Septembre musical

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Le Septembre musical est un festival suisse de musique classique qui se déroule chaque année à Montreux et Vevey, dans le canton de Vaud, depuis 1946.

Historique[modifier | modifier le code]

La première édition du Septembre musical date de 1946. La Suisse sortait alors de son isolement dû à la Seconde Guerre mondiale et la présence de plusieurs artistes illustres, réfugiés de passage à la recherche d’un confort moral, ou déjà établis dans une contrée réputée pour la sérénité de son climat et sa vocation de terre d’accueil, allait favoriser la naissance d’un festival appelé à connaître un rayonnement international.

Manuel Roth, fondateur (1946-1967)[modifier | modifier le code]

L’initiative du premier directeur, Manuel Roth, trouvait un terrain propice nourri par le souvenir de l’extraordinaire foisonnement artistique qu’avait provoqué, au début du siècle, l’activité de l’Orchestre du Kursaal sous la direction de son jeune chef Ernest Ansermet. À l’exemple de Mendelssohn ou Tchaïkovski, séduits par le paysage de la Riviera vaudoise, Maurice Ravel et Igor Stravinski séjournèrent à Clarens où les rencontres avec le chef vaudois se révèleront emblématiques.

Les débuts dans la salle du Pavillon et au Kursaal sont modestes, mais d’emblée règne la convivialité. Quatre concerts sont prévus en septembre 1946 : un récital du pianiste Robert Casadesus, un programme de musique russe donné par l’Orchestre de la Suisse romande sous la baguette d’Ernest Ansermet, un récital du trio Fischer-Kulenkampff-Mainardi et un concert de l’Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Paul Paray qui sera annulé au dernier moment, les autorités d’occupation de l’Autriche ayant refusé leur assentiment à la tournée. On retrouve la présence de l’Orchestre de la Suisse romande en 1947 sous la direction de Carl Schuricht qui partage le podium en 1948 avec Ernest Ansermet. En 1949, l’OSR donne trois concerts sous la baguette de Robert F. Denzler (remplaçant Carl Schuricht souffrant), Stanley Pope et Paul Klecki. Schuricht est à nouveau au pupitre de l’OSR en 1950, alors que le festival accueille pour la première fois l’Orchestre du Gürzenich de Cologne qui reviendra en résidence en 1952, 1953 et 1956. À partir de 1954, la venue de l’Orchestre de Paris assure au festival une réputation décisive. D’autres orchestres de renom le rejoignent comme l’orchestre symphonique de la NDR de Hambourg et l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, la Philharmonie de Prague et de Varsovie ainsi que l’orchestre symphonique de Bamberg.

René Klopfenstein, ascension internationale (1968-1983)[modifier | modifier le code]

De « Septembre musical » qu’elle resta à travers deux décennies, la manifestation prit officiellement le nom de « Festival de musique de Montreux-Vevey » en 1968 avec la venue de René Klopfenstein qui ajoute au palmarès de célèbres phalanges telles que le New York Philharmonic avec Leonard Bernstein (1968), les Wiener Philharmoniker avec Claudio Abbado (1972), les Wiener Symphoniker avec Carlo-Maria Giulini (1973), le Cleveland Orchestra avec Lorin Maazel (1975), l’Orchestre philharmonique de Los Angeles avec Zubin Mehta (1974), le Chicago Symphony Orchestra avec Georg Solti (1978), le Boston Symphony Orchestra avec Seiji Ozawa (1979), le Royal Philharmonic Orchestra London avec Antal Dorati (1980), l’Orchestre philharmonique de Leningrad avec Mariss Jansons (1980), le London Symphony Orchestra avec Claudio Abbado (1982) et l’Orchestre de la Staatskapelle de Dresde avec Herbert Blomstedt (1983).

