Skylander SK-105

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Skylander SK-105
Constructeur GECI International
Mise en service abandonné
En service 0

Le Skylander est un programme de construction d'avion civil biturbopropulseur lancé en 2001[1], et développé par la société GECI International au travers de sa filiale GECI Aviation.

Maquette de l'ancienne version du Skylander SK-105 exposée au Salon du Bourget 2009

La première équipe de conception travailla sous la direction de Desmond Norman, coconcepteur du Britten-Norman Islander. Le premier vol était alors prévu pour mai 2005.

Après plusieurs reports et après avoir tenté d'assurer la réalisation du prototype à Tarbes, puis à Évora au Portugal, celle-ci a implanté en 2008 son pôle GECI Aviation sur l'ancienne base aérienne de Chambley-Bussières avec le soutien de la région Lorraine[2].

En octobre 2009, l'allure générale de l'avion avait été modifiée de façon importante : nouveau fuselage, nouvelle voilure et train modifié[3], ce qui rendait obsolète la maquette présentée au Salon aéronautique du Bourget de juin 2009. Repoussée d'année en année, la sortie du premier prototype n'était toujours pas réalisée en décembre 2012, la société ayant été mise en redressement judiciaire en octobre 2012. La liquidation judiciaire de la société, prononcée le 16 avril 2013 a mis un arrêt définitif à ce projet[4].

Caractéristiques envisagées[modifier | modifier le code]

Le Skylander était un bi-turbopropulseur à ailes hautes, à train fixe et cabine non pressurisée, capable de transporter jusqu'à 19 passagers ou 2,7 tonnes de fret. C'était un avion prévu dans la catégorie CS23 / FAR23.

Ses spécifications rendaient ce projet très comparable à des avions existants comme l'Antonov An-28, le Twin Otter 400, le GAF Nomad, le Dornier Do 228, le CASA C-212, le Let L-410 Turbolet entre autres et aussi au prototype volant chinois Harbin Y12F (successeur du Harbin Y-12) ou au Dirgantara Indonesia N-219. Le prix version passager était estimé à 6,5 millions de dollars.

Le projet prévoyait les performances suivantes :

  • Vitesse de croisière maximale : 235 nœuds
  • Vitesse de croisière long range : 180 nœuds
  • Rayon d’action (LRC, sans réserve) : 2500 km
  • Distance de décollage (SL-ISA) : 600 m
  • Distance d’atterrissage (ground roll) : 255 m
  • Masse maximale au décollage : 8 620 kg
  • Charge utile maximale : 2 700 kg
  • Version passagers : 19
  • Volume cabine : 25 m3
  • Volume soute à bagages : 3 m3
  • Propulsion : 2 turbines Pratt & Whitney PT6-65B (1 100 ch)
  • Avionique : Glass Cockpit Cobham
  • Hélices : 5 pales Hartzell

Missions[modifier | modifier le code]

Le Skylander devait être un avion polyvalent capable d'effectuer de nombreuses missions :

  • transport de passagers en version Commuter 19 places ou VIP ou 2,7 tonnes de fret
  • transport de fret en vrac (28 m3 de volume cabine pour 3 tonnes de charge utile), de palettes (4 palettes standard PKC) ou de containers LD3 (version ultérieure)
  • transport combiné passagers et fret (combi 10/12 pax + volume fret de 14,5 m3 et plus)
  • évacuation sanitaire (6 civières et 4 sièges)
  • surveillance aérienne
  • utilisations militaires : transport, parachutage, formation

Fabrication[modifier | modifier le code]

Le site de production aurait été implanté en Lorraine, sur l’ancienne base aérienne de l'OTAN de Chambley-Bussières sur une surface de 22 hectares. GECI Aviation avait bénéficié pour ce complexe industriel du soutien de l’État, de la Région Lorraine, de la Direction à l’aménagement du territoire (DIACT), de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) et d'Oséo.

La découpe des premiers copeaux, le first metal cut, avait été réalisée, sur un élément de volet, le 27 avril 2010 à Baccarat en Lorraine au sein de la société Baccarat Précision.

En décembre 2010, la société Cobham Avionics avait annoncé avoir été présélectionnée pour équiper le cockpit du Skylander[5] mais en décembre 2012, aucun prototype n'était encore construit.

