Tinghir

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Tinghir
ⵜⵉⵏⵉⵖⵉⵔ, Tineghir
Image illustrative de l'article Tinghir
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Souss-Massa-Draâ
Province Tinghir
Démographie
Population 36 391 hab. (2004)
Géographie
Coordonnées 31° 30′ 53″ N 5° 31′ 58″ O / 31.51472, -5.5327831° 30′ 53″ Nord 5° 31′ 58″ Ouest / 31.51472, -5.53278  
Altitude 1 300 m
Localisation

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Liens
Site web cu-tinghir.com
Gorges du Todgha tout proche de Tinghir

Tinghir ou Tinghir Haut Atlas (en tamazight ⵜⵉⵏⵉⵖⵉⵔ) est une ville du centre-est marocain, dans la région de Souss-Massa-Drâa, située dans la vallée du Todgha, au sortir du Haut Atlas et face au jbel Saghro. Elle est le chef-lieu de la province de Tinghir depuis la création de cette dernière, en 2009, et faisait auparavant partie de la province de Ouarzazate. Son nom vient du tamazight tin ghir, le lieu (tin) de la montagne (ighir, épaule ou crête). La ville proprement dite (municipalité de Tinghir) compte 36 000 habitants tandis que l’oasis dans son ensemble totalise 86 500 habitants selon le recensement de 2004. Tineghir, tout comme sa région, est peuplée essentiellement d’Amazighs (Berbères).

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Au sortir des gorges du Todgha, l’assif se fraie difficilement un passage sur les pentes sud du Haut Atlas (à Tizgui), puis débouche dans la grande plaine reliant la région de Ouarzazate au Tafilalt pour serpenter sur une vingtaine de kilomètres jusqu’à l'oued Ferkla.

La palmeraie de Todgha, très dense et très étendue, se compose uniquement des deux rives de l’assif Todgha; elle est irriguée par un réseau de canalisations appelées en berbère tirgwin (sg targa). Absorbée par un grand nombre de ces canaux d’irrigation, l’eau n’arrive généralement pas jusqu’au Ferkla, affluent du Ghéris, sauf lors de fortes crues.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville repose sur le secteur du commerce profitant de sa situation géographique qui en fait un carrefour entre les chefs-lieux et les villages avoisinantes (Aït Atta au sud-est, Aït Merghad à l'est, Aït Hdidou au nord et Aît Yaflman à l'ouest). Tinghir est ainsi devenu un grand centre commercial où les échanges commerciaux de différents produits (surtout de première consommation) s'effectuent quotidiennement et à l'occasion des grandes fêtes et moussems. L'économie de Tinghir repose en deuxième lieu sur les activités touristiques. En effet, Tinghir jouit d'une luxuriante nature composée d'une vaste oasis de palmiers et d'oliviers et de Gorges au nord (grandes saillis dans les montagnes du Haut-Atlas) et aussi de monuments historiques dont de vieilles casbahs et ksours. En troisième lieu, les résidents à l'étranger de la population de Tinghir (la France, la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas...) injectent périodiquement des devises dans les nerfs de l'économie locale. Le rôle du secteur agricole se minimise de plus en plus et perd sa place de première activité exercée au passé à cause de son caractère archaïque ne répondant plus aux besoins des populations et à cause surtout de la limite des terres cultivées. Le secteur industriel est presque absent, hormis quelques activités artisanales: ferronnerie, menuiserie, taullerie... Tinghir accueille aussi une activité minière dans la Mine d'argent d'"Imiter" mais qui n'apporte pas de contribution réelle dans l'économie locale et ne constitue pas un facteur réel de développement puisque l'activité est limitée à l'extraction du minerai et à son exportation par une société appartenant à la holding royale qui n'a pas d'autre activité à Tinghir. De plus, l'utilisation en masse de produits chimiques et hautement cancérigènes au sein de cette mine a eu pour conséquence de polluer les nappes phréatiques en créant un problème de santé public de par les très nombreuses pathologies au sein de la population de Tinghir et autour de la mine depuis le début de l'exploitation.

Activités socio-culturelles[modifier | modifier le code]

Des activités socio-culturelles connaissent une forte croissance depuis ces cinq dernières années, des projets visant le divertissement des jeunes enfants se multiplient dans un grand nombre de villages de la ville, et également des projets d'alphabétisation visant les personnes adultes et notamment les femmes, se mettent en place. Ces projets sont appuyés par un grand nombre d'associations sur place et à l'étranger (ATD, GTF, APS, Atlassolidarité, Askter , amazan paris (www.amazan.fr) et beaucoup d'autres).

De plus en matière d'activités socio-culturelles, un premier festival des Gorges de Tinghir qui a eu lieu été 2010. En Juillet 2010, Rouicha est invité à chanter pour inaugurer le premier grand festival des Gorges de Tinghir qui a eu lieu le 28, 29 et 30 Juillet dans la commune de Tinghir (Province de Tinghir). Un rendez-vous qui lui tient très à cœur dans la mesure où sa mère est originaire de cette commune de plusieurs dizaines de milliers d'habitants. En effet, avant même de commencer à jouer "loutar" il n'oublie surtout pas de le rappeler avec cette phrase: "mimiss n'moulay Lahcen, mimiss n'lala Aicha iliss n'moulay Hanafi oult tdoght." littéralement traduit:" Fils de Moulay Lahcen, fils de Lala Aicha fille de Moulay Hanafi originaire de Toudgha." une phrase qui rappelle que l'artiste ne fait que revenir aux sources pour jouer dans la région dont sa mère est originaire à savoir la Vallée de Toudgha.

