Anagarika Dharmapala

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Anagarika Dharmapala

Anagarika Dharmapala (né le 17 septembre 1864 à Colombo, mort le 29 avril 1933 à Sārnāth) était un bouddhiste sri-lankais et un écrivain. Il fut l'un des premiers contributeurs au nationalisme bouddhiste non-violent cinghalais, et au bouddhisme cinghalais. Il a également été un pionnier du renouveau du bouddhisme en Inde, où le bouddhisme avait pratiquement disparu depuis plusieurs siècles, et il fut le premier bouddhiste des temps modernes à enseigner le Dharma sur trois continents : en Asie, en Amérique du Nord et en Europe. Avec Henry Steel Olcott et Helena Blavatsky, les fondateurs de la société théosophique, ce fut un réformateur et instigateur majeur du renouveau du bouddhisme à Ceylan, et fut un personnage très important de la transmission du bouddhisme à l’Occident. Dharmapala est l'un des bouddhistes les plus vénérés du XXe siècle

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né sous le nom de Don David Hewavitarane à Colombo (Ceylan, aujourd'hui Sri Lanka), fils de Don Carolis Hewavitharana (en) et de Mallika Dharmagunawardhana (fille de Andiris Perera Dharmagunawardhana (en)), très riches marchands de Ceylan. Il avait pour frères Charles Alwis Hewavitharana (en) et Edmund Hewavitarne (en).

Ceylan était une colonie britannique ; l'enseignement public reçu par Hewavitarne fut donc anglais : il est allé à une école chrétienne, la CMS Boys School, à Kotte, puis au collège Saint Benedict, à Kotahene, au collège Saint Thomas, au Mont Lavinia, et à l'Académie de Colombo.

C’était un temps de renouveau du bouddhisme. En 1875, à New York, Madame Blavatsky et le colonel Olcott avaient fondé la société théosophique. Ils étaient tous les deux très appréciatifs de ce qu'ils avaient compris du bouddhisme, et en 1880, ils allèrent à Ceylan, se déclarèrent bouddhistes, et prirent publiquement les refuges et les préceptes d'un éminent bhikkhu cinghalais. Le colonel Olcott revint plus tard à Ceylan et se consacra à la cause de l'éducation bouddhique, créant finalement plus de 300 écoles bouddhiques, dont certaines existent toujours. C'est à cette période que Hewavitarne changea son nom en Anagarika Dharmapala.

Dharmapala signifie « protecteur ou gardien du Dharma ». Anagarika signifie « sans foyer » : il s'agit d'un état à mi-chemin entre le moine et laïc. En tant qu'anagarika, Dharmapala prit les huit préceptes (s’abstenir de tuer, de voler, de méconduite sexuelle, de discours offensant, d'ivresse, de manger après midi, de spectacles, de tenue à la mode, et de lits de luxe) pour la vie. Ces huit préceptes sont fréquemment pris par des laïcs de Ceylan certains jours particuliers[1], mais il était tout à fait inhabituel qu'une personne les prenne à vie. Dharmapala fut le premier anagarika – c’est-à-dire un célibataire, travaillant à temps plein pour le bouddhisme – de l'époque moderne. Il semble qu'il ait fait vœu de chasteté à l'âge de huit ans et y soit resté fidèle toute sa vie. Il portait une robe jaune, qui n’était cependant pas du modèle traditionnel porté par le bhikkhu, et ne se rasait pas la tête. Il estimait que le respect de toutes les règles du vinaya se mettrait en travers de son travail, en particulier parce qu’il se déplaçait en avion. Ni le titre d' anagarika ni la fonction ne sont devenus populaires, mais dans ce rôle, il « était un modèle d'activisme séculaire dans le bouddhisme moderniste[2] ». Il est considéré comme un bodhisattva au Sri Lanka[3].

Son voyage à Bodhgayâ (Inde) fut inspiré par une visite faite en 1885, par Sir Edwin Arnold, l'auteur de La lumière de l'Asie, qui commença rapidement à militer pour la rénovation du site et son retour à une administration par des bouddhistes[4],[5]. Arnold fut soutenu dans cette entreprise par Weligama Sri Sumangala (en) Thera[6],[7].

À l'invitation de Paul Carus, il alla aux États-Unis en 1896, où il voyagea et enseigna en de nombreux endroits. Il y retourna en 1902-1904[8].

