité, négoce de gaz, vente au détail d'électricité et de gaz ; sont principal actionnaire est l'australien Origin Energy. Trust Power a deux actionnaires principaux (néozélandais) : Infratil et le Tauranga Energy Consumer Trust.

Le gouvernement a annoncé en mars 2014 la vente de 49 % du capital de Genesis Energy[6].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

La production brute d'électricité a reculé de 2,3 % en 2013, à 43,26 TWh, dont 75,1 % provenaient de sources renouvelables (72,8 % en 2012) : la production géothermique a augmenté de 3,6 % ainsi que la production hydroélectrique, et la demande a baissé, réduisant le besoin de production à base de charbon[e 12].

Production brute d'électricité en Nouvelle-Zélande par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 0,66 2,1 1,55 3,9 2,06 4,6 2,40 1,96 4,5 +195 %
Gaz naturel 5,71 17,7 9,57 24,4 9,92 22,1 8,70 7,09 16,3 +24 %
Sous-total fossiles 6,38 19,8 11,12 28,3 11,98 26,7 11,10 9,06 20,8 +42 %
Hydraulique 23,18 71,9' 24,43 62,3 24,72 55,1 23,04 24,34 55,9 +5 %
Géothermie 2,13 6,6 2,92 7,4 5,88 13,1 6,42 7,26 16,7 +241 %
Biomasse-déchets 0,50 1,5 0,59 1,5 0,60 1,3 0,64 0,63 1,5 +27 %
Éolien 0 0,12 0,3 1,63 3,6 2,02 2,21 5,1 ns
Autres 0,07 0,2 0,07 0,2 0,06 0,1 0,04 0,04 0,1 -48 %
Sous-total EnR 25,88 80,2 28,13 71,7 32,89 73,3 32,16 34,49 79,2 +33 %
Total 32,26 100 39,25 100 44,88 100 43,27 43,55 100 +35 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[7].

La puissance installée des centrales néo-zélandaises atteignait 9 602 MW fin 2012[d 1], répartie en centrales :

  • de cogénération : 557 MW (dont 330 MW au gaz et 227 MW multi-combustibles) ;
  • hydroélectriques : 5 254 MW
  • géothermiques : 723 MW ;
  • à biogaz : 29 MW ;
  • éoliennes : 621 MW ;
  • diesel : 164 MW ;
  • charbon/gaz : 750 MW ;
  • gaz : 1 503 MW.

Centrales thermiques classiques[modifier | modifier le code]

Centrale d'Huntly (1 448 MW, charbon + gaz), 2005

En 2013, les centrales thermiques classiques ont assuré 24,7 % de la production d'électricité :

  • gaz : 19,4 %, comme en 2012 ;
  • charbon : 5,3 %, contre 7,8 % en 2012[e 13].

Les centrales au gaz représentent 40,7 % de la consommation de gaz naturel en 2013 : 54 PJ plus 17 PJ de cogénération ; les centrales concernées sont l'unité 5 à cycle combiné de la Centrale d'Huntly (Genesis Energy) et les centrales de Contact Energy : Otahuhu B, Taranaki cycle combiné et Stratford[e 8].

Centrales nucléaires[modifier | modifier le code]

Le projet de centrale nucléaire d'Oyster Point, sur le port de Kaipara près de Kaukapakapa au nord d'Auckland, développé de 1968 à 1976, prévoyait la construction de quatre réacteurs de 250 MW. En 1976, ce projet fut abandonné du fait de la découverte du gisement de gaz de Maui[8]. Depuis 1976, l'idée d'une centrale nucléaire, particulièrement dans la région d'Auckland, est réapparue de temps à autre, mais il n'existe pas de projet précis.

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

En 2013, la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité en Nouvelle-Zélande atteignait 75,1 % (72,8 % en 2012) ; cette part plaçait la Nouvelle-Zélande au 4e rang des pays de l'OCDE en 2012[e 9]. La contribution principale provient de l'hydroélectricité : 54,5 % en 2013 (53 % en 2012), suivie par la géothermie : 14,5 % (13,7 % en 2012), l'éolien : 4,8 % et la biomasse : 1,4 %[e 13].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]
Barrage de Clyde, octobre 2013
Barrage de Roxburgh, 2009

Les centrales hydroélectriques ont produit 22 815 GWh en 2013, soit 54,5 % de la production nette du pays[d 2].

L'aménagement hydroélectrique de la Waitaki[9] comprend huit centrales sur la rivière Waitaki :

  • Tekapo A et B, appartenant à Genesis Energy ;
  • Ōhau A, B et C, Benmore, Aviemore et Waitaki, appartenant à Meridian Energy.