Géographie naturelle[modifier | modifier le code]

Tineghir est une immense oasis s'étendant sur environ 30 km de longueur et variant de largeur entre 200m en amont et 4 km en aval. Le climat de la région de Tinghir est du semi-aride, (140mm/an, de manière irrégulière), avec des hivers frais, liés à l'altitude (1430 m en moyenne), et la latitude (31°30°).

Elle est néanmoins le point le plus élevé (en altitude) de culture du palmier dattier qui connait récemment un grave recul au profit de l'olivier.

La région de Tineghir est coincée entre deux massifs montagneux, s’étendant sur plus de 700 km de long, du sud-ouest au nord-est du Maroc : Le Haut Atlas Central au nord culminant à plus 4100 m (Adrar Mgoun). Le adrar Saghro au sud, continuité naturelle de l'Anti-Atlas.

On parle alors de sillon sud-atlasique, où se situe d’ailleurs la route allant du Ouarzazate au Tafilalt par Skoura, Mgouna, Dades, Todgha, Ferkla, Gheris.

Pendant l’ère secondaire, cette région a été envahie périodiquement par la mer, d’où d’épais dépôts de sédiments riches en fossiles marins (les ammonites étant largement représentées).

La surrection de l’Atlas, durant le tertiaire principalement, provoque le retrait de la mer et les déformations des strates de roches (plis, failles). L’érosion éolienne et fluviale finit de façonner ce paysage désertique de roches calcaires et argileuses.

La rivière Todgha a creusé au cours du temps ces couches de roches, ce qui a donné naissance à d’impressionnantes gorges hautes de 300m. De plus, Les gorges du Todgha sont les plus belles du sud marocain et sont surtout célèbres pour avoir été le lieu de tournage de pas mal de films dont les plus célèbres sont Lawrence D’Arabie ou encore Cent mille dollars au soleil. Enfin c'est un lieu éminemment touristique, on entend souvent parler de Grand Canyon du Maroc pour parler des Gorges de Todgha car ces lieux sont réputés auprès des amateurs d'escalade.

Quartiers de la ville[modifier | modifier le code]

Les principaux quartiers du centre de Tinghir sont :1- tiydrin 2- Aït Lhadj Ali 3- Ihertane 4- Aït Berra 5- Tagoumaste 6-Ait Ourjdal

Avec le développement de la ville d'autres quartiers se sont constitués au centre de Tinghir dont le plus ancien quartier administratif qui regroupe des maisons de fonctionnaires des administrations locales ainsi que le quartier des forces auxiliaires appelé "Adouar" [adwar]. Plus loin, les quartiers Lfilaha, Bougafer, Tichka, La cité ouvrière, El Ouafa et quartier Attaâoune [ata3awun](entraide) sont des quartiers récents et témoignent de l'expansion lente mais évidente de la ville grâce aux immigrés des régions avoisinantes et aussi des immigrés des quartiers de la vallée de Toudgha. Le quartier Aït berra est le plus étendu et regroupe plusieurs quartiers dont celui habité par les Aït Salem, Ighrem Oujdid, Amerdoul et Tahite. Les habitants de ces quartiers sont les anciens habitants du ksar de Tinghir avant leur déplacement hors du ksar. Dans le cercle urbain de Tinghir, les quartiers, de tagoumaste, d'Afanour, d'ait snane, ait mhamed sont les plus importants côté habitants et superficie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Kamal Hachkar, Tinghir-Jérusalem : Les Échos du mellah, 2011, long métrage documentaire
    « [vidéo] Version écourtée » de ce film mise en ligne le 23 avril 2012 sur YouTube par la chaîne publique marocaine 2M, après l'avoir diffusée le 8 avril 2012[1] dans l'émission Des histoires et des hommes. Il témoigne de l'existence d'une communauté berbère juive ayant vécu, « depuis la nuit des temps et jusqu'au début des années 1960 »[1], en bonne entente avec la communauté musulmane de Tinghir, et a valu à son réalisateur, professeur d'histoire franco-marocain originaire de Tinghir[1], de recevoir le prix de la première œuvre lors du Festival national marocain du film 2013[2].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Ruth Grosrichard, « Tinghir-Jérusalem, retour sur images », sur Le Huffington Post,‎ 29 juin 2012 (consulté le 23 février 2013)
    Cet article, dont l'auteur est professeur de langue et civilisation arabes à Sciences Po Paris, a été publié à l'origine par le magazine historique marocain Zamane (no 20, juin 2012, p. 94-95) et reproduit avec son autorisation par Le Huffington Post.
  2. Choukry Qoraichi, « Billet : De la ville du Détroit », Le Matin,‎ 13 février 2013 (lire en ligne)