Dharmapala rompit finalement avec Olcott et les théosophes, du fait de la position d’Olcott sur la religion universelle. « L'un des facteurs importants de son rejet de la théosophie est centré sur cette question de l'universalisme ; Le prix de l’assimilation du bouddhisme à un modèle non-bouddhique de la vérité était finalement trop élevé pour lui[9] ». Dharmapala déclara que la théosophie « ne faisait que consolider le culte de Krishna ». « Dire que toutes les religions ont une base commune ne montre que l'ignorance de l'orateur ; le Dharma seul est souverain pour un bouddhiste. »[10]

Il fut ordonné bhikkhu à Sarnath en 1933, et il y mourut en décembre de la même année, à l’âge de 68 ans.

Anagarika Dharmapala à l'âge de 35 ans environ

Contribution religieuse[modifier | modifier le code]

Le jeune Dharmapala aida le colonel Olcott dans son travail, en particulier en étant son traducteur. Dharmapala devint également très proche de Madame Blavatsky, qui lui conseilla d'étudier le pâli et à travailler pour le bien de l'humanité – ce qu'il a fait.

En 1891, Anagarika Dharmapala alla en pèlerinage à Bodhgayâ, au temple de la Mahabodhi, récemment restauré, où Siddhartha Gautama - le Bouddha historique - atteignit l’éveil. Ce fut un choc : il trouva en effet le temple aux mains d'un prêtre shivaïte, l'image du Bouddha transformée en une icône hindoue, et les bouddhistes interdits de culte. En conséquence, il commença un mouvement destiné à changer cette situation[11].

Cette même année, à Colombo, il fonda donc la Société de la Maha Bodhi (Mahabodhi Society) ; le siège en fut transféré à Calcutta l'année suivante. L'un des principaux objectifs de la société était la restauration d'un contrôle par les bouddhistes du temple de la Mahabodhi à Bodhgayâ, le plus important des quatre sites saints du bouddhisme[12],[13]. Pour ce faire, Dharmapala intenta un procès aux prêtres brahmanes qui avaient le contrôle du site depuis des siècles. Ce ne fut une réussite qu’après une longue lutte, après l'indépendance indienne de 1947, et seize ans après la mort de Dharmapala (1933) : en 1949, la gestion du temple de Bodhgayâ fut confiée à un comité composé d’un nombre égal d'hindous et de bouddhistes.

Des centres de la Société de la Mahabodhi furent créés dans de nombreuses villes indiennes, ce qui fut à l’origine d’une prise de conscience du bouddhisme en Inde. Des conversions eurent lieu, principalement parmi les plus instruits, mais aussi chez certains Indiens de basse caste dans le sud.

Grâce aux efforts de Dharmapala, le site du parinibbāna (mort physique) du Bouddha à Kusinâgar est redevenu un lieu majeur d’intérêt pour les bouddhistes, comme cela le fut pendant longtemps, des siècles auparavant. Dans les années 1890, le mouvement Mahabodhi tint le règne musulman en Inde comme responsable de la disparition du bouddhisme en Inde[14],[15].

En 1893, Dharmapala fut invité à participer au parlement des religions à Chicago, en tant que représentant du « bouddhisme du Sud », ce qui était le terme utilisé à l'époque pour désigner le theravāda. Il y rencontra Swami Vivekananda et s’entendit très bien avec lui. Tout comme Swami Vivekananda, il eut un grand succès au Parlement et reçut une bonne attention des médias. Lors de son retour en Inde, il s’arrêta à Hawaï, ou il rencontra Mary E. Foster, une descendante du roi Kamehameha, qui avait des problèmes émotionnels. Dharmapala l’aida en utilisant des techniques bouddhiques et, en retour, elle lui fit un don très important, de plus d'un million de roupies, soit plus de 2,7 millions de dollars, en dollars de 2010, mais ayant en fait beaucoup plus de valeur du fait des faibles coûts salariaux en Inde.

Avant même ses 40 ans, c’était déjà une personnalité connue mondialement ; pendant les 40 ans qui suivirent, il continuera à voyager, à donner des conférences et à établir des viharas à travers le monde. En même temps, il s'attachera à la création d'écoles et d'hôpitaux à Ceylan, et à la construction de temples et de viharas en Inde. Parmi les plus importants des temples construits, citons celui de Sārnāth, où le Bouddha fit son premier enseignement.

