Abbaye de Penthemont

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Abbaye de Penthemont
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Présentation
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Fondation
XIIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Style
Architecte
Religion
Propriétaire
Foncière des 6e et 7e Arrondissements (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Localisation
Adresse
Coordonnées

L’abbaye de Penthemont, ancien monastère de moniales augustines, se situe à Paris (7e arrondissement), nos 37-39 rue de Bellechasse et nos 104-106 rue de Grenelle. La chapelle est accordée en 1802 par Napoléon Bonaparte aux protestants réformés, et devient le temple protestant de Pentemont. La paroisse est aujourd'hui membre de l'Église protestante unie de France, et possède également le temple protestant de Luxembourg.

Histoire[modifier | modifier le code]

De Beauvais à Paris[modifier | modifier le code]

Fondée en 1217 par Philippe de Dreux près de Beauvais, l'abbaye de Penthemont (ou Pentemont, Panthemont ou encore Pantemont) subit, en 1670, une inondation qui ruina son couvent et s'installa en 1672 à Paris, dans les bâtiments d'un couvent des sœurs augustines de la Congrégation du Verbe incarné, supprimé en 1670.

L'établissement avait vocation à accueillir des jeunes filles de la haute société et à servir de lieu de retraite pour des dames de qualité. Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé y fait ses études. Joséphine de Beauharnais y séjourne quelque temps alors qu'elle plaidait en séparation contre son premier mari Alexandre de Beauharnais. Louise d'Esparbès de Lussan, comtesse de Polastron et future maîtresse du comte d'Artois, y est placée par sa famille qui la trouvait trop jeune (quinze ans) pour vivre avec son jeune mari de dix-huit ans. On y menait une vie sociale et culturelle active et les grilles, peu dissuasives, s'entrouvraient cependant pour celles qui voulaient se rendre à des activités dans « le monde ».

Reconstruction de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Projet de Franque. Élévation sur la rue de Grenelle

Au début du XVIIIe siècle, les bâtiments hérités des Augustines étaient vétustes et trop exigus.

Marie-Catherine de Béthizy de Mézières, qui fut nommée abbesse, en 1743, décida de reconstruire entièrement le complexe conventuel. Plusieurs architectes furent sollicités : Blondel a publié dans l’Encyclopédie un projet de François II Franque, mais c'est Pierre Contant d'Ivry qui fut retenu.

La première pierre fut posée en 1747, mais les fonds ne cessèrent de manquer, malgré les dons du Dauphin et d'Armand-Gaston de Rohan-Soubise, cardinal-archevêque de Strasbourg.

Les travaux s'étalèrent quasiment jusqu'à la Révolution et furent continués après la mort de Contant, en 1777, par un nommé Petit ; de plus, le projet finalement exécuté est beaucoup moins somptueux que celui que Contant a publié dans ses Œuvres en 1769.

Reconversion des bâtiments[modifier | modifier le code]

Façade du temple rue de Grenelle en 1898.

L'abbaye est supprimée en 1790, et les bâtiments devinrent propriété nationale. Le , le Premier consul Bonaparte accorde par décret la chapelle au Consistoire réformé de Paris, avec deux autres anciennes églises catholiques, l'église du couvent de la Visitation Sainte-Marie - qui devient le temple protestant du Marais - et l'église Saint-Louis-du-Louvre, que les protestants louent depuis le début de la Révolution - et qui devient en 1811 le temple protestant de l'Oratoire du Louvre.

Mais en 1803, le couvent de Penthemont est transformé en caserne, caserne de Penthemont, également appelée Caserne de Bellechasse, pour la garde nationale, puis pour la garde impériale sous l'Empire, et pour les Cent Gardes sous le Second Empire. La chapelle est vidée de tout son mobilier et entresolée pour servir d'entrepôts. En dépit des protestations du Consistoire réformé de Paris, elle reste occupée par l'armée jusqu'en 1843. Elle est alors consacrée au culte réformé[1],[2].

Un des bras du transept du temple protestant de Pentemont.

La chapelle elle est alors réaménagée par l'architecte protestant Victor Baltard, responsable de l'entretient des églises de Paris. Le temple est inauguré le , par le président du Consistoire Henri François Juillerat, en présence du ministre des Affaires étrangères, le protestant François Guizot, accompagné du ministre des Cultes et préfet de la Seine Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau. En 1847, le facteur d'orgue Cavaillé-Coll installe un orgue, toujours en place[3].

Le reste des bâtiments conserve son affectation militaire. En 1915, ils furent mis à la disposition du service des pensions du ministère de la Guerre. Ils abritent par la suite le ministère des Anciens combattants. L'abbaye est vendue en 2014 par l'État à une société foncière en prévision du déménagement des services de la Défense à Balard. Les services de l'État louent les bâtiments jusqu'à leur départ[4]. Le cabinet du secrétaire d'État aux Anciens combattants emménage dans l'hôtel de Brienne, aux côtés du ministre[5]. L'ancienne abbaye bénéficie de multiples protections au titre des monuments historiques[6] : classements en 1983 et 2013, inscriptions en 1983 et 1992. En , après trois ans de travaux, la société Yves Saint Laurent y déplace son siège.

