Écriture humaniste

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Première page du De situ orbis d'Albi par un scribe padouan du milieu du XVe siècle.

L'écriture humaniste est une écriture mise au point et utilisée au cours de la Renaissance d'abord en Italie puis dans le reste de l'Europe.

Historique[modifier | modifier le code]

L'apparition de la Renaissance en Italie à partir du XIVe siècle correspond à une période de recherche systématique des traces antérieures au Moyen Âge et notamment de l'écriture précédent le style gothique. Cette recherche des textes antiques, en Vénétie et à la cour d'Avignon, incite à s'intéresser aux manuscrits d'auteurs antiques copiés aux XIe et XIIe siècles en minuscule caroline. Cette écriture est alors selon eux reflet de la pureté de l'antiquité, par opposition avec l'écriture gothique jugée barbare[1].

Pétrarque puis Boccace sont parmi les premiers humanistes à tenter d'utiliser une nouvelle écriture, une dérivée de l'écriture gothique et la future humaniste. Coluccio Salutati, chancelier de la République de Florence, après eux, en compagnie de Niccolò Niccoli, utilise une écriture encore plus proche de la caroline, appelée vetustioris litterae majestas. Poggio Bracciolini, son successeur à la chancellerie et employé à la curie pontificale, améliore encore cette écriture appelée désormais littera antiqua renovata. Il s'agit d'une véritable copie de la minuscule caroline. C'est ce modèle qui devient un modèle d'écriture humaniste utilisée pendant un siècle jusque dans l'imprimerie[1].

Cette nouvelle écriture rencontre un engouement dans toute l'Europe : tout d'abord dans le Comtat Venaissin puis dans le royaume de France. Pierre d'Ailly, Jean de Montreuil, Jean Gerson utilisent des écritures encore marquées par le gothique mais inspirée de l'humaniste italienne[1].

En parallèle de cette écriture de livre, se développe une écriture plus cursive adaptée à la rédaction des documents officiels, plus ronde et penchée vers la droite. Il s'agit de l'humaniste cursive. C'est cette écriture qui sert de modèle à la typographie italique qui est utilisée en imprimerie dans toute l'Europe à partir du XVIe siècle[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) D. Thomas, "What is the origin of the scrittura humanistica?", Bibliofilia, 53, 1951, p.1-10
  • (en) B.L. Ullman, The Origin and Development of Humanistic Script, Rome, 1960
  • (en) Stanley Morison, "Early humanistic script and the first roman type", reprinted in his Selected Essays on the History of Letter-Forms in Manuscript and Print, ed. by David McKitterick, 2 vols. 1981:206-29
  • (en) M. Davies, « Humanism in Script and Print in the Fifteenth Century ». In J. Krave, The Cambridge Companion to Reniassance Humanism, Cambridge: Cambridge University Press, 2005.
  • Dominique Briquel, « L’écriture latine », De Lingua Latina, no 2,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Briquel 2009