Le gouvernement de Nouvelle-Zélande identifia le potentiel hydroélectrique de la vallée du Waitaki dès 1904. mais les travaux sur ce grand projet ne commencèrent qu'en 1928, avec la construction du barrage de Waitaki, dans le cadre des « grands travaux » lancés en réponse à la Grande Dépression des années 1930. En 1958, l'aménagement de la Waitaki moyenne commença par la construction du barrage de Benmore et de la ligne à courant continu, qui constitua l'amorce du réseau d'interconnexion national. Cet aménagement s'acheva en 1968 avec la mise en service de la centrale d'Aviemore. L'aménagement de la Waitaki supérieure commença en 1968 en réponse au besoin croissant d'électricité de la Nouvelle-Zélande. Il comprend quatre centrales, deux barrages et six canaux (56 kilomètres). Il s'acheva en 1985 avec la mise en service de la dernière centrale, Ōhau C.

L'aménagement hydroélectrique du Waikato comprend huit barrages et neuf centrales, dont :

  • Maraetai I et II
  • Arapuni
  • Ohakuri

En amont, l'aménagement hydroélectrique de Tongariro turbine les eaux de plusieurs affluents dans trois centrales : Rangipo, Tokaanu et Mangaio, puis les déverse dans le lac Taupo qui alimente le Waikato.

Salle des turbines, centrale de Manapouri, 2007

La centrale de Manapouri, la plus puissante de Nouvelle-Zélande (850 MW), a été construite de 1964 à 1972 surtout pour alimenter la fonderie d'aluminium de Tiwai Point, propriété de Rio Tinto et Sumitomo, près de Bluff, à 160 km au sud-ouest. Une campagne de protestation (Save Manapouri Campaign) contre la surélévation du niveau du lac Manapouri pour accroître la hauteur de chute de la centrale, eut un grand retentissement et constitua un des fondements du mouvement écologiste de Nouvelle-Zélande[10].

Principales centrales hydroélectriques :

Nom Localité Exploitant Puissance (MW) Mise en service Notes
Arapuni est de Putaruru, Waikato Mighty River Power 196,7 1929, 1946
Aviemore est d'Otematata, Canterbury Meridian Energy 220 1968 [9]
Benmore nord d'Otematata, Canterbury Meridian Energy 540 1965 [9]
Clyde près de Clyde, Otago Contact Energy 432 1992
Manapouri Lac Manapouri, Île du Sud Meridian Energy 850 1971, 2002
Maraetai I près de Mangakino, Waikato Mighty River Power 252 1954
Maraetai II près de Mangakino, Waikato Mighty River Power 108 1971
Ohakuri entre Taupo et Tokoroa, Waikato Mighty River Power 112 1962
Ohau A ouest de Twizel, Canterbury Meridian Energy 264 1980 [9]
Ohau B est de Twizel, Canterbury Meridian Energy 212 1984 [9]
Ohau C est de Twizel, Canterbury Meridian Energy 212 1985 [9]
Rangipo sud de Turangi, Waikato Genesis Energy 120 1983
Roxburgh près de Roxburgh, Otago Contact Energy 320 1956
Tekapo B Lac Pukaki, Canterbury Genesis Energy 160 1977 [9]
Tokaanu Tokaanu, Waikato Genesis Energy 240 1973
Whakamaru sud de Mangakino, Waikato Mighty River Power 100 1956

Source: New Zealand Electricity Authority[11]

Centrales géothermiques[modifier | modifier le code]
Centrale thermique de Wairakei, 2007.
Forage géothermique à Te Mihi, Nouvelle-Zélande, 2006.

La Nouvelle-Zélande était en 2014 le 4e producteur mondial d'électricité géothermique : 7 258 GWh, soit 9,4 % du total mondial et 16,7 % de la production d'électricité du pays[7].

En 2013, la puissance installée géothermique de la Nouvelle-Zélande était de 0,9 GW, au 6e rang mondial derrière les États-Unis (3,4 GW), les Philippines (1,9 GW), l'Indonésie (1,3 GW), le Mexique (1,0 GW) et l'Italie (0,9 GW), mais elle a été au 1er rang pour les mises en service de l'année 2013 : 241 MW de nouvelles capacités (42 % du total mondial), réduites à 196 MW en net (arrêt de 45 MW à Wairakei), accroissant la capacité totale de 30 %. La centrale de Te Mihi (159 MW) a démarré en 2013, mais des problèmes de pompes ont repoussé la mise en service complète à 2014 ; en fin d'année a été inaugurée la centrale de 82 MW de Ngatamariki, la plus grande centrale géothermique à cycle combiné du monde, qui ré-injecte la totalité du fluide géothermique dans le réservoir souterrain, minimisant son impact écologique[12].