René Klopfenstein va donner au festival une nouvelle direction en décentralisant les spectacles et en diversifiant la programmation. Il multiplie les lieux de concert. Manuel Roth avait introduit la musique de chambre en 1954 au théâtre de Vevey qui prend désormais une place importante dans la programmation tout comme la salle de Châtonneyre à Corseaux ainsi que l’église Saint-Martin pour les concerts d’orgue. À Montreux, chaque événement musical est présenté dans le cadre, le décor qui lui convient le mieux : la salle des fêtes du Montreux Palace et le théâtre du Vieux-Quartier. Les concerts au château de Chillon, eux aussi nouvellement instaurés, connaissent un succès immédiat. La décentralisation gagne le Chablais et privilégie des lieux comme le château d’Aigle, la grande salle du collège de Saint-Maurice et la Fondation Pierre-Gianadda à Martigny. Avec la complicité de son épouse Nicole Hirsch, René Klopfenstein lance un prix mondial du disque, décerné à une personnalité, musicien, ingénieur ou producteur, ayant « fait progresser l’art du disque au cours de sa carrière ». En 1973, il réussit à transférer le concours Clara Haskil de Lucerne à Vevey, sans compter quelques initiatives qui, malheureusement, faute d’argent, n’ont pas vécu, comme le concours international de flûte (à Montreux) et l’Académie d’orgue (à Vevey).

Yves Petit de Voize, fidèle à la tradition (1984-1995)[modifier | modifier le code]

Avec l’arrivée d’Yves Petit de Voize à la tête du festival en 1984, l’esprit des grandes traditions demeure. Les concerts symphoniques qui ont toujours occupé une place prépondérante dans les programmes du festival restent au centre de l’intérêt. En 1986, Daniel Barenboim à la tête de l’Orchestre de Paris dirige un concert en hommage à Wilhelm Furtwängler pour le 100e anniversaire de sa naissance. L’année suivante, l’Orchestre philharmonique d’Israël s’arrête à Montreux avec Zubin Mehta. Le festival accueille à plusieurs reprises l’Orchestre philharmonique de la Scala de Milan sous la baguette de Carlo-Maria Giulini (1990, 1991 et 1994) et Riccardo Muti (1992).

En cinquante ans, la liste des chefs et solistes est prestigieuse et certains d’entre eux ont marqué l’histoire du festival par un attachement régulier. Il convient de citer tout particulièrement Ernest Ansermet, Marta Argerich, Claudio Arrau, Wilhelm Backhaus, Alexandre Brailowsky, Alfred Brendel, Robert Casadesus, André Cluytens , Georgy Cziffra, Antal Dorati, Charles Dutoit, Christian Ferras, Edwin Fischer, Pierre Fournier, Zino Francescatti, Carlo Maria Giulini, Arthur Grumiaux, Clara Haskil, Marek Janowski, Armin Jordan, Eugen Jochum, Joseph Keilberth, Wilhelm Kempff, Paul Klecki, Josef Krips, Yo-Yo Ma, Lorin Maazel, Nikita Magaloff, Igor Markevitch, Yehudi Menuhin, Nathan Milstein, Karl Richter, Arthur Rubinstein, Wolfgang Sawallisch, Carl Schuricht, Isaac Stern, Henryk Szeryng et Günter Wand.

Yves Petit de Voize sort des sentiers battus, invite des orchestres de jeunes : la Junge Deutsche Philharmonie, l’Orchestre français des jeunes, l’Atelier philharmonique suisse, le Giovanile Orchestra Italiana. Il introduit des week-ends « Chefs-d’œuvre du XXe siècle », organise des cycles (Nikita Magaloff en 1988, Barbara Hendricks et ses amis en 1990). Il invite Nikolaus Harnoncourt, William Christie ou, en 1995 pour l'anniversaire de Henry Purcell, Marc Minkowski (Dido & Aeneas).