Longues incertitudes sur la construction[modifier | modifier le code]

Si en avril 2010, le processus de fabrication avait été annoncé comme déjà commencé en vue de la production du premier prototype au second semestre 2011, il n'en avait rien été.

En avril 2011, la société GECI était contrainte d'annoncer le décalage du premier vol au premier semestre 2012 et des livraisons pour fin 2013, et confirmait l'information en juin[6].

Cette date prévisionnelle de lancement fut alors contestée par la presse locale [7], mais dans le rapport trimestriel GECI publié en novembre 2011, la date du premier vol était repoussée au second semestre 2012. Puis en février 2012, GECI repoussait encore la prévision de ce premier vol en septembre 2013.

Le 13 avril 2012, les pouvoirs publics français revenaient sur leur engagement à financer l'appareil[8] suite à un audit du programme par des experts[9]. Le 16 avril 2012, le président du Conseil régional Jean-Pierre Masseret annonçait que la région n'abandonnerait pas le projet[10]. Une semaine plus tard, l'État français démentait les dires de GECI sur son désengagement au financement du projet[11].

Face au manque de financement du projet, Sky Aircraft filiale à 100 % de Geci Aviation fut placée en redressement judiciaire le 4 octobre 2012 avec une période d'observation de six mois[12]. Finalement la liquidation judiciaire a été prononcée le 16 avril 2013.

Intentions de commandes[modifier | modifier le code]

Au salon du Bourget de juin 2011, étaient annoncées les intentions de commandes (Memorandum of understanding) suivantes[13] :

  • compagnie malaisienne TransAsia : 8 avions avec 4 options.
  • compagnie thaïlandaise Kan Air : 5 avions avec 3 options
  • compagnie indonésienne PT Sky Aviation : 10 avions avec 10 options
  • compagnie laotienne Phongsavanh Airlines : 5 avions et 3 options
  • client non identifié : 2 avions

En 2012 :

  • compagnie russe Aviamost : 40 avions et 260 options. Ce qui en ferait son plus gros client éventuel [14]. L'existence de la compagnie donna toutefois lieu à une forte controverse et l'on s'étonnait de l'intérêt d'un pays qui dispose déjà d'un prototype volant assez proche de conception comme le Technoavia Rysachok [15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Korea has designs on Skylander development »,‎ 2001
  2. http://www.estrepublicain.fr/fr/grand-est/lorraine/info/3173763-Economie-L-ancienne-base-de-l-OTAN-poursuit-sa-mutation.-A-decouvrir-les-3-et-4-juillet-prochain-Le-plan-de-vol-de-Chambley
  3. Air et Cosmos, n°2196, p.32 et 33 - 27 novembre 2009
  4. http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/04/16/la-fin-du-skylander
  5. http://www.militaryaerospace.com/index/display/article-display/5162533612/articles/avionics-intelligence/news/2010/12/cockpit-avionics_from.html
  6. http://www.actusnews.com/documents_communiques/ACTUS-0-24135-amfcp-100611.pdf GECI Aviation, filiale de GECI International, précise le plan de financement du programme Skylander
  7. Marcel GAY, « Skylander : du retard à l'allumage », Est.Républicain,‎ 5 avril 2011 (consulté le 19 novembre 2011)
  8. Skylander : l'État se retire, Le Figaro, 13 avril 2012.
  9. http://www.geci.net/files/FRPDF20120413_GI_protocole.pdf
  10. La Lorraine soutient le projet Skylander, Le Figaro, 16 avril 2012.
  11. Projet Skylander : l'État toujours impliqué, Le Figaro, 18 avril 2012.
  12. Sky Aircraft SAS en redressement judiciaire, Le Figaro, 4 octobre 2012
  13. David Barrie, « Bourget 2011 : Le Skylander de GECI prend de l'ampleur », Futura-Sciences,‎ 22 juin 2011 (consulté le 14 novembre 2011)
  14. http://www.aeroweb-fr.net/actualites/2012/01/geci-recoit-un-engagement-pour-300-skylander:GECI a annoncé avoir signé le 24 janvier 2012 un protocole d'accord avec Aviamost, société russe, portant sur quarante Skylander assortis de deux cent soixante appareils supplémentaires en option !
  15. Le client russe de Geci existe-t-il ?, France3, 3 février 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]