Le volumineux journal de Dharmapala a été publié ; il a également écrit des mémoires.

Ce qui précède a été adapté de Sangharakshita, Great Buddhists of the Twentieth Century, Windhorse Publications 1996, avec permission.

Dharmapala, la science, et le bouddhisme protestant[modifier | modifier le code]

Le terme « bouddhisme protestant » créé par l’érudit Gananath Obeyesekere[16], est souvent appliqué à la forme du bouddhisme de Dharmapala. Ce bouddhisme est protestant de deux manières. Tout d'abord, il est influencé par les idéaux protestants tels que la liberté des institutions religieuses, la liberté de conscience, et la concentration sur l'expérience intérieure individuelle. Deuxièmement, il est en lui-même une protestation contre les prétentions de supériorité chrétienne, le colonialisme et le travail missionnaire chrétien visant à affaiblir le bouddhisme. « Sa caractéristique saillante est l'importance qu'il attribue aux laïcs ». Il est né au sein de la classe moyenne nouvelle et instruite, à Colombo et aux alentours.

Le terme « modernisme bouddhiste » est utilisé pour décrire les formes de bouddhisme qui conviennent au monde moderne, le plus souvent influencées par la pensée des Lumières européennes, et souvent adaptées par les bouddhistes d'Asie pour contrer les revendications de supériorité européenne ou chrétienne. Les modernistes bouddhistes soulignent certains aspects du bouddhisme traditionnel, tout en mettant l'accent sur d’autres. Certaines des caractéristiques du modernisme bouddhiste sont les suivantes : l’importance des laïcs face à la sangha ; la rationalité et la diminution de l’accent porté sur les aspects surnaturels et mythologiques ; la cohérence avec la science moderne ; l'accent sur la spontanéité, la créativité et l'intuition ; le caractère démocratique et anti-institutionnel ; l’accent porté sur la méditation par rapport aux rituels et aux cérémonies.

Dharmapala est un excellent exemple de bouddhiste moderniste d'Asie, et peut-être le paradigme de l'exemple de bouddhiste protestant. Il était particulièrement préoccupé par une présentation du bouddhisme qui soit compatible avec la science, en particulier avec la théorie de l'évolution.

Œuvres de Dharmapala[modifier | modifier le code]

La plupart des œuvres de Dharmapala ont été réunies dans Return to Justice, A Collection of Speeches, Essays, and Letters of the Anagarika Dharmapala (Retour à la justice, un recueil des discours, essais et lettres d'Anagarika Dharmapala), édité par Ananda Guruge, Ministry of Education and Cultural Affairs, Colombo, 1965.

La dette du Monde envers le Bouddha (1893)[modifier | modifier le code]

Au parlement des religions, de g. à d.: Virchand Gandhi, Anagarika Dharmapala, Swami Vivekananda, et G. Bonet Maury.

Ce document a été lu à une séance bondée du Parlement des religions, à Chicago, le 18 septembre 1893. À ce stade précoce de sa carrière, Dharmapala avait le souci de rendre le bouddhisme acceptable à son public occidental. Ce discours est truffé de références à la science, à l'Europe des Lumières et au christianisme. Tout en présentant le bouddhisme en ces termes familiers, il laisse aussi entendre que le bouddhisme est supérieur à toute philosophie de l'Occident. En outre, il consacre beaucoup de temps à discuter du régime politique idéal bouddhique d’Ashoka, et de l'éthique bouddhique pour les laïcs.

L'optimisme constructif du bouddhisme (1915)[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme est souvent représenté en Occident, en particulier par les missionnaires chrétiens, comme pessimiste, nihiliste et passif. Une des principales préoccupations de Dharmapala était de contrer ces revendications, et cette préoccupation est particulièrement évidente dans cet essai.

Le message du Bouddha (1925)[modifier | modifier le code]

Dans les derniers stades de sa carrière, le ton véhément anti-chrétien de Dharmapala est plus évident. Dharmapala doit être compris dans le contexte de la colonisation britannique de Ceylan et de la présence, sur l’île, de missionnaires chrétiens. Cette œuvre est un bon exemple de « bouddhisme protestant », tel que décrit ci-dessus.