Christian Chorier, la rupture (1996-2001)[modifier | modifier le code]

Mais l’implantation du baroque à Montreux sera l’affaire de Christian Chorier. Le festival est rebaptisé « Festival international de musique et d’art lyrique » en 1999 et devient « Montreux Voice & Music Festival » en 2000. L’homme aux convictions tranchées ne cache pas son amour pour la voix et les instruments anciens, à qui il fait la part belle dans les soirées de musique de chambre. Les affiches sont magnifiques grâce à une pléthore de chanteurs. Le triomphe sur le plan artistique est manifeste, mais une partie du public conteste les choix. La séparation devient inévitable.

Karl Anton Rickenbacher, sauveur du festival (2002-2004)[modifier | modifier le code]

En 2002, un groupe de travail se constitue avec l’appui de l’Association des Amis du festival pour sauver le festival voué au naufrage. Une nouvelle équipe autour du chef d’orchestre Karl Anton Rickenbacher élabore une édition dans l’urgence qui retrouve sa vocation première de « Septembre musical ». Avec un orchestre du festival, constitué d’instrumentistes issus de formations différentes, et malgré des moyens plus modestes, le festival retrouve peu à peu ses lettres de noblesse.

Tobias Richter, initiateur du renouveau (2005-)[modifier | modifier le code]

À l’approche du 60e anniversaire, le Conseil de fondation nomme un nouveau directeur en la personne de Tobias Richter que rejoint en 2007 Jean-François Monnard en tant que directeur adjoint. L’ambition de Tobias Richter est de fidéliser à nouveau public et partenaires et de renouer avec le passé glorieux de la manifestation. Il réussit non seulement à ramener les grands artistes internationaux sur les rives du Léman, mais s’efforce, en collaboration avec l’Académie de Verbier, de mettre en lumière la nouvelle génération. Il harmonise la programmation en redonnant une place à la musique chorale et aux forces musicales du pays (orchestre de chambre de Bâle et de Genève, ensemble Contrechamps). En outre, à l’image des orchestres en résidence dans les années cinquante, le festival peut s’enorgueillir depuis 2007 de la présence régulière du Royal Philharmonic Orchestra.

Auditorium Stravinski[modifier | modifier le code]

À la suite d'une extension du Centre des congrès, le festival bénéficie depuis 1993 d’un nouvel espace, l’auditorium Stravinski, dont la rénovation en 2011 en a fait une salle polyvalente à la pointe du progrès en matière de fonctionnalité et de performance acoustique.

Collections musicales de la Radio suisse romande enregistrées durant le Septembre musical[modifier | modifier le code]

Volume I (enregistrements de 1953)
  • Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction André Cluytens
    • Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35, Nathan Milstein, violon
    • Igor Stravinski : Suite de l’Oiseau de feu 1919
  • 1 CD, réf. 6193
Volume II (enregistrements de 1955)
Volume III (enregistrements de 1956)

- CD 1

- CD 2

  • Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction Joseph Keilberth
    • Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano et orchestre No 4 en sol majeur op. 58, Wilhelm Kempff, piano
  • Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction Paul Klecki

2 CD, réf. 6205

Volume IV (enregistrements de 1957)
  • Orchestre symphonique du NDR de Hambourg, direction Hans Schmidt-Isserstedt
    • Johannes Brahms : Symphonie No 2 en ré majeur op. 73
    • Joseph Haydn : Concerto pour violoncelle et orchestre No 2 en ré majeur Hob.VIIb.2, Pierre Fournier, violoncelle
    • Ludwig van Beethoven : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 61, Nathan Milstein, violon
    • Antonin Dvorak : Symphonie No 9 en mi mineur op. 95 « Du Nouveau Monde »
  • 2 CD, réf. 6222
Volume V (enregistrements de 1958)
  • Orchestre du Bayerischer Rundfunk Munich, direction Eugen Jochum
    • Richard Strauss : Don Juan, poème symphonique op. 20
    • Johannes Brahms : Symphonie No 1 en ut mineur op. 68
  • 1 CD, réf. 6233
Volume VI (enregistrements de 1959)

Lien externe[modifier | modifier le code]