Église écossaise de Paris

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Église écossaise de Paris
Image illustrative de l’article Église écossaise de Paris
Présentation
Culte Presbytérien
Type Temple
Rattachement Église d'Écosse
Fin des travaux 2002
Site web www.scotskirkparis.comVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 52′ 00,5″ nord, 2° 18′ 27,5″ est
Géolocalisation sur la carte : 8e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 8e arrondissement de Paris)
Église écossaise de Paris
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Église écossaise de Paris

L'église écossaise de Paris (The Scots Kirk Paris) est une église presbytérienne liée à l'Église d'Écosse, située au 17 rue Bayard dans le 8e arrondissement de Paris.

Un culte selon la liturgie de l'Église d'Écosse, en anglais, est célébré chaque semaine, le dimanche à 11 h[1],[2]. Le pasteur de la paroisse est Jan Steyn[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

La chambre haute du temple de l'Oratoire du Louvre qui accueillit l’Église écossaise de Paris de 1858 à 1885[4].

Origines de la congrégation[modifier | modifier le code]

Les origines de la congrégation écossaise de Paris remontent aux années 1850. La congrégation parisienne est officiellement établie par l'Église d'Écosse en 1858. Dès lors elle est accueillie au temple protestant de l'Oratoire du Louvre, où la « chambre haute », à l'étage de l'ancienne sacristie, lui est laissée pour la tenue des cultes.

Au cours de l'Exposition universelle de 1867, l'ensemble de l'Oratoire du Louvre est prêté sans contre-partie à la congrégation les dimanches après-midi, pour la tenue de cultes à l'intention des protestants anglophones venus assister à l'événement[5],[6]. L'offrande ayant alors pour but principal une levée de fond afin de financer l'acquisition d'un temple[6]. À la recherche donc d'un lieu de culte propre à la congrégation, celle-ci exprime son intérêt en 1881 pour acquérir l'église mise en vente par la paroisse épiscopalienne américaine de la Sainte-Trinité[7].

Première église[modifier | modifier le code]

L'assemblée fait officiellement l'acquisition en 1883 de l'ancienne église épiscopalienne américaine au numéro 17 de la rue Bayard[8]. Originellement mise en vente au prix de 10 000 livre sterling, le prix est abaissé à 6 000 livre sterling par l'intercession d'un paroissien de l'église américaine d'origine écossaise[9]. La congrégation prend possession de l'église en 1885[10]. Cette église construite entre 1863 et 1864[11],[12], dans un style néo-gothique[13], peut accueillir jusqu'à 400 personnes[9].

L'église connaît de fortes affluences lors de l'Exposition universelle de 1889, en raison de la présence de nombreux protestants presbytériens convergeant à Paris pour assister à l'événement[9].

Lors de la Première Guerre mondiale, l'église est un lieu important pour les forces écossaises de l'armée britannique mobilisées en France[14]. Pendant les négociations du Traité de Versailles en 1919, le premier ministre britannique David Lloyd George fréquente l'église. Il assiste au culte ensemble avec le président américain Woodrow Wilson en mai 1919[14],[15].

En 1924, lors des Jeux olympiques de Paris, l'athlète britannique Eric Liddell refuse de prendre part aux qualifications pour le 100 mètres qui ont lieu un dimanche et vient prêcher à l'Église écossaise[note 1],[14].

Seconde Guerre mondiale et deuxième église[modifier | modifier le code]

En 1938, Donald Caskie est nommé pasteur de la congrégation parisienne. En raison de ses positions fortement anti-Nazis exprimées en chaire, Donald Caskie fuit Paris lors de l'invasion allemande de la France en 1940[16], entraînant la fermeture de l'édifice pendant l'intégralité de l'occupation de la France au cours de la Seconde Guerre mondiale.

À la Libération, le pasteur Donald Caskie revient à Paris et ouvre à nouveau l'église, dont les clés avaient été gardées par le propriétaire du café voisin[17]. Le bâtiment, vieillissant, fragilisé par une pourriture cubique[18] et abîmé par des bombardements[19], est dans un mauvais état après la guerre. Il est décidé en 1950 de reconstruire l'église. Pour financer une partie des travaux, le pasteur Caskie décide de publier le récit de ses aventures de guerre dans la France occupée, sous le titre de The Tartan Pimpernel, qui paraît en 1957[20],[21]. La même année, la première pierre de la future église est posée par la reine Élisabeth II[4]. L'inauguration de la nouvelle église a lieu le [19].