L’évolution vue du point de vue du bouddhisme (1926)[modifier | modifier le code]

La théorie darwinienne de l'évolution était à l'avant-garde de la science durant la vie de Dharmapala. En essayant de montrer que le bouddhisme est compatible avec la science moderne, Dharmapala a particulièrement été concerné par l'évolution. Nulle part, dans de ses écrits, ne se trouve la preuve qu'il a compris la théorie de Darwin. Son utilisation du terme « évolution » semble avoir une signification plus vaste et plus générale. Par exemple, le karma et la renaissance n'ont pas leur place dans les théories de Darwin. Il s'appuie sur la cosmologie du Sutta à Aggañña (Dīgha Nikāya, 27) et sur la théorie de l'origine de l’homme.

Contribution au nationalisme bouddhique cinghalais[modifier | modifier le code]

Dharmapala fut un important contributeur tant à la renaissance bouddhique du XIXe siècle qui a conduit à la création d'institutions bouddhiques correspondant à celles des missionnaires (écoles, YMBA, etc.) qu’au mouvement d'indépendance du XXe siècle. Pour Neil DeVotta, sa rhétorique se base sur quatre points principaux :

  • la louange – du bouddhisme et de la culture cinghalaise,
  • le blâme – des impérialistes britanniques, de ceux qui ont travaillé pour eux, y compris des chrétiens,
  • la peur – que le bouddhisme soit menacé d'extinction au Sri Lanka,
  • l’espoir – d’une ascendance bouddhiste cinghalaise rajeunie.

Il a illustré les trois premiers points dans un discours public :

« Cette île belle et lumineuse a été transformée en un paradis par les Cinghalais aryens avant que sa destruction ne soit provoquée par les vandales barbares. Ses habitants ne connaissaient pas l'irréligion (...) Le christianisme et le polythéisme [c’est-à-dire l'hindouisme] sont responsables des pratiques vulgaires telles que tuer des animaux, le vol, la prostitution, la débauche, le mensonge et l'ivresse ... Les anciens, historiques, des gens raffinés, sous la diabolisation du paganisme vicieux, mis en place par les administrateurs britanniques, sont en train de diminuer lentement[17]. »

Il loua un jour le courage du vendeur de vada tamil normal et blâma le peuple cinghalais paresseux, lui demandant de se lever. Il protestait vivement contre la mise à mort du bétail et l’utilisation de la viande de bœuf dans l’alimentation. En bref, les raisons qu’avait Dharmapala de rejeter l'impérialisme britannique n'étaient pas politiques ou économiques, elles étaient religieuses : avant tout, la nation cinghalaise est le dépositaire historique du bouddhisme.

Une manifestation de cette intolérance nouvelle eut lieu en 1915, visant certains musulmans de Ceylan. Des détaillants musulmans ayant réussi devinrent la cible de leurs concurrents singhalais[18]. En 1912, Dharmapala écrivit :

« Les mahométans, un peuple étranger, ... par des méthodes shylockiennes[19] deviennent prospères comme les Juifs. Le fils du sol cinghalais, dont les ancêtres ont pendant 2358 années versé des rivières de sang pour garder le pays sans envahisseurs étrangers (...) ne sont que des vagabonds aux yeux des Britanniques. L’étranger mahométan du sud de l'Inde vient à Ceylan, voit le villageois négligé, sans aucune expérience dans le commerce (...) et le résultat est que le mahométan réussit et que les fils du sol font faillite[20]. »

