Taurobole
Le taurobole est un sacrifice expiatoire pendant lequel on égorgeait un taureau en l'honneur de Cybèle pendant l'antiquité. Le taurobole n'est que métroaque (Culte de Cybèle). On faisait ce sacrifice sur une pierre ou une planche percée de trous, placée elle-même au-dessus d'une fosse dans laquelle le fidèle était aspergé du sang de l'animal. Il était ainsi purifié.
L’étymologie de taurobole pose quelque problème : le terme n’est ni latin, ni grec, mais composé des deux. il s’agit bien du sacrifice d’un taureau, mais le suffixe -bole évoque plutôt une arme de jet, incompatible avec la pratique réelle. Franz Cumont[1] se base sur la graphie ancienne tauropolium pour dire qu’il s’agit à l’origine des sacrifices à Artémis taurique (c’est-à-dire honorée en Tauride), largement honorée dans le monde hellénique.
Les tauroboles se pratiquaient en général assez rarement et donnaient lieu à de grandes cérémonies « de masse » au cours desquelles de nombreux sacrifices étaient pratiqués. À l'issue de la cérémonie, les fidèles faisaient sculpter des autels commémoratifs mentionnant leur nom, le nom du prêtre officiant, la date. Ces autels tauroboliques (improprement appelés eux-mêmes tauroboles) étaient sculptés avec une représentation de l'animal sacrifié : taureau, bélier, mouton, et parfois des objets rituels. Le taurobole désigne uniquement le sacrifice d'un taureau. S'il s'agit d'un bélier, on parle alors de criobole. Mais le terme de taurobole est devenu générique. Une quarantaine d'autels tauroboliques sont conservés en France, dont la moitié au musée Eugène Camoreyt de Lectoure (Gers).
Ce rite fut étendu aux pratiques cultuelles de Cybèle, comme en témoigne la dédicace de l'Autel taurobolique, dédié à Lugdunum en l'an 160 pour la santé de l'empereur Antonin le Pieux, ainsi que ceux de l'ancienne Lactora (aujourd'hui Lectoure).
[modifier] Notes
- Franz Cumont, Le Taurobole et le culte de Bellone, in Revue d’Histoire et de Littérature religieuses, année et tome VI, 1901. Wikisource
[modifier] Bibliographie
- Émile Espérandieu, Inscriptions antiques de Lectoure, Auch : G. Foix ; Paris, Thorin, 1892
[modifier] Voir aussi
- Autels tauroboliques de Lyon
- Musée Eugène Camoreyt de Lectoure (Gers) (collection de 20 autels tauroboliques dédiés aux cultes de Cybèle et Mithra)