La puissance installée totale des centrales géothermiques néo-zélandaises était de 978 MW en 2014 ; la plupart de ces centrales sont situées dans la zone volcanique de Taupo, et 25 MWe sont installés à Ngawha sur l'Île du Nord. Six champs géothermiques sont utilisés pour la production d'électricité, dominée par Contact Energy Ltd, compagnie privée cotée en bourse, et Mighty River Power, entreprise publique. Dans les projets géothermiques récents, on note un niveau important de participation commerciale d'entreprises appartenant à des Maoris[13].

La centrale géothermique de Wairakei, première centrale géothermique néo-zélandaise mise en service en 1958 dans la zone volcanique de Taupo, était la première centrale à vapeur sèche, et la 2e plus puissante au monde à l'époque après celle de Larderello en Italie. L'impulsion pour le développement de Wairakei découla en 1947 de sévères pénuries d'électricité à la suite de deux années sèches qui restreignirent la production hydroélectrique, et du souhait du gouvernement de Nouvelle-Zélande de rendre l'approvisionnement en électricité indépendant des combustibles importés. La Nouvelle-Zélande a été récemment confrontée à nouveau à des situations similaires[13].

Wairakei est restée l'une des plus puissantes centrales géothermiques au monde, surtout après la construction en 2005 d'une centrale à cycle combiné pour utiliser la vapeur à basse température déjà passée dans la première centrale, ce qui avait porté sa puissance à 181 MW. Il est prévu qu'elle soit remplacée progressivement à partir de 2013 par la centrale de Te Mihi, qui utilise la chaleur du même champ géothermique ; la mise en service de Te Mihi (159 MW) sera accompagnée de l'arrêt d'une partie de Wairakei (45 MW), produisant une augmentation nette de puissance de 114 MW[14]. Te Mihi a commencé à produire fin 2013 et a été terminée en août 2014 ; elle permettra d'économiser 11 PJ par an sur les 40 PJ/an de gaz naturel consommés par les centrales de Contact Energy, le quart du gaz néo-zélandais[15].

Principales centrales géothermiques néo-zélandaises[13] :

Nom Localité Champ Exploitant Puissance
(MW)
Production annuelle
moyenne (GWh)
Mise en service
Wairakei nord de Taupo Wairakei Contact Energy 161 1310 1958, 2005
Te Mihi nord de Taupo Wairakei Contact Energy 159 1200 (environ) 2014
Kawerau Kawerau, Baie de l'Abondance Kawerau Mighty River Power 100 800 2008
Mokai nord-ouest de Taupo Mokai Mighty River Power 112 900 2000
Nga Awa Purua nord de Taupo Rotokawa Mighty River Power 140 1100 2010
Ngatamariki nord de Taupo Ngatamariki Mighty River Power 82 670 2013
Ngawha près de Kaikohe, Île du Nord Ngawha Top Energy 25 78 1998
Ohaaki entre Rotorua et Taupo Ohaaki Contact Energy 70 300 1989
Poihipi nord de Taupo Wairakei Contact Energy 55 350 1997

Le potentiel de développement de la géothermie est évalué entre 1 500 et 5 000 MW ; en tenant compte des contraintes diverses qui limitent le développement, ce potentiel est ramené à 1 235 MW additionnels, dont la moitié en extensions d'installations existantes[16].

Éolien[modifier | modifier le code]
Projet West Wind, près de Wellington, 2010
Parc éolien West Wind Makara, Wellington, 2010.

La Nouvelle-Zélande a des ressources éoliennes exceptionnelles, car elle est située au niveau des quarantièmes rugissants, où les vents d'ouest sont puissants et presque continus, parcourant sans entrave des milliers de km avant de rencontrer la barrière des Alpes du Sud avec 17 sommets de plus de 3 000 m d'altitude.

La force et la régularité des vents en Nouvelle-Zélande assurent un facteur de charge plus élevé que dans la plupart des pays, en moyenne 30 à 35 %, certaines turbines ayant enregistré des facteurs de charge supérieurs à 50 %. Cependant, cette excellente ressource éolienne a aussi des inconvénients : la force et l'uniformité des vents au parc éolien de West Wind a infligé à plusieurs turbines des défaillances prématurées de roulements à billes[17].

La puissance installée des parcs éoliens de Nouvelle-Zélande atteignait 623 MW fin 2016, sans changement depuis fin 2015[18].

La Nouvelle-Zélande compte 19 parcs éoliens en fonctionnement ou en construction, avec une puissance installée de 690 MW en février 2017. Ils fournissent environ 5 % de la production totale d'électricité du pays. Des projets éoliens totalisant 2 500 MW ont reçu leur autorisation[19].

Le parc éolien West Wind de Meridian Energy, construit de 2007 à 2009 près de Wellington, possède 62 turbines de 2,3 MW totalisant une puissance installée de 142,6 MW[20].