Architecture[modifier | modifier le code]

La chapelle[modifier | modifier le code]

L'intérieur du temple de Pentemont et son orgue Cavaillé-Coll.

La première pierre de la chapelle fut posée par le Dauphin en 1753. Elle fut bénie en 1756 et achevée en 1766.

La chapelle comporte une nef de plan centré surmonté d'une coupole, puis le chœur des religieuses, de plan allongé, enfin une tour qui comprenait un arrière-chœur en rez-de-chaussée, un oratoire au premier étage, et sans doute un clocher en partie haute. La coupole est construite suivant la technique de la voûte sarrazine, introduite dans le nord de la France par Contant d'Ivry.

En 1844, la chapelle a été transformée en temple protestant par Victor Baltard. Pour installer le buffet d'orgue, il a condamné la porte sur la rue de Grenelle et transformé en portes les deux fenêtres latérales. Il a supprimé le maître-autel situé entre la nef et le chœur des religieuses, ainsi que l'arc de triomphe qui le surmontait et l'orgue primitif, situé au-dessus du maître-autel, et les autels secondaires situés aux deux extrémités du transept. L'orgue, livré en 1846, est dû à Aristide Cavaillé-Coll.

Les bâtiments conventuels[modifier | modifier le code]

Les bâtiments conventuels, achevés en 1783, ont été séparés de la chapelle en 1843. Ils ont de plus été quelque peu transformés sous la Révolution française, puis au moment de l'ouverture de la rue de Bellechasse en 1805, qui entraîna la démolition d'une partie des bâtiments.

Il ne reste quasiment rien des aménagements intérieurs originaux, en dehors de quelques éléments de décor dans l'ancien logis abbatial. On remarque surtout le vestibule et la cage du grand escalier (détruit) ainsi que l'avant-corps central sur le jardin.

Liste des abbesses de Penthemont[modifier | modifier le code]

  • 1219-1236 : Agnès, première prieure
  • 1236-1264 : Marguerite I, première abbesse
  • 1264-12?? : Isabelle
  • 12??-12?? : Ide
  • 12??-1300 : Marie I
  • 1300-1358 : Marguerite II
  • 1358-1375 : Marguerite III de Vuault
  • 1375-1415 : Marguerite IV de Rinceville
  • 1415-1428 : Henriette
  • 1428-1441 : Marthe Maquerelle
  • 1441-1479 : Nicole
  • 1479-1496 : Marguerite V
  • 1496-1516 : Anne I du Castel
  • 1516-1521 : Marguerite VI Trisel
  • 1521-1530 : Anne II
  • 1530-1552 : Huguette de Creilly
  • 1552-1562 : Françoise I Ogier de Berry
  • 1562-1567 : Françoise II de Fontaines
  • 1567-1568 : Catherine I Loisel de Flambermont
  • 1568-1586 : Marguerite VII Loisel de Flambermont
  • 1586-1623 : Catherine II de Guiverlay
  • 1623-1633 : Charlotte I de Cavoye
  • 1633-1641 : Jeanne I Thierry
  • 1641-1644 : Jeanne II Ogier de Berry
  • 1644-1667 : Françoise III Le Charon
  • 1667-1715 : Hélène de Costentin de Tourville
  • 1715-1719 : Charlotte II de Colbert-Croissy
  • 1719-1743 : Marie II Anne-Bénigne-Constance-Julie de Rohan-Guéménée
  • 1743-1790 : Marie III Catherine de Béthisy de Mézières

Source[modifier | modifier le code]

  • A.M. Le Fèvre prêtre de Paris et bachelier en théologie, Calendrier historique et chronologique de l'Église de Paris, 1747.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Encrevé, « L'Oratoire du Louvre et les protestants parisiens, Le cadre institutionnel » Accès libre, sur Oratoire du Louvre, (consulté le )
  2. « Temples de Paris », sur Musée protestant (consulté le )
  3. csilhol, « Nos deux temples », sur Église protestante unie de Pentemont-Luxembourg - Communion luthérienne et réformée, (consulté le )
  4. L'Etat a vendu l'ensemble Penthemont dans le 7e lavieimmo.com, 21 août 2014. Consulté le 18 novembre 2015.
  5. [PDF]Plaquette de présentation de l'abbaye de Penthemont sur le site du ministère de la Défense. Consulté le 13 avril 2016.
  6. Notice no PA00088671, base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le guide du patrimoine : Paris, Paris, Hachette, .
  • François Rousseau, « Histoire de l'Abbaye de Pentemont, depuis sa translation à Paris jusqu’à la Révolution », Mémoires de la société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, vol. XLV,‎ , p. 171.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]