Dharmapala et ses associés ont donc beaucoup encouragé et contribué à ce qui fut avec justesse appelé « l'état ethnocratique ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Harvey, Peter. 1990. An Introduction to Buddhism: Teachings, History, and Practices. Cambridge: Cambridge University Press. 208.
  2. Harvey, 205.
  3. McMahan, David L. 2008. The Making of Buddhist Modernism. Oxford: Oxford University Press. 291.
  4. Harvey, 303.
  5. Maha Bodhi Society: Founders.
  6. India Revisited by Sri Edwin Arnold
  7. Dipak K. Barua, Buddha Gaya Temple: its history.
  8. Harvey, 307.
  9. McMahan, 111.
  10. Prothero, Stephen. 1996b. The White Buddhist: The Asian Odyssey of Henry Steel Olcott. Bloomington: Indiana University Press, p. 167 et 172.
  11. Sean O'Reilly, James O'Reilly, Pilgrimage: Adventures of the Spirit, Travelers' Tales, 2000,ISBN 978-1-885211-56-9 pg 81-82
  12. Arnold Wright, Twentieth Century Impressions of Ceylon: its history, people, commerce, industries, and resources, "Angarika Dharmapala", Asian Educational Services, 1999, ISBN 978-81-206-1335-5 pg.119
  13. C. J. Bleeker, G. Widengren, Historia Religionum, Volume 2 Religions of the Present: Handbook for the History of Religions, Brill Academic Publishers, 1971, ISBN 978-90-04-02598-1 pg. 453
  14. The Maha-Bodhi by the Maha Bodhi Society, Calcutta, page 58.
  15. The Philosophy of Mahatma Gandhi: And Other Essays, Philosophical and Sociological by Ardeshir Ruttonji Wadia, page 483.
  16. Gombrich, Richard F., 1988, Theravada Buddhism; A Social History from Ancient Benares to Modern Colombo. New York: Routledge and Kegan Paul, p. 174.
  17. Anagarike Dharmapala, quoted in A. Guruge, Return to Righteousness: A Collection of Speeches, Essays and Letters of the Anagarike Dharmapala. Colombo: Ministry of Education and Cultural Affairs, 1965. 482
  18. Little D. 1994. Sri Lanka, The Invention of Enmity, United States Institute of Peace Press, p. 32
  19. Référence à Shylock, vieil usurier juif du Marchand de Venise de William Shakespeare.
  20. Cited In Jayawardena, Ethnic and class conflicts, pp.27-29

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Trevithick, Alan (2006), The revival of Buddhist pilgrimage at Bodh Gaya (1811-1949): Anagarika Dharmapala and the Mahabodhi Temple. ISBN 978-81-208-3107-0.
  • McMahan, David L. (2009), The making of Buddhist modernism. Oxford University Press US. ISBN 978-0-19-518327-6.
  • Anagarika Dharmapala Archive at Vipassana Fellowship
  • [www.lankalibrary.com Bibliothèque virtuelle : Anagarika Dharmapala]
  • Anagarika Dharmapala. Return to Righteousness: A Collection of Speeches, Essays and Letters of the Anagarika Dharmapala, ed. Ananda W.P. Guruge, The Anagarika Dharmapala Birth Centenary Committee, Ministry of Education and Cultural Affairs, Ceylon 1965.
  • DeVotta, Neil, The Utilisation of Religio-Linguistic Identities by the Sinhalese and Bengalis: Towards General Explanation. Commonwealth & Comparative Politics, Vol. 39, No. 1 (March 2001), p. 66–95.
  • Ven. Kiribathgoda Gnanananda Thero, Budu Sasuna Bebala Wu Asahaya Dharma Duthayano, Divaina, 17 September 2008.
  • Sangharakshita, Flame in Darkness: The Life and Sayings of Anagarika Dharmapala, Triratna Grantha Mala, Poona 1995.
  • Sangharakshita, Anagarika Dharmapala, a Biographical Sketch, and other Maha Bodhi Writings, Ibis Publications, 2013.
  • Daya Sirisena, Anagarika Dharmapala - trail-blazing servant of the Buddha, Daily News, 17 September 2004.
  • Bartholomeusz, Tessa J. 1993. Dharmapala at Chicago : Mahayana Buddhist or Sinhala Chauvinist? Museum of Faiths. Atlanta : Scholars Pr.235-250.
  • Gombrich, Richard F. 1988, Theravada Buddhism; A Social History from Ancient Benares to Modern Colombo. New York: Routledge and Kegan Paul.
  • Kloppenborg, Ria. 1992, The Anagarika Dharmapala (1864-1933) and the Puritan Pattern. Nederlands Theologisch Tijdschrift, 46:4, 277-283.
  • McMahan, David L. 2008, The Making of Buddhist Modernism. Oxford: Oxford University Press. 91-97, 110-113.
  • Obeyesekere, Gananath, 1976, Personal Identity and Cultural Crisis: the Case of Anagārika Dharmapala of Sri Lanka. Biographical Process, The Hague : Mouton. 221-252.
  • Prothero, Stephen. 1996a, Henry Steel Olcott, Anagarika Dharmapala and the Maha Bodhi Society. Theosophical History, 6:3, 96-106.
  • Saroja, G V. 1992, The Contribution of Anagarika Devamitta Dharmapāla to the Revival of Buddhism in India. Buddhist Themes in Modern Indian lLterature, Madras : Inst. of Asian Studies. 27-38.

Liens externes[modifier | modifier le code]