Solaire[modifier | modifier le code]

La production des installations photovoltaïques était estimée à 7 GWh en 2013, en progression de 50 % par rapport à 2012[e 9].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Réseau de transport Haute Tension de la Nouvelle-Zélande, 2009

Le réseau électrique de la Nouvelle-Zélande comprend[d 3] :

  • 11 837 km de lignes de transport à haute tension, gérées par Transpower ;
  • 150 699 km de lignes de distribution, dont 97 015 km sur l'île du Nord (15 compagnies) et 53 684 km sur l'île du Sud (14 compagnies).

La part souterraine des réseaux de distribution est de 27 %.

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité a progressé de 1,1 % à 38,64 TWh en 2014[7], répartie en :

  • industrie : 13,87 TWh (35,9 %) ;
  • transport : 0,06 TWh (0,2 %) ;
  • ménages : 12,36 TWh (32,0 %) ;
  • tertiaire : 9,35 TWh (24,2 %) ;
  • agriculture et pêche : 2,72 TWh (7,0 %).

La consommation d'électricité par habitant était en 2014 de 9 131 kWh, soit trois fois la moyenne mondiale (3 030 tep) et 14 % au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE : 8 028 tep[5].

Ce niveau élevé s'explique par la présence d'usines d'aluminium dont les procédés de production fondés sur l'électrolyse consomment de grandes quantités d'électricité : l'industrie des métaux de base consomme 16 % de l'électricité produite dans le pays[d 4].

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Le gouvernement néo-zélandais a défini une stratégie pour l'énergie en Nouvelle-Zélande sur la décennie 2011-2021 (New Zealand Energy Strategy 2011-2021)avec des objectifs de diversification des ressources, de responsabilité environnementale, d'efficacité énergétique et de sécurité d'approvisionnement à un coût raisonnable[21].

Le volet consacré aux énergies renouvelables fixe l'objectif de produire 90 % de l'électricité du pays à partir d'énergies renouvelables en 2025[22].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Malgré ses ressources renouvelables, la Nouvelle-Zélande a des émissions de CO2 liées à l'énergie élevées : 31,24 Mt de CO2 en 2014, soit par habitant : 7,01 tonnes, supérieures de 57 % à la moyenne mondiale : 4,47 t CO2/hab, mais inférieures à la moyenne de l'OCDE : 9,36 t/hab[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. p. 18-20
  2. p. 27
  3. p. 28
  4. p. 32-33
  5. p. 34
  6. p. 44
  7. p. 39
  8. a et b p. 43
  9. a, b et c p. 50
  10. p. 3
  11. p. 55
  12. p. 53
  13. a et b p. 56
  1. tab.8
  2. tab.6
  3. tab.4
  4. fig.6
  • Autres références
  1. a, b, c et d (en)New Zealand : Balances for 2014, site Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  2. (en)New Zealand : Indicators for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  3. (en)New Zealand Geothermal Fields, New Zealand Geothermal Association.
  4. (en)New Zealand : Renewables and Waste for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  5. a, b et c (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA) Key World Energy Statistics 2016 (voir pages 49 et 54-55), 16 octobre 2016.
  6. (en)New Zealand to sell up to 49 percent of Genesis Energy, Reuters US, 25 mars 2014.
  7. a, b et c (en)New Zealand : Electricity and Heat for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  8. « Nuclear Energy Prospects in New Zealand », World Nuclear Association, (consulté le 10 novembre 2014)
  9. a, b, c, d, e, f et g (en) « Waitaki Hydro Scheme », Meridian Energy Ltd (consulté le 11 novembre 2014)
  10. (en)Story: Conservation – a history - Page 8 – Environmental activism, 1966–1987, The encyclopedia of New Zealand
  11. (en) « Generating station list as at September 2012 » [xls], New Zealand Electricity Authority (consulté le 12 mai 2013)
  12. [PDF] Renewables 2014 Global status report (voir p.38), REN21, 2014.
  13. a, b et c (en)Geothermal Energy & Electricity Generation, New Zealand Geothermal Association.
  14. (en)Contact kicks off Mihi project, site Stuff.co.nz (groupe Fairfax Media), 22 février 2011.
  15. (en)Te Mihi geothermal station to boost Contact, site Stuff.co.nz (groupe Fairfax Media), 22 février 2011.
  16. (en)Development Potential, New Zealand Geothermal Association.
  17. (en) Wellington winds too windy for wind farm, New Zealand Herald, 8 juin 2011.
  18. [PDF] (en) « Global Wind Statistics 2016 », Global Wind Energy Council (GWEC),
  19. (en)New Zealand’s Wind Farms, New Zealand Wind Energy Association.
  20. (en)Discover West Wind, site de Meridian Energy.
  21. (en)New Zealand Energy Strategy 2011-2021, Ministry of Business, Innovation and Employment.
  22. (en)Renewable energy in New Zealand, Ministry of Business, Innovation and Employment.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Ministry of Business, Innovation and Employment, Energy : informations officielles sur l'énergie.