Société de la Maha Bodhi

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La Société de la Maha Bodhi (Maha Bodhi Society) est une société bouddhiste d’Asie du Sud fondée par le leader bouddhiste sri-lankais Anagarika Dharmapala et par le journaliste et poète britannique Edwin Arnold. Les premiers buts affirmés de la société étaient le renouveau du bouddhisme en Inde et la restauration des anciens temples bouddhiques de Bodh Gaya, Sārnāth et Kushinara[1],[2],[3].

Bien que certains Indiens soient restés culturellement bouddhistes pendant des siècles après le déclin du bouddhisme en Inde, ils ne se considéraient pas comme bouddhistes et ne cherchaient pas à préserver les enseignements du bouddhisme. La Société de la Maha Bodhi commença à renouveler cet intérêt. Elle est aussi à l’origine d’associations bouddhistes au Ladakh, en Assam et en Himalaya, et est un des points de départ du mouvement bouddhiste dalit[4].

Origines[modifier | modifier le code]

Le temple de la Mahabodhi vers 1780

En 1885, Edwin Arnold, ayant visité le site du temple de la Mahabodhi à Bodhgayâ (le plus important des quatre sites saints du bouddhisme, étant le lieu ou le Bouddha historique, Siddhartha Gautama, atteignit l’éveil), publia plusieurs articles attirant l’attention des bouddhistes quant aux conditions déplorables dans lesquelles se trouvait Bodhgayâ.

En 1891, Anagarika Dharmapala alla en pèlerinage à ce même temple de la Mahabodhi. Ce fut pour lui un choc : il trouva en effet le temple aux mains d'un prêtre shivaïte, l'image du Bouddha transformée en icône hindoue, et les bouddhistes interdits de culte. En conséquence, il commença un mouvement destiné à changer cette situation[5].

Il fonda donc cette même année à Colombo la Société de la Maha Bodhi ; le siège en fut transféré à Calcutta l'année suivante. L'un des principaux objectifs de la société était la restauration d'un contrôle par les bouddhistes du temple de la Mahabodhi à Bodhgayâ[6].

Développements[modifier | modifier le code]

Bodh Gayâ[modifier | modifier le code]

Pour établir un contrôle bouddhiste du temple de la Mahabodhi, Dharmapala assigna en justice les prêtres brahmanes qui s’étaient approprié le site depuis le XVIe siècle. Après une longue lutte, ceci fut en partie un succès en 1949 avec la prise en charge partielle de l’administration du lieu par la Société de la Maha Bodhi, même si le comité de gestion du lieu, dépendant maintenant du gouvernement du Bihar, était toujours à majorité hindoue et présidé par un hindou.

Sārnāth[modifier | modifier le code]

En 1931, sous l’impulsion d’Anagarika Dharmapala, la Société de la Mahabodhi érige le Mulaghandakuti Vihâra à Sārnāth, un autre des lieux saints du bouddhisme.

Kusinâgar[modifier | modifier le code]

Grâce à l’implication de la Société, le site du parinirvâna (mort physique) du Bouddha à Kusinâgar est redevenu un lieu de pèlerinage pour de nombreux bouddhistes, comme cela était le cas des siècles auparavant.

Autres lieux[modifier | modifier le code]

Des activités de la Société de la Maha Bodhi furent établies dans plusieurs pays, les pays les plus significatifs étant l’Inde et le Sri-Lanka. Paul Carus créa des activités de la Société aux États-Unis.

Il est à noter qu’il existe aussi une Société de la Maha Bodhi à Bengalore, qui fut créée par Acharya Buddharakkhita en 1956 ; elle n’est cependant pas affiliée à la Société de la Maha Bodhi.

Publications[modifier | modifier le code]

La Société de la Maha Bodhi a une solide tradition de publication, allant de traductions du pâli vers des langues indiennes vernaculaires contemporaines comme le hindi à des œuvres savantes et à de nouvelles éditions devanagaries de textes en pâli destinées à un lectorat indien éduqué.

La Société publie aussi, parfois en partenariat avec d’autres maisons d’édition, des livres et livrets en langues ou dialectes indiens régionaux ou locaux.

Présidence[modifier | modifier le code]

Suivant en cela les désirs des fondateurs, les statuts de la Société de la Maha Bodhi furent modifiés en septembre 2008 : depuis lors, seules des personnes nées dans une famille bouddhiste sont éligibles aux postes de président ou de vice-président de la Société[7].

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Maha Bodhi Society
  2. (en) India Revisited by Sir Edwin Arnold
  3. (en) Dipak K. Barua, “Buddha Gaya Temple: its history”
  4. (en) D.C. Ahir. Buddhism in Modern India, Sri Satguru Publications, Dehli, 1991, p. 17.
  5. (en) Sean O'Reilly, James O'Reilly, Pilgrimage: Adventures of the Spirit, Travelers' Tales, 2000, pages 81-82.
  6. (en) Arnold Wright, Twentieth Century Impressions of Ceylon: its history, people, commerce, industries, and resources, "Angarika Dharmapala", Asian Educational Services, 1999.
  7. (en)[1]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]