Songe de Scipion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Le songe de Scipion.

Le Songe de Scipion (en latin, Somnium Scipionis) est un texte de Cicéron, au sixième et dernier livre du De Republica[1]. Scipion Émilien, l'un des personnages qui dialoguent dans le De Republica, raconte un songe qu'il a fait une vingtaine d'années auparavant.

Le texte fait en quelque sorte pendant au mythe d'Er le Pamphylien dans la République de Platon, une des références de Cicéron. Il est marqué par les thèmes pythagoriciens et platoniciens. Le mysticisme qui l'imprègne lui valut son succès auprès des auteurs chrétiens, dont Macrobe qui en assura par son commentaire la transmission au cours des siècles[2].

Contenu[modifier | modifier le code]

Scipion Émilien, alors légat de légion, débarque en -149 en Afrique, au début de la Troisième Guerre punique. Il se rend auprès de Massinissa, roi de Numidie. Ils passent la soirée à deviser et Massinissa raconte ses souvenirs : il a connu Scipion l'Africain, le vainqueur d'Hannibal, grand-père adoptif de Scipion Émilien, et Paul Émile, son père par le sang. Puis Scipion Émilien s'endort et rêve qu'il est accueilli dans les régions célestes par ces deux glorieux personnages ; ceux-ci lui expliquent l'organisation cosmique du monde et lui révèlent l'immortalité de l'âme. Ils lui montrent que l'âme des hommes politiques qui ont agi conformément au bien jouira d'une félicité éternelle dans la Voie lactée.

Le commentaire de Macrobe[modifier | modifier le code]

Image du manuscrit médiéval intitulé Commentariorum in Somnium Scipionis de Macrobe
Le manuscrit médiéval du Commentariorum in Somnium Scipionis de Macrobe.

Macrobe a écrit au Ve siècle un commentaire approfondi de ce passage du De re publica (Commentarium in Ciceronis Somnium Scipionis). Grâce à Macrobe, le Songe de Scipion avait été conservé individuellement, avant que le texte du De re publica ne soit retrouvé – de manière incomplète – par un philologue italien, le cardinal Angelo Mai, en 1814, sur un palimpseste de saint Augustin conservé à la bibliothèque du Vatican.

Origine des thèmes du Songe de Scipion[modifier | modifier le code]

Le Songe de Scipion occupe une place à part dans l'œuvre de Cicéron par sa dimension mystique et poétique.

Pierre Boyancé, dans ses Études sur le Songe de Scipion, s'attache à retrouver l'origine des idées qui constituent ce mythe cicéronien. Il montre qu'il ne faut pas la chercher chez Posidonius d'Apamée, contrairement à ce que pensaient certains commentateurs précédents comme Eduard Norden[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De Republica, VI 9 à VI 29.
  2. Grimal 1986, p. 269
  3. Virgils Aeneis Sechstes Buch, 2e éd., Leipzig, 1916, pp. 47 et suiv.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • (la), (fr) Pierre Boyancé, Études sur le Songe de Scipion (« Bibliothèque des universités du Midi », XX), Bordeaux, Féret & fils ; Paris, De Boccard, 1936, 192 pages.
    • note de lecture : Jean Bayet, « P. Boyancé, Études sur le Songe de Scipion », Journal des savants, 1937, vol. 6, n° 1, p. 273-275 [lire en ligne].

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • André Piganiol, « Sur la source du Songe de Scipion », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, no 1,‎ 1957, p. 88-94 (lire en ligne)
  • Congourdeau Marie-Hélène. Annamaria Pavano, Maximus Planudes. M. Tullii Ciceronis Somnium Scipionis in Graecum translatum., Revue des études byzantines, 1994, vol. 52, n° 1, pp. 335-336, compte rendu de lecture

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]