Théorème d'échantillonnage de Nyquist-Shannon
Le théorème de Nyquist-Shannon, nommé d'après Harry Nyquist et Claude Shannon, énonce que pour représenter correctement un signal analogique à numériser, la fréquence d'échantillonnage de ce signal doit être égale ou supérieure au double de la fréquence maximale contenue dans ce signal, afin de convertir ce signal d'une forme continue à une forme discrète (discontinue dans le temps) tout en conservant sa forme générale. Ce théorème est à la base de la conversion analogique-numérique des signaux.
Sommaire |
Considérations élémentaires [modifier]
Si on veut utiliser un signal échantillonné, il faut s'assurer que l'échantillon contienne la majeure partie de l'information du signal analogique d'origine.
Il est souvent commode de considérer celui-ci comme une somme de sinusoïdes (cf analyse spectrale). Or il est intuitivement évident qu'une perte d'information se produit si le pas d'échantillonnage est trop grand par comparaison avec les périodes en cause, la fréquence d'échantillonnage étant trop faible par rapport aux fréquences considérées.
Ainsi, soit un signal sinusoïdal d'amplitude
et de fréquence
:
En l'échantillonnant avec un pas
soit une fréquence
on obtient la suite de valeurs numériques
Considérons maintenant le signal d'amplitude
et de fréquence
:
Une fois échantillonné à la même fréquence, il devient

La trigonométrie élémentaire conduit à

Ainsi, dans la somme
, il est impossible de distinguer ce qui appartient au signal de fréquence
et à celui de fréquence
. Ce résultat conduit à l'effet de repliement de spectre ou encore aliasing, qui indique que l'on prend une sinusoïde pour une autre (alias).
Si la plus haute fréquence d'un signal est
, la fréquence
ne doit pas appartenir au spectre du signal, ce qui conduit à l'inégalité :

Pour qu'un signal ne soit pas perturbé par l'échantillonnage, la fréquence d'échantillonnage doit être supérieure au double de la plus haute fréquence contenue dans le signal. Cette fréquence limite s'appelle la fréquence de Nyquist.
Précisions [modifier]
On peut interpréter le résultat précédent en considérant un signal transitoire x(t), donc muni d'une transformée de Fourier X(f).
Considérons la distribution obtenue en multipliant le signal x(t) par un peigne de Dirac, somme de deltas d'intensité T distants de T.
la transformée de Fourier de x*(t) est la convolution de la TF de x(t) par la TF du peigne de dirac :
Le dirac étant l'élément neutre de la convolution, on obtient:
Le rapprochement des deux résultats montre que le calcul de la transformée d'un signal échantillonné au pas T par la méthode des rectangles donne la somme de la transformée vraie et de toutes les translatées de celle-ci avec un pas égal à la fréquence d'échantillonnage 1/T.
Toute l'information utile est contenue dans l'intervalle [-1/(2T), 1/(2T)].
Si les fréquences présentes dans le signal ne débordent pas de cet intervalle, c'est-à-dire si la fréquence d'échantillonnage est supérieure au double de la plus haute fréquence, on obtient la transformée vraie. Dans le cas contraire, les translatées voisines viennent se superposer. Ce phénomène est appelé "recouvrement du spectre"
Du fait de la symétrie, tout se passe comme si le spectre vrai était replié (l'énergie associée aux fréquences supérieures à la moitié de la fréquence d'échantillonnage est transférée en dessous de cette fréquence). Si on veut éviter le franglais on utilise en général le terme repliement de préférence à aliasing.
Ces résultats s'appliquent sans modification à un signal à variance finie.
Formule de Shannon [modifier]
Puisque la transformée X*(f) du signal correctement échantillonné contient, dans l'intervalle [-½T,½T], la transformée du signal d'origine x(t), on peut reconstituer celui-ci en calculant la transformée inverse, l’intégration étant bornée à cet intervalle.
On obtient ainsi

avec : sinc qui est le sinus cardinal noté :

Illustration [modifier]
La meilleure illustration de l'application de ce théorème est la détermination de la fréquence d'échantillonnage d'un CD audio, qui est de 44,1 kHz. En effet, on considère que la limite de perception de l'oreille humaine est située à 20 kHz. Il convient donc, lors de la conversion, d'échantillonner le signal audio à au moins 40 kHz. Une valeur de 44,1 kHz a été retenue par le consortium Sony/Philips lors de l'élaboration de la norme du Compact Disc. La fréquence de 44 100 échantillons par seconde a été choisie pour faciliter l'enregistrement de l'audio numérisé sur les magnétoscopes vidéo qui avaient en commun un facteur de 294 ou 245, correspondant au nombre de lignes utiles dans le champ vidéo en PAL ou NTSC. Dans le cas du PAL, on obtient 44 100 en multipliant 294 par 50 (nombre de trames par seconde) et par 3 (nombre d'échantillons par ligne). En NTSC, le même résultat est obtenu par multiplication de 245 par 60 (nombre de trames par seconde) et par 3 (nombre d'échantillons par ligne).









