Éclaircissement de la peau

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L’éclaircissement de la peau ou blanchiment de la peau est une pratique cosmétique de dépigmentation de la peau (par réduction de la mélanine) à l’aide de produits chimiques et utilisée pour couvrir les taches ou modifier le teint mat ou foncé pour des raisons esthétiques[1].Il existe d'autres produits comme la busserole, l’acide salicylique, l’acide kojique et les AHA (acide de fruits) qui permettent d'unifier le teint et sont en conformité avec la législation française en vigueur[réf. nécessaire].

Extension de la pratique[modifier | modifier le code]

Son utilisation est populaire chez les femmes d’Afrique de peau noire, par exemple : près de 50 % des femmes interrogées utilisent ces crèmes selon l’étude d’une équipe de dermatologues à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso en 2004[2] ; mais aussi en Asie : en Inde, au Pakistan, au Japon et au Moyen-Orient[3]. Elle est aussi utilisée par certains hommes ou parents qui l’appliquent à leurs enfants[4].

Composition des produits[modifier | modifier le code]

L'un des composants est l'hydroquinone, responsable de multiples effets secondaires.

Il y a aussi le collagène qui est nocif pour la peau. Il est présent dans les crèmes de jour les masques de beauté. C’est une protéine fibreuse insoluble trop grande pour pénétrer dans la peau, ce qui lui permet de boucher les pores[5].

Dangers pour la santé[modifier | modifier le code]

Son utilisation peut être dangereuse pour la santé, pouvant causer de l’acné, des vergetures, le cancer de la peau[6], l’hypertension ou le diabète[7], en particulier lorsque le produit contient de l’hydroquinone[8], du mercure, de la cortisone ou de la vitamine A[3]. Des réactions allergiques ou des effets indésirables comme des hyperpigmentations ou dépigmentations non homogènes, en confettis ou en plaques peuvent aussi se produire[9].

L'hydroquinone interagit également avec les réactifs utilisés dans les lecteurs de glycémie capillaire, augmentant artificiellement les chiffres de glycémie[10].

Dans son rapport sur la santé publique et l’environnement daté de 2011, l’Organisation mondiale de la santé affirmait que 25% des femmes maliennes utilisaient de manière régulière ces crèmes pour la peau, au Sénégal elles étaient 27%, en Afrique du sud, 35%, au Togo 59%, et jusqu’à 77% au Nigeria[11]. Dans une note de mars 2017, l’OMS relève des quantités notables de mercure inorganique ajoutées dans des produits éclaircissants pour la peau, alors que le mercure est considéré comme pouvant entraîner des cancers de la peau[11].

Réglementation[modifier | modifier le code]

Les crèmes à base d'hydroquinone sont interdites dans l'Union européenne depuis 2001[12].

Les crèmes éclaircissantes sont interdites en République démocratique du Congo (fabrication, la commercialisation et l’utilisation des produits décapants) depuis 2006[11], en Côte d'Ivoire depuis mai 2015[3],[13] et au Ghana depuis 2017[11]

Au Burkina Faso, les publicités pour les produits éclaircissants sont interdites depuis 2006, mais leur commerce reste répandu[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bien choisir une crème éclaircissante », sur Afrique femme (consulté le 7 mai 2015)
  2. Ndèye Khady Lo, « La dépigmentation a la peau dure », Slate Afrique,‎ (lire en ligne)
  3. a b et c (en) « Ivory Coast bans potentially deadly skin-whitening creams », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  4. Habibou Bangré, « Dépigmentation : les enfants aussi », Jeune Afrique.com,‎ (lire en ligne)
  5. « Liste des composants nocifs des cosmétiques industriels : A à C », sur www.cosmetiques-bio.net (consulté le 11 février 2017)
  6. Philippe Duval, « À Abidjan, les «go» veulent toutes devenir blanches », Slate Afrique,‎ (lire en ligne)
  7. « Les Sénégalais se ruent sur de dangereuses crèmes éclaircissantes », 7sur7.be,‎ (lire en ligne)
  8. « Produits éclaircissants pour la peau », 60 millions de consommateurs,‎ (lire en ligne)
  9. Edmond Bertrand, « Peau noire, masque éclaircissant », Jeune Afrique.com,‎ (lire en ligne)
  10. Bouché CH, Garnier JP, Choukem SP, Gautier JF, Falsely elevated capillary glucose and ketone levels and use of skin lightening creams, BMJ, 2015;351:h3879
  11. a b c d et e Léa Delfolie, « Santé publique : comment les États africains mènent la guerre contre les crèmes éclaircissantes », jeuneafrique.com, (consulté le 30 janvier 2018)
  12. Twenty-fourth Commission Directive 2000/6/EC of 29 February 2000 adapting to technical progress annexes II, III, VI and VII to Council Directive 76/768/EEC on the approximation of the laws of the member states relating to cosmetic products
  13. « La Côte d’Ivoire a interdit les crèmes éclaircissantes », Intellivoire.net,‎ (lire en ligne)