Stahlhelm, Bund der Frontsoldaten

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Stahlhelm, Bund der Frontsoldaten (de l'allemand Stahlhelm, « casque d'acier » et de Bund der Frontsoldaten, « Ligue des soldats du front ») était une des nombreuses organisations paramilitaires, issues des Freikorps (corps francs), qui virent le jour après la défaite allemande de 1918. En 1933, elle fut autorisée à perdurer sous contrôle nazi jusqu'à sa dissolution en 1935 pour ce qui concernait les vétérans plus âgés. Les plus jeunes et vaillants intégrèrent le corps de réserve des SA.

Fondation et histoire[modifier | modifier le code]

Le Stahlhelm fut fondé fin 1918 à Magdeburg par l'officier de réserve Franz Seldte. C'était était un corps d'inspiration monarchiste radicale et antiparlementaire. ll regroupait des anciens combattants de la Première Guerre mondiale, frustrés par les contraintes et obligations de « dédommagement » imposées par les vainqueurs suite à la reddition allemande de 1918. Ces obligations décrétées par l'étranger, étaient présentées par les fascistes comme un tribut de guerre déshonorant. Le Stahlhelm se voyait comme corps de réserve de l'armée allemande régulière dont les effectifs ne devaient pas dépasser 100 000 hommes d'après le Traité de Versailles. Il lutta contre le plan Dawes aux côtés du NSDAP. Il ne fut pas dissout par Hitler comme la plupart des organisations paramilitaires en 1933, mais néanmoins désarmé. Son journal, Stahlhelm, était édité par le Comte Hans-Jürgen von Blumenthal (en), qui fut plus tard mêlé à la tentative d'assassinat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler.

Une association allemande d'inspiration fasciste et antisémite fondée en 1950 a repris ce nom.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Avec un nombre d'adhérents compris entre 500 000 et un million de membres en 1930 (le nombre varie selon les sources[1]), le Stahlhelm était, après « Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold », (plus de 3 millions d'adhérent, de tendance centriste et démocratique), et avant la « Sturmabteilung » (nazis), qui en comptait 400 000, une des plus grandes organisations paramilitaires avant la dictature. Elle rassemblait au départ, essentiellement des vétérans de la première guerre.

Idées politiques[modifier | modifier le code]

Au départ, officiellement non politique (la plate-forme de l'association affirmait vouloir défendre les intérêts de la patrie[1]) l'organisation dirige néanmoins ses attaques contre la gauche politique allemande[1]. De fait, le Stahlhelm était ouvertement opposé à la politique menée par la république de Weimar.

À partir de 1924, influencé autant par le Putsch de la Brasserie que par les tentatives communistes de prise de pouvoir dans certains états fédérés du Reich[2], le parti se positionne ouvertement pour la régénération du peuple germanique[2] : l'association refuse ouvertement à partir de là, le mélange avec les anciens combattants de religion juive, voire leur intégration au reste de la population. Il s'inspire dans le cadre du mouvement de pensée völkisch, de considérations culturelles plutôt que raciales[2]. Certaines sections dépassent même cette distinction et développent des programmes agraires pour la régénération des racines païennes, exaltant la paysannerie et l'empire médiéval[3].

Liens avec les partis politiques[modifier | modifier le code]

Au début des années 1930, le Stahlhelm est proche des idées politiques développées par le Parti national du peuple allemand (DNVP)[3]. Il participe ainsi au Front de Harzburg, organisé en partie autour du DNVP[3]. Cette participation lève les réserves formulées par l'aile protestante de l'association à [Quoi ?] : ses membres protestants voient en effet Hitler comme un clérical-fasciste[3].

Un des leaders de l'organisation, Theodor Duesterberg, est candidat à l'élection présidentielle de 1932, mais il n'obtient pas de suffisamment de voix pour se maintenir au second tour : les membres du Stahlhelm votent donc soit pour Hitler, soit pour Hindenburg[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George L. Mosse (trad. Claire Darmon), Les racines intellectuelles du Troisième Reich : la crise de l'idéologie allemande, Paris, Calmann-Levy, coll. « Histoire »,‎ 18 octobre 2006, 416 p. (ISBN 2702137156 et 978-2702137154)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c G.L.Mosse, Les Racines intellectuelles du Troisième Reich, p. 290
  2. a, b et c G.L.Mosse, Les Racines intellectuelles du Troisième Reich, p. 291
  3. a, b, c et d G.L.Mosse, Les racines intellectuelles du Troisième Reich, p. 292
  4. George Mosse (trad. Claire Darmon, préf. Stéphane Audoin-Rouzeau), Les Racines intellectuelles du Troisième Reich : la crise de l'idéologie allemande, Paris, Seuil, coll. « Points histoire »,‎ 7 février 2008 (ISBN 9782757805138 et 2757805134), p. 293

Articles connexes[modifier | modifier le code]