D'importants défauts de construction dans la structure de l'église des années 1950 se révèlent à partir des années 1980, conduisant à envisager de nouveaux travaux[4],[14].

Église actuelle[modifier | modifier le code]

Il est finalement décidé en 1995, pour une question de coût, de démolir l'église et de bâtir à la place un bâtiment moderne d'habitations au sein duquel serait construit une salle faisant office de temple[4],[14]. Pendant les travaux, de 1999 à 2002, les activités de la congrégation ont lieu au temple du Saint-Esprit[4].

La nouvelle église est inaugurée en 2002 par le modérateur du synode de l’Église d’Écosse, John Miller[4].

Éléments architecturaux[modifier | modifier le code]

Au niveau de la table de communion est posé au sol une pierre de granite de l'île d'Iona en référence à Colomba d'Iona, cet élément se trouvait à l'origine dans la seconde église[19]. La grille extérieure comprend une croix picte[4]. Une croix de bois de 2,43 mètres sur 1,52 mètres est accrochée au mur de l'escalier menant au temple, il s'agit d'un cadeau de 1959 des élèves du George Watson’s College d'Édimbourg à l'attention de Donald Caskie, et de l'église écossaise, en remerciement des échanges scolaires annuels ayant lieu avec le lycée Henri IV[22]. Cette croix était accrochée dans la deuxième église jusqu'en 1999[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

  1. Le film Les Chariots de feu montre cet épisode. Le réalisateur a néanmoins recours à l'église désaffectée de Broughton Church à Édimbourg comme décors de l'église écossaise de Paris.

Références

  1. (en) « Our services », sur scotskirkparis.com (consulté le 13 janvier 2019)
  2. (en) « About us », sur scotskirkparis.com (consulté le 13 janvier 2019)
  3. (en) « Our minister », sur scotskirkparis.com (consulté le 13 janvier 2019)
  4. a b c d e f et g (en) « Our History », sur scotskirkparis.com (consulté le 8 juin 2019)
  5. (en) « Paris Exhibition—Services of the Established Church of Scotland », Perthshire Advertiser,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 24 juin 2019)
  6. a et b (en) Church of Scotland, Reports on the Schemes of the Church of Scotland, (lire en ligne), p. 320
  7. Allen, p. 279
  8. Allen, p. 281
  9. a b et c Allen, p. 283-284
  10. Allen, p. 300
  11. Allen, p. 113-114
  12. Allen, p. 123
  13. (en) « The Scot in Paris », The Aberdeen Daily Journal,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le 15 juin 2019)
  14. a b c d et e (en) « The Scots Kirk in Paris », dans The Tartan Pimpernel, Édimbourg, Birlinn Limited, (réimpr. 2008) (ISBN 978-1-84341-035-5), p. II
  15. (en) Press Association, « Mr. Lloyd George and President Wilson yesterday attended a service at the Scottish Presbyterian Church in Paris », Yorkshire Post and Leeds Intelligencer,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le 24 juin 2019)
  16. (en) Mike Hughes, « Introduction », dans The Tartan Pimpernel, Édimbourg, Birlinn Limited, (réimpr. 2008) (ISBN 978-1-84341-035-5), p. VII
  17. (en) Donald Caskie, The Tartan Pimpernel, Édimbourg, Birlinn Limited, (réimpr. 2008) (ISBN 978-1-84341-035-5), p. 250-251
  18. (en) « Presbyterial Council », Falkirk Herald,‎ , p. 7 (ISSN 0963-2034, lire en ligne, consulté le 14 juin 2019)
  19. a b et c (en) « Looking Back: New Scots Kirk for Paris », sur lifeandwork.org (consulté le 14 juin 2019)
  20. (en) « Stage show 'homecoming' for Tartan Pimpernel », sur churchofscotland.org.uk, (consulté le 11 juin 2019)
  21. (en) « Looking Back: The Tartan Pimpernel », sur lifeandwork.org (consulté le 14 juin 2019)
  22. a et b (en) « Cross of the Tartan Pimpernel restored to Scots Kirk in Paris », sur express.co.uk (consulté le 8 juin 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Cameron Allen, The History of the American Pro-Cathedral of the Holy Trinity, Paris (1815-1980), iUniverse, (ISBN 978-1